3 000 km en citadine électrique chinoise pour les vacances : durée, coût, problèmes, voici le bilan complet

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Une citadine électrique afin de traverser la France pour deux semaines de vacances en famille : mauvaise idée ? Nous avons parcouru plus de 3 000 km en BYD Dolphin Surf, dont près de 1 000 km à l’aller et autant au retour. Sans chercher à battre des records de consommation, sans optimiser chaque recharge et, pourtant, sans rencontrer le moindre véritable problème.

Rappelez-vous, il y a un an quasi jour pour jour, je vous racontais ma traversée de la France de part en part pour me rendre sur mon lieu de villégiature dans ma fidèle Seat Mii Electric, depuis Strasbourg jusqu’à proximité de Rennes, le pire week-end de chassé-croisé estival qui plus est. Une véritable odyssée, avec les câbles de borne coupés dans le rôle de Charybde, des ventouses thermiques dans celui de Scylla et les claquements du diesel en guise de chant des sirènes ? Non, tout s’est (globalement) bien passé.

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Suffisamment en tout cas pour que je remette le couvert cette année en me rajoutant même une centaine de kilomètres. On passe de l’aisselle de la péninsule bretonne au poignet, pour vous aider à visualiser, exactement à Pluméliau, juste au-dessus de Lorient. Pas de quoi atteindre une distance à quatre chiffres, mais pas loin. Autre différence : ma petite Ibère a aussi droit à des congés à elle et sera remplacée juste pour l’occasion par une BYD Dolphin Surf Comfort, la version haut de gamme de la citadine chinoise affichée à partir de 25 990 € et qui fera aussi l’objet d’un essai plus conventionnel dans les jours qui viennent.

La BYD Dolphin Surf en chiffres

  • Finition : Comfort
  • Prix : à partir de 25 990 €

Dimensions

  • Longueur/largeur/hauteur (en mm) :  3 990/1 720/ 1 590
  • Empattement : 2 500 mm

Batterie

  • Type : Blade LFP
  • Capacité : 43,2 kWh

Moteur

  • Puissance : 156 ch
  • Couple : 220 Nm
  • 0 à 100 km/h : 9,1 s
  • Vitesse maxi : 150 km/h

Recharge

  • Puissance de recharge maxi en AC : 11 kW
  • Temps de recharge de 0 à 100 % en AC : 5 heures
  • Puissance de recharge maxi en DC : 85 kW
  • Temps de recharge de 10 à 80 % en DC : 30 minutes

Autonomie et consommation

  • Autonomie en cycle mixte WLTP : 310 km
  • Consommation en cycle WLTP : 16 kWh/100 km

J’ai bien conscience que les derniers sceptiques de la voiture électrique ne voient dans mes transhumances estivales que contraintes et compromis, ennui et temps perdu. Il faudrait régler Waze sur le parcours le plus rapide et le régulateur de vitesse sur 135 km/h compteur, mutualiser les appels de la nature des passagers durant l’unique plein de gazole et absorber du café en intraveineuse. Optimisation. Rentabilité. Efficacité.

Eh bien, même si le nom sonne comme celui d’un village breton entre Quimper et Ploumanac’h, je ne prends pas mes vacances en famille sur Linkedin. J’ai bien trop l’œil constamment sur la montre le reste de l’année pour ne pas la laisser sur ma table de chevet au moment de partir en vacances. Et ces dernières commenceront, quoiqu’il arrive, avant celles de ces lapins d’Alice. Tout simplement parce que le coup d’envoi de mes congés est sifflé dès le hayon difficilement claqué sur un coffre trop plein, non quand je pousserai la porte de mon Gîte de France trois épis du Morbihan.

Cet état d’esprit, je n’ai pas attendu de rouler en voiture électrique pour l’embrasser, je l’avoue. Mais elle en est devenue le complément parfait en parcourant la campagne, sans en perturber le silence ni l’atmosphère, à des vitesses si optimales pour l’autonomie que l’on fait des recharges pendant les pauses plutôt que l’on fait des pauses durant les recharges, sans se soucier de la consommation, sans même garder un œil sur le pourcentage de la batterie. Ce qui permet de profiter pleinement de la succession de villages, de paysages et de détours qu’offre un itinéraire sans péage d’une extrémité à l’autre de la France et d’engranger les premiers souvenirs entouré de mes personnes préférées.

Je ne peux pas imaginer être le seul à envisager mes déplacements estivaux de cette façon. Peut-être que certains d’entre vous se reconnaissent aussi dans cette vision ? N’hésitez pas à vous signaler en commentaire !

Quelle préparation il a fallu ?

