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Et si votre voiture provoquait un accident toute seule ? BYD propose désormais de payer la facture. Le constructeur chinois devient le premier au monde à couvrir intégralement les dommages survenus pendant l’utilisation de sa conduite assistée en ville et de son stationnement automatique. Une garantie inédite, mais pas sans astérisques.
Annoncée le 28 mai lors de sa grand-messe dédiée aux technologies intelligentes, la mesure a de quoi marquer les esprits. Les propriétaires d’un véhicule équipé du système God’s Eye, la suite d’aides à la conduite maison de BYD (son équivalent du FSD de Tesla), seront couverts en cas de pépin survenu pendant l’utilisation de la fonction Urban NOA. Comprendre : le pilotage automatique en ville, façon Full Self-Driving de Tesla. Et BYD y ajoute le stationnement intelligent, ce qu’aucun constructeur n’avait osé jusqu’ici.
Sur le papier, la « Full Damage Coverage » a tout du coup marketing imparable. Quand un accident engageant la responsabilité du conducteur survient alors qu’Urban NOA est actif, BYD « prend directement en charge l’ensemble des pertes économiques ». Plus besoin de se disputer pour savoir qui, de la voiture ou de l’humain, est fautif : le constructeur règle l’addition.
Sauf que les petites lignes refroidissent vite l’enthousiasme. La garantie ne dure qu’un an, se limite au marché chinois et exige que la fonction ait été utilisée « conformément aux réglementations en vigueur ». Le conducteur reste donc responsable s’il lâche le volant. Une précaution loin d’être anodine en Chine, où un accident mortel impliquant une Xiaomi SU7 en conduite assistée a poussé les autorités à bannir, dès 2025, les mentions « conduite autonome » ou « intelligente » dans la publicité.
Difficile, du coup, de ne pas lire cette garantie comme une façon de rassurer des acheteurs échaudés. Le timing n’a rien d’innocent : après un début d’année 2026 compliqué, BYD a tout intérêt à faire parler de lui autrement que par ses courbes de ventes.
BYD a vendu 2,5 millions € le premier exemplaire de son hypercar électrique de 3 000 chCôté technique, la vraie nouveauté s’appelle Xuanji A3. C’est le premier système sur puce (SoC) automobile gravé en 4 nm conçu en interne par un acteur chinois, une démarche très Tesla-esque : plutôt que d’acheter du Nvidia, on dessine son propre cerveau. Annoncée à plus de 2 100 TOPS de puissance de calcul en configuration trois puces, soit plus ou moins autant que la future solution HW5 de Tesla, elle vise déjà la conduite autonome de niveaux L3 et L4, avec une consommation revendiquée 20 % plus sobre que la concurrence.
Le système God’s Eye, lui, passe à l’architecture Xuanji 2.0 et gagne des capteurs satellitaires. Surtout, BYD propose désormais le LiDAR en option sur toute sa gamme : un pari à rebours de Tesla, qui ne jure que par les caméras. À bord, le cockpit DiLink AI embarque un assistant conversationnel censé dialoguer naturellement et anticiper les besoins, dans la lignée des copilotes dopés à l’IA qui fleurissent partout. Le tout sous une bannière sécurité que BYD revendique depuis sa batterie Blade.
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BYD en Formule 1 ? Ça se précise !Reste la question qui fâche : tout cela vaut pour la Chine. BYD, qui injecte plus de 13 milliards d’euros (100 milliards de yuans) dans la conduite intelligente et vise rien de moins que le « zéro accident de la circulation », ne souffle mot d’un déploiement européen. En attendant, l’idée d’un constructeur qui assume financièrement les ratés de sa propre techno a de quoi faire réfléchir. À commencer par ceux qui, à l’autre bout du monde, vendent du FSD sans filet. La réglementation européenne sera néanmoins assez claire sur le sujet en renvoyant la responsabilité sur le fabricant du système autonome.
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