DS Numéro 4 E-Tense : notre essai complet de la compacte électrique chic

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Longtemps, la compacte premium à la française a relevé de la promesse plus que de la démonstration. Il y avait l’idée, le style, l’ambition, parfois même une certaine audace, mais rarement un produit capable de regarder sereinement les références allemandes dans les yeux. Avec la DS 4 lancée en 2021, le discours avait commencé à changer. Cette fois, il ne s’agissait plus d’une simple variation chic autour d’une compacte généraliste, mais d’une proposition à part entière, avec une vraie personnalité, une présentation intérieure travaillée et une volonté assumée d’occuper un créneau plus haut de gamme.

Le restylage, devenu au passage changement d’identité, enfonce le clou. Désormais rebaptisée DS N4, la compacte de DS Automobiles affine son style, clarifie sa gamme et, surtout, accueille enfin une version 100 % électrique : la DS N4 E-Tense. C’est évidemment celle qui nous intéresse ici. Sur le papier, elle coche à peu près toutes les cases attendues en 2026 sur ce type d’auto : moteur de 213 ch, batterie utile de 58,3 kWh, charge rapide jusqu’à 120 kW, planificateur d’itinéraire avec préconditionnement, chargeur 11 kW de série, fonction V2L, pompe à chaleur en renfort. La fiche technique a été pensée sérieusement, sans extravagance, mais sans oublier l’essentiel.

Reste alors la vraie question, celle qu’aucun communiqué ne tranche jamais totalement : est-ce que cette DS Numéro 4 E-Tense tient son rang sur la route, dans la vraie vie, avec du froid, de l’autoroute, des enfants à bord, des kilomètres qui s’accumulent et des petits agacements du quotidien qui finissent toujours par remonter ? C’est précisément ce que cet essai cherche à raconter.

Nous avons pris le volant de la DS Numéro 4 E-Tense sur 1 270 km, dans des conditions franchement hivernales, avec des températures comprises entre -2 et +7 °C. Un terrain pas franchement tendre pour une électrique, d’autant que le parcours a comporté une part non négligeable d’autoroute. Au terme de cet essai longue distance, la consommation moyenne relevée est à… pour le découvrir, il faudra lire tout l’article.

Design et dimensions

La DS Numéro 4 E-Tense reste une compacte, mais une compacte qui refuse obstinément de se fondre dans le décor. Avec 4,40 m de long, 1,87 m de large et 1,47 m de haut hors antenne, ou 1,49 m avec antenne selon les documents DS, elle s’inscrit dans un gabarit très classique sur le papier, mais beaucoup moins banal visuellement. L’empattement de 2,675 m lui permet d’asseoir sa silhouette, tandis que les porte-à-faux contenus participent à cet effet de caisse bien posée sur ses roues.

Ce qui frappe d’abord, c’est la face avant. DS a revu la calandre, élargi le regard et surtout travaillé sa signature lumineuse comme un vrai élément d’identité. Le logo éclairé, le faisceau horizontal inspiré de la Numéro 8 et les signatures verticales en V donnent à la DS Numéro 4 E-Tense une présence assez unique sur le segment. Comme souvent chez DS, le style ne cherche pas le consensus. Il se permet des effets, des détails, une vraie théâtralisation. Et, pour une fois, le résultat n’a rien de forcé : c’est particulier, oui, mais c’est réussi.

Le profil confirme cette impression. La ligne est tendue, le pavillon abaissé, les poignées affleurantes nettoient les flancs et le traitement de custode reste très DS dans l’esprit. La voiture paraît dynamique sans singer un SUV coupé, et c’est peut-être là l’une de ses meilleures idées. La position de conduite, d’ailleurs, rappelle qu’on est bien à bord d’une compacte et non d’un pseudo-crossover. On s’assoit relativement bas, dans une posture plus engagée, plus naturelle aussi pour qui aime encore conduire autrement qu’assis sur un tabouret haut perché.

À l’arrière, les feux LED avec effet d’écailles gravées et masque Dark Chrome prolongent le travail de style. Là encore, DS soigne l’identité visuelle jusque dans les détails. Les jantes de 19 pouces de série sur l’E-Tense complètent l’ensemble avec une vraie présence, sans tomber dans la caricature. Bref, la DS Numéro 4 E-Tense a quelque chose que beaucoup de concurrentes ont perdu : une allure. Une vraie. On peut discuter tel ou tel effet, mais pas sa personnalité.

