Canicule ou froid glacial : qu’est-ce qui fait le plus consommer un climatiseur réversible ?

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Photomontage AP.

La canicule inédite qui frappe notre pays soulève des questions autour de la climatisation. Pour certains, l’essor massif des climatiseurs serait un gouffre énergétique. Qu’en est-il réellement ? Nous avons mesuré précisément la consommation d’un climatiseur fixe monosplit lors d’une journée de froid glacial puis durant une journée caniculaire.

L’intensité et la récurrence des vagues de chaleur qui touchent la France incitent toujours plus à s’équiper de climatiseurs. Ces appareils — qu’il faudrait plutôt appeler « pompe à chaleur », leur vrai nom — utilisent de l’électricité pour refroidir ou réchauffer une pièce. Ce point fait parfois l’objet de débats houleux, parmi d’autres concernant cette machine. Nous avons voulu y voir plus clair.

Pour ce faire, nous avons équipé un climatiseur monosplit d’entrée de gamme d’un compteur de consommation électrique précis et mesuré les températures extérieures et intérieures avec une station météo, durant deux journées : l’une glaciale et l’autre caniculaire, au cours de la même année. Le climatiseur est installé dans une pièce de 14 m² occupée en permanence la semaine, orientée plein sud, équipée de persiennes fermées l’été. Elle fait partie d’un logement individuel classé DPE « E », donc insuffisamment isolé, situé dans les Bouches-du-Rhône. Sa fiche technique indique une puissance calorifique de 2,5 kilowatts (kW) en mode froid et de 2,7 kW en mode chaud, pour une puissance électrique maximale de 1,55 kW.

La consommation d’un climatiseur en pleine vague de froid

En hiver, sa température de consigne est de 19 °C, flux d’air automatique, quelle que soit la température extérieure. Même en cette journée glaciale de janvier 2026 où le mercure est descendu jusqu’à -9 °C, pour une moyenne sur 24 heures de -3,6 °C. Notre pompe à chaleur air/air a consommé ce jour-là 5,4 kWh d’électricité en maintenant, sans sourciller, la température demandée. En remplaçant un radiateur électrique d’un kW anciennement installé dans la pièce, il a permis de réduire de plus de 50 % la consommation de chauffage. Celle-ci est passée de 95 kilowattheures (kWh) en janvier 2025 à 53 kWh en janvier 2026. Cette économie a-t-elle été rattrapée en été, en utilisant l’appareil pour refroidir la pièce ?

Courbe de consommation et de températures lors de l’utilisation d’un climatiseur réversible le jour le plus froid de l’hiver 2025/2026 / Infographie : AP.

La consommation d’un climatiseur en pleine canicule

Avant l’installation du climatiseur réversible, ce local était difficilement habitable durant une canicule. Malgré l’utilisation d’un ventilateur de plafond, la température y atteignait jusqu’à 35 °C en journée. L’appareil n’est d’ailleurs utilisé qu’en période caniculaire, comme le 22 juin, où le thermomètre a plafonné à 40,2 °C pour une moyenne sur 24 h de 28,1 °C. La température de consigne réglée à 25 °C, notre climatiseur a consommé ce jour-là 2,55 kWh. C’est 2,2 fois moins qu’au cours de la journée glaciale. Sur l’ensemble du torride mois de juin 2026, il aura absorbé 32 kWh, soit 40 % de moins qu’en janvier.

Courbe de consommation et de températures lors de l’utilisation d’un climatiseur réversible le jour le plus chaud de la canicule de juin 2026 / Infographie : AP.

Dans notre situation, l’économie hivernale réalisée en passant du convecteur à la pompe à chaleur a donc largement dépassé la surconsommation estivale. D’autant que notre centrale solaire de 2,7 kW a couvert en grande partie la demande. Pour le réseau national, notre climatiseur est ainsi passé quasiment inaperçu, même durant l’heure de pointe du soir.

Le gestionnaire du réseau électrique ne s’inquiète pas de la climatisation

L’hiver est donc la période où un climatiseur réversible consomme le plus, sans surprise. L’usage accru de la climatisation cet été ne semble d’ailleurs pas faire trembler notre système électrique. Selon un communiqué du gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE publié au plus fort de la canicule, « la sécurité d’approvisionnement en électricité n’appelle aucune vigilance particulière ». « Il n’existe pas d’inquiétude en matière de disponibilité de l’offre en électricité pour l’été à venir » rassure RTE, promettant que « le système électrique apparaît largement en mesure de faire face aux besoins d’électricité même en cas d’épisodes intenses de canicule et de sécheresse ».

Les systèmes de climatisation ont représenté une consommation électrique de 15,5 térawattheures (TWh) dont 4,5 TWh dans le secteur résidentiel en France en 2020, selon une étude de l’Ademe. C’est 3,5 % de la consommation totale de l’hexagone cette année-là. L’étude projette un doublement de la consommation de la climatisation en 2050, soit plus de 30 TWh. Sa part dans la consommation globale ne devrait donc pas évoluer, puisque RTE prévoit une consommation de 850 TWh dans un scénario médian, à cette échéance.

Sujet réalisé en partenariat avec nos confrères de Révolution Energétique

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Flo2235il y a 26 minutes

Très utile comme test !merci

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