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Les automobilistes français tiennent aux marques nationales, mais cet attachement résiste mal à l’épreuve du portefeuille. La nouvelle édition de l’Observatoire Cetelem de l’automobile montre que le prix peut prendre le dessus sur l’origine d’une voiture… Une tendance qui pourrait profiter aux firmes chinoises.
L’industrie automobile française aime mettre en avant le « made in France », et plus largement la production européenne. Les acheteurs semblent d’ailleurs partager cette sensibilité. Mais entre les déclarations d’intention et le moment de signer un bon de commande, une variable change sérieusement la donne : le prix.
C’est l’un des principaux enseignements de l’Observatoire Cetelem de l’automobile 2027. L’étude a été menée en juin 2026 dans 13 pays auprès de 15 770 personnes, dont 3 151 en France. Et les résultats français dessinent un terrain plutôt favorable à l’arrivée de constructeurs chinois capables de proposer des voitures compétitives…

Le réflexe national n’a pas disparu. Lorsqu’on leur demande quelle origine de marque ils préféreraient idéalement acheter, 48 % des Français répondent une marque de leur pays. Autrement dit, quasiment un automobiliste sur deux conserve une préférence pour les constructeurs tricolores. Les Français sont même disposés à mettre un peu plus d’argent sur la table pour soutenir ce choix : 77 % accepteraient un surcoût pour acheter une voiture d’une marque française ou appartenant à la même zone géographique.
L’étude précise toutefois que, dans l’ensemble, cet effort financier reste généralement limité : la bonne volonté patriotique existe, mais elle n’est pas extensible. C’est précisément là que les choses deviennent intéressantes pour les marques chinoises.
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Jaguar prend un nouveau départ avec la Type 01, une berline électrique au design déroutantCar lorsqu’il faut réellement choisir une voiture, le portefeuille reprend rapidement ses droits. L’Observatoire souligne que les Français figurent parmi « les automobilistes les plus sensibles au prix ». Et 71 % d’entre eux ont déjà renoncé à une marque parce que ses voitures étaient trop chères. L’étude propose une mise en situation révélatrice : choisir entre deux voitures équivalentes, l’une issue d’une marque nationale mais plus chère, l’autre d’une marque étrangère moins chère.
Pour les acheteurs de voitures neuves en France, le résultat est parfaitement partagé : 50 % choisissent la voiture nationale plus chère et 50 % la voiture étrangère moins chère.

Sur le marché de l’occasion, c’est encore plus évident : 60 % des Français choisiraient le modèle étranger moins cher, contre 40 % pour la voiture nationale plus coûteuse.

Voilà sans doute l’information la plus intéressante pour les marques étrangères, et notamment les chinoises. Un constructeur étranger n’a pas nécessairement besoin d’effacer son origine pour séduire. Il doit surtout parvenir à proposer un produit suffisamment convaincant avec un avantage tarifaire perceptible.
L’étude résume ce changement avec une formule assez parlante : « la solidité et la qualité sont allemandes, le design italien… et l’électricité est chinoise ». L’étude constate en effet que, dans l’ensemble des pays interrogés, un peu plus d’un quart des automobilistes associent en priorité les voitures chinoises aux motorisations électriques.
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Essai Hyundai Ioniq 3 : une citadine électrique taillée pour la famille, vraiment ?Pour les auteurs, cette perception traduit une forme de « victoire culturelle » de la Chine dans le domaine de la voiture électrique. Autrement dit, les constructeurs chinois n’ont plus seulement à convaincre sur le prix, ils bénéficient aussi d’une image de compétence spécifique sur l’électrique. Selon l’étude, cette réputation peut même faciliter les gains de parts de marché et réduire l’effort nécessaire en matière de communication.
Cette évolution n’est pas totalement déconnectée de la réalité du marché. En 2025, la Chine représentait déjà plus de la moitié des ventes de véhicules électrifiés du panel étudié, avec 13,4 millions de véhicules électrifiés vendus, dont 8,2 millions de modèles 100 % électriques. Cette perception pourrait avoir un impact en France, où 60 % des futurs acheteurs déclarent vouloir se tourner vers un modèle électrique ou hybride.
Le prix semble donc capable de faire vaciller le patriotisme automobile français. En revanche, l’innovation ne produit pas encore le même effet. Lorsqu’on leur propose de choisir entre une voiture nationale moins innovante et une étrangère plus innovante, 56 % des Français restent fidèles au modèle national, contre 44 % pour l’étrangère.
Un résultat qui nuance donc légèrement le tableau. Les constructeurs chinois ne pourront pas compter uniquement sur leur avance technologique supposée pour convaincre. En revanche, lorsque cette technologie s’accompagne d’un prix inférieur, l’étude montre que l’équilibre devient beaucoup plus favorable à une marque étrangère.

D’un côté, les Français sont prêts (pour une part importante d’entre eux) à délaisser une marque nationale si une concurrente étrangère propose une voiture équivalente moins chère. De l’autre, la Chine bénéficie désormais d’une image directement associée à la voiture électrique. Des marques comme BYD, Leapmotor ou MG illustrent bien ce mouvement. Ces trois marques chinoises proposent des VE accessibles, souvent moins chères que leurs équivalentes françaises ou européennes. La MG4 Urban est par exemple proposée à 24 995 €. La BYD Dolphin Surf débute de son côté à 19 990 €…
Évidemment, toutes les voitures chinoises ne sont pas moins chères que leurs concurrentes européennes et l’écart tarifaire varie fortement selon les segments. Mais l’équation dessinée par l’étude est plutôt favorable à ces nouveaux entrants. Bref, le principal rempart face aux marques chinoises ne pourra probablement pas reposer uniquement sur le drapeau tricolore. Face à une voiture électrique attractive et sensiblement moins chère, le patriotisme économique risque d’avoir ses limites.
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Cette étude repose principalement sur un achat du véhicule, hors la location à tendance à s'imposer, les offres LOA dépendent de la valeur de revente, entre le manque d'image et le renouvellement très rapide, les marques Chinoise auront un handicap à moyen terme qui risque de réduire l'avantage prix, d'autant qu'ils devront produire en Europe, on pourrait avoir la même histoire que le Coréennes qui se sont imposées sur le prix, mais sont maintenant au prix des Européennes