Habitacle de la DS Numéro 4 E-Tense

À bord, la DS N4 E-Tense joue la même partition que dehors : celle d’un objet qui veut se distinguer. Le thème noir laqué, aluminium et motifs cubiques ou losangés constitue un parti pris fort, presque décoratif, mais cohérent avec l’idée que DS se fait du premium. L’ensemble a de la présence, de la singularité, et cette volonté d’échapper aux intérieurs interchangeables fait du bien. On retrouve aussi les signatures habituelles de la marque, comme le guillochage inspiré de l’horlogerie ou certains jeux de matières, qui participent à l’ambiance.

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Les places avant sont clairement le point fort de cet habitacle. L’assise est agréable, la position de conduite réussie, assez dynamique, et l’on retrouve ce sentiment très peu SUV, qui se fait rare de nos jours. Pour ceux qui aiment encore être installés dans l’auto plutôt que sur l’auto, c’est une vraie qualité. La direction, à la fois douce et précise, renforce d’ailleurs cette sensation de cohérence entre le poste de conduite et le tempérament général de la voiture. En revanche, tout n’est pas irréprochable côté réglages. Certains sièges ne sont pas réglables entièrement électriquement, puisqu’il faut encore avancer l’assise à la main. Même chose pour le volant, dont le réglage reste manuel. Sur une compacte premium à ce niveau de prix, cela fait un peu tache.

La présentation générale est flatteuse, mais toutes les finitions ne donnent pas systématiquement le sentiment d’un véhicule véritablement haut de gamme. C’est l’un des paradoxes de cette DS Numéro 4 E-Tense : elle sait produire de très beaux effets visuels, proposer une vraie ambiance, faire chic au premier regard, puis laisser apparaître ici ou là des détails moins convaincants. Le cas de la partie basse des portières en plastique noir est révélateur. Non seulement la pièce paraît un peu fragile, mais sa forme fait qu’on vient facilement s’y frotter ou la heurter en fermant la porte.

La DS Numéro 4 reçoit une instrumentation numérique de 10,25 pouces et un écran central de 10 pouces avec DS Iris System selon les finitions, sans oublier le head-up display étendu sur les versions les mieux équipées. Dans l’absolu, l’ensemble paraît complet, moderne, bien doté en connectivité et en aides à la conduite. Dans la pratique, tu relèves plusieurs ralentissements du système multimédia, ce qui n’a malheureusement rien d’isolé au sein de l’univers Stellantis. Cela ne rend pas la voiture inutilisable, loin de là, mais cela rappelle que l’agrément numérique reste un chantier à surveiller.

L’ergonomie, elle aussi, demande un petit temps d’acclimatation. Les commandes des buses d’aération sont dispersées, l’organisation des menus n’est pas toujours intuitive, et certains choix de présentation privilégient davantage le style que l’évidence. On s’y fait, oui. Mais on aimerait parfois que cette DS Numéro 4 E-Tense pense un peu moins “concept de salon” et un peu plus “usage quotidien un mardi matin avec du retard”.

À l’arrière, en revanche, la voiture redevient plus moyenne. L’espace aux genoux est compté, la luminosité n’est pas extraordinaire, et même des enfants de 7 ans arrivent à toucher le dossier des sièges avant avec leurs pieds. L’installation des sièges enfant se fait plutôt simplement, ce qui est un bon point, mais la boucle de ceinture trop serrée complique l’autonomie des plus jeunes pour s’attacher seuls. Là encore, c’est typiquement le genre de détail qui pèse au quotidien.

Le coffre, enfin, affiche 390 litres en norme VDA sur la version électrique. C’est correct pour le segment, sans être brillant, et surtout l’exploitation de l’espace n’est pas optimale. Il n’y a pas de rangement dédié sous le plancher pour les câbles, pas de frunk sous le capot, et la reprise de certains éléments de la version hybride rechargeable laisse sous le plancher un espace structurellement là, mais inemployé sur l’électrique. En clair, la DS Numéro 4 E-Tense ne manque pas totalement de praticité, mais ce n’est pas elle que l’on choisira d’abord pour son sens de l’astuce familiale.

