Canicule : pourquoi le risque de coupure d’électricité est plus élevé en ville ?

La suite de votre contenu après cette annonce

Remplacement d’un câble à papier imprégné (en bas) par un câble en polyéthylène / Image : AP.

À chaque vague de chaleur son lot de coupures de courant. Des interruptions localisées qui surviennent la plupart du temps en milieu urbain. Pourtant, la demande en électricité est plutôt faible. La cause est à retrouver sous nos pieds.

Comme tous les étés, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis est sur le qui-vive. Un peu partout en France, des milliers d’abonnés se retrouvent privés d’électricité lorsqu’une canicule s’installe durablement. Des secteurs qui disjonctent, souvent en zone urbanisée, alors que le réseau dispose de suffisamment de moyens de production pour satisfaire la demande.

À lire aussi
La canicule est-elle néfaste pour l’autonomie et les batteries des voitures électriques ?

Jusqu’à 80 °C sous les trottoirs

Dans la plupart des cas, c’est la faute d’un vieux câble enterré qui n’a pas supporté l’accumulation de chaleur. Car, sous le trottoir, la température peut atteindre 80 °C lorsqu’elle est de 40 °C à la surface, explique Enedis. Installés jusqu’à la fin des années 1970, les câbles enrubannés dans du papier imprégné d’huile suintent, se détériorent et finissent par provoquer un court-circuit. Un black-out localisé, qui peut tout de même affecter des quartiers entiers.

Les villes, même petites, sont particulièrement touchées, leurs réseaux électriques étant systématiquement souterrains. En zone rurale, où les câbles sont majoritairement aériens, le problème est nettement moins fréquent.

À lire aussi
Ces fake news sur la climatisation que l’on adore propager en France

1000 km de câbles à remplacer chaque année

L’entreprise publique remplace progressivement les 15 000 km de câbles à papier imprégné par des câbles en polyéthylène, au rythme d’un millier de kilomètres chaque année. Une tâche longue et coûteuse, que nous avions pu découvrir dans les rues de Marseille (lire notre reportage), et qui ne devrait être achevée qu’aux alentours de 2040. Dans l’ensemble, Enedis affirme mobiliser 1,5 milliard d’euros chaque année dans ses chantiers d’adaptation au changement climatique.

En attendant le renouvellement complet des sections âgées, Enedis tente d’agir au plus vite lorsqu’un incident survient. Il promet un rétablissement en 48 heures pour « 90 % des clients » lors d’une panne consécutive à un évènement climatique. Un délai qui peut être particulièrement long, surtout dans un logement tout-électrique ou dépendant de la climatisation. Il est possible de limiter l’impact de ces coupures en optant pour une batterie domestique, notamment.

Cet article vous a plu ? Lancez la discussion

Accéder au forum

Nos guides