Motorisation et conduite

Sous le capot, ou plutôt sous la pédale de droite, la DS Numéro 4 E-Tense repose sur un moteur électrique avant de 213 ch, soit 157 kW, pour 343 Nm de couple. Sur le papier, le 0 à 100 km/h est annoncé en 7,1 s, avec une vitesse maximale de 160 km/h. Rien de délirant, mais largement assez pour une compacte à vocation chic et polyvalente. Avec 1 867 kg à vide, la DS n’a rien d’une ballerine, pourtant le couple disponible fait le travail avec sérieux.

Dans la circulation quotidienne, cette mécanique suffit amplement à mouvoir l’ensemble avec aisance. Elle ne te colle pas au siège, mais elle a assez de jus pour s’extraire sereinement du trafic et se montrer vivante quand il faut. La DS Numéro 4 E-Tense ne joue pas la carte du coup de pied instantané permanent. Elle préfère une forme de disponibilité feutrée, plus bourgeoise que brutale. Et, finalement, cela colle assez bien à son personnage.

La bonne surprise vient du comportement routier. Dans le sinueux de l’Yonne, je l’ai trouvée assez dynamique et saine, au point de passer un bon moment à son volant. Le châssis semble avoir trouvé un compromis pertinent entre tenue de route, filtrage et précision. La direction, précise et douce, y participe nettement. La voiture n’a pas vocation à devenir une référence sportive, mais elle évite soigneusement le piège de la compacte premium lourde et compassée.

Surtout, elle sait préserver le confort. La suspension est conciliante, la voiture isole bien, et ce vieux cliché de la “voiture moderne qui cherche le compromis entre confort et dynamisme” trouve ici une incarnation assez convaincante. Ajoute à cela trois niveaux de freinage régénératif commandés par palettes, jusqu’à une décélération de 2 m/s², et l’on obtient une électrique sérieuse, agréable, bien élevée. Seule absence notable : pas de vrai mode one-pedal, contrairement à la DS Numéro 8. Les amateurs du genre grinceront un peu des dents.

Batterie et autonomie

La DS Numéro 4 E-Tense embarque une batterie lithium-ion de 61 kWh bruts, pour 58,3 kWh utiles. DS annonce jusqu’à 450 km d’autonomie WLTP en cycle combiné, voire 566 à 588 km en ville selon les configurations, avec une consommation officielle annoncée entre 15 et 15,1 kWh/100 km. Sur le principe, la promesse est solide pour une compacte premium à traction avant de ce gabarit.

Techniquement, la marque ne s’est pas contentée d’ajouter des cellules. La batterie est associée à une chimie enrichie en nickel, à une nouvelle architecture de pompe à chaleur et à un système thermique revu pour améliorer l’efficacité par temps froid. L’aérodynamique a aussi été soignée, avec une garde au sol abaissée de 10 mm et des éléments intégrés dans la calandre pour réduire la traînée. Bref, DS a travaillé les fondamentaux de l’efficience, ce qui n’est pas toujours le cas quand certaines marques se contentent d’annoncer une autonomie flatteuse sur la brochure.

Sur 1 270 km d’essai, par des températures comprises entre -2 et +7 °C, avec pas mal d’autoroute, j’ai relevé une consommation moyenne de 17 kWh/100 km. Franchement, le score est plutôt bon. Oui, il est au-dessus de la valeur WLTP, mais il serait presque suspect qu’il n’en soit pas ainsi avec du froid et du roulant rapide. Rapporté à la capacité utile de la batterie, cela laisse entrevoir un rayon d’action réel cohérent pour voyager sans se sentir puni à chaque détour.

La recharge, elle, reste dans la bonne moyenne sans faire mieux. La DS Numéro 4 E-Tense accepte jusqu’à 120 kW en courant continu et annonce un 20 à 80 % en 30 minutes. La fiche technique promet 31 minutes avec un chargeur DC 100 kW, ainsi que 3 h 35 sur wallbox 11 kW pour passer de 20 à 80 %. En clair, ce n’est pas une championne de la recharge express, mais elle ne décroche pas non plus. Sur longs trajets, cela reste acceptable.

Gamme et prix

La gamme DS N4 se veut relativement claire. Elle repose sur plusieurs finitions : Pallas, Pallas Ligne Business, DS Performance Line, Jules Verne, Étoile Alcantara et Étoile Cuir Nappa. En février 2026, la motorisation DS N4 E-Tense 213 ch est proposée à partir de 46 990  € en Pallas, 48 090  € en Pallas Ligne Business, 48 340  € en DS Performance Line, 49 340  € en Jules Verne et 51 440  € en Étoile Alcantara. Il n’existe pas de déclinaison Étoile Cuir Nappa pour l’E-Tense dans cette grille.

Dans l’absolu, la gamme est bien équipée et cohérente. La Pallas donne déjà accès à l’essentiel, tandis que l’Étoile pousse plus loin la logique premium avec DS Iris System, chargeur sans fil, DS Matrix LED Vision, pack sièges électriques et vitrage plus valorisant. La DS Performance Line ajoute une touche de style spécifique, quand la Jules Verne joue la carte de la série spéciale plus distinctive. L’ensemble permet de calibrer assez finement son budget, même si, soyons honnêtes, on reste dans des eaux tarifaires nettement plus chic que raisonnables.

Ce qui mérite d’être souligné, c’est que la DS Numéro 4 E-Tense se retrouve finalement assez bien placée dans la hiérarchie interne. Elle est même un peu moins chère que l’ancienne hybride rechargeable équivalente, ce qui la rend mécaniquement plus séduisante dans le catalogue. La vraie question n’est donc pas tant de savoir si elle est donnée, elle ne l’est pas, mais si sa proposition globale justifie son ticket d’entrée. Et, à cela, la réponse dépendra surtout de l’importance que l’on accorde au style, au confort et à l’atmosphère de bord.

Tableau récapitulatif de la fiche technique DS N4 E-Tense

CaractéristiqueDS N4 E-Tense
MotorisationÉlectrique, traction avant
Puissance213 ch (157 kW)
Couple343 Nm
Batterie brute / utile61 kWh / 58,3 kWh
Autonomie WLTP440 à 450 km
Consommation WLTP15 à 15,1 kWh/100 km
Consommation relevée à l’essai17 kWh/100 km
0 à 100 km/h7,1 s
80 à 120 km/h4,5 s
Vitesse maximale160 km/h
Recharge AC11 kW triphasé
Recharge DCjusqu’à 120 kW
20 à 80 % en DCenviron 30 à 31 min
Longueur4 400 mm
Largeur1 866 mm
Hauteur1 470 mm hors antenne / 1 490 mm avec antenne
Empattement2 675 mm
Coffre390 l
Masse à vide mini1 867 kg
Prix de départ46 990 €

Conclusion

La DS Numéro 4 E-Tense réussit d’abord une chose essentielle : être stylée. Dans un marché où beaucoup de compactes électriques se ressemblent jusqu’au menu de l’écran central, la Française parvient à imposer une identité. Elle a du style, une ambiance, une manière bien à elle de traiter le confort, les matières, la lumière, la position de conduite. Elle est chic sans être figée, originale sans tomber dans la démonstration permanente, et suffisamment agréable à conduire pour ne pas réduire l’expérience à un simple déplacement silencieux.

La position de conduite est très convaincante, la direction juste, le comportement sain, le confort bien calibré. La consommation relevée, dans des conditions hivernales et avec de l’autoroute, est plutôt bonne. Et surtout, la DS N4 E-Tense propose aujourd’hui tout l’arsenal technique qu’on attend d’une électrique sérieuse : préconditionnement, planificateur, palettes de régénération, chargeur 11 kW, V2L, pompe à chaleur. Elle ne laisse pas l’impression d’un modèle électrique bâclé.

Ses défauts, eux, sont presque tous liés à la promesse premium. Certaines finitions ne sont pas au niveau espéré, quelques détails de fabrication ou d’ergonomie agacent, le multimédia connaît encore des lenteurs, et l’habitabilité arrière reste décevante pour une voiture familiale de ce prix. Même remarque pour le coffre, correct mais pas brillant dans son exploitation. Enfin, la recharge rapide et la capacité utile de batterie apparaissent simplement dans la moyenne, là où l’on aurait aimé un petit supplément d’âme technique pour coller totalement au standing affiché.

Au final, la DS Numéro 4 E-Tense n’est peut-être pas la compacte électrique la plus rationnelle du marché, mais ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande. Elle s’adresse à ceux qui veulent rouler différent, confortable, élégant, sans forcément sacrifier le sérieux de l’usage électrique quotidien. Et dans ce rôle-là, elle s’en sort franchement bien. Elle ne révolutionne pas la catégorie, mais elle y apporte quelque chose de rare : une vision française du premium compact électrique qui, pour une fois, tient plutôt solidement sur ses quatre roues.

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