Voilà pour la philosophie, passons maintenant à la préparation : il n’y en a pas, ou presque. D’abord, à la réservation en début d’année, rentrer dans les critères de recharge du gîte la présence d’une prise dédiée à la recharge de voitures électriques, c’est une case à cocher sur le site de Gîtes de France (et non, ce n’est pas sponsorisé, les grincheux) au même titre que le lave-vaisselle, le Wifi ou la douche au lieu de la baignoire, et c’est payé soit séparément en fin de séjour suivant votre consommation, soit cela fait partie du forfait tout compris.

Ensuite, quelques jours avant le départ, solliciter Google Maps pour proposer un itinéraire sans péage en direct. On vise ensuite une pause toutes les 2 h 30 de trajet à la louche et ça donne des étapes à ou à proximité de Nancy, Troyes, Orléans, Le Mans et Rennes, avec, entre chaque, des kilométrages réalisés très variables suivant la proportion de départementales, nationales ou d’autoroutes gratuites.

Enfin, pour le choix des lieux de recharge, l’application Chargemap et ses options de recherche prennent le relais afin de coller au plus près de l’itinéraire, de diversifier le mieux possible les réseaux par curiosité personnelle et professionnelle et de privilégier les grosses stations ainsi que la proximité de supermarchés. Il y a donc sans doute ici une forte possibilité d’optimiser le coût. Et, puisqu’on en parle, passons à un premier bilan financier.

Combien ça a coûté ?

Admirez ce beau tableau que je vous ai concocté.

LieuNombre de kilomètres effectuésPourcentage de batterieDurée de la rechargeCoût de la recharge
(carte Chargemap)
Aller
Strasbourg0 km98 %
TotalEnergies 300 kW
Aire de Toul
176 kmDe 42 à 80 %19 minutes14 €
Powerdot 160 kW
Rosières-près-Troyes
172 kmDe 26 à 80 %27 minutes12,5 €
Ionity 350 kW
Saran
198 kmDe 25 à 80 %24 minutes13,2 €
Plug Inn 320 kW
Le Mans
142 kmDe 40 à 80 %20 minutes9,8 €
Electra 300 kW
Saint-Grégoire
157 kmDe 34 à 80 %22 minutes15,1 €
Pluméliau140 km51 %
Total Aller985 km64,6 €
Sur place pendant deux semaines
Prise Geen’Up1 049 km23 €
Retour
Pluméliau0 km100 %
TotalEnergies 300 kW
Aire Sud de Brocéliande
72 kmDe 57 à 80 %13 minutes8,3 €
Le Plein 25 kW
La-Chapelle-Saint-Aubin
212 kmDe 29 à 89 %35 minutes14,2 €
Electra 50 kW
Saran
140 kmDe 42 à 81 %25 minutes12,5 €
R3 150 kW
Sainte-Parres-aux-Tertres
200 km De 17 à 79 %40 minutes17,7 €
TotalEnergies 300 kW
Aire de Toul
170 kmDe 18 à 80 %30 minutes19,2 €
Strasbourg182 km23 %
Total Retour976 km71,9 €
Recharge à destination jusqu’à 98 % :6,8 €
Grand Total3 010 km166,3 €

En isolant l’aller et le retour, on arrive à un coût de 7 €/100 km tout à fait optimisable, comme dit plus haut. Sur place, avec un kWh à prix coûtant au gîte, cela dégringole à 2,2 €/100 km, et, en cumulant l’ensemble des 3 010 km, on arrive à une moyenne de 5,5 €/100 km sur l’ensemble.

Combien de temps ça a pris ?

C’est long et même très long pour les affolés du chronomètre. De porte à porte, l’abonné de la voie de gauche avec le véhicule et la vessie à même de faire 1 000 km d’une traite (ce qui semble être le profil de l’utilisateur moyen de Facebook) réalisera ce parcours en 9 heures et 28 minutes en se délestant de 77 € de péages. Le même itinéraire sans devoir régler des droits de passage est donné pour 11 heures et 49 minutes.

Quant à nous, il nous faut dissocier l’aller et le retour. Le premier s’est fait de nuit avec un départ en fin de soirée pour plusieurs raisons : éviter les horribles bouchons annoncés en visant entre le vendredi 31 juillet rouge selon Bison Futé et le samedi 1ᵉʳ août classé noir, s’épargner les températures caniculaires sous le soleil et arriver en début d’après-midi pour récupérer les clés du gîte. Pour le retour le samedi 15 août qui voyait rouge, avec un trousseau à rendre pour 10 h 00, il a fallu le faire de jour avec une route encombrée jusqu’à Rennes et une utilisation raisonnée de la climatisation. Au final, il nous aura fallu à peine moins de 15 heures pour rentrer dans nos pénates et une bonne heure de plus à l’aller avec l’excellente sieste que je me suis accordée au Mans, le tout dans la joie et la bonne humeur.

Comme pour le coût, vous pouvez constater aussi à la lecture du tableau qu’un temps considérable peut être gagné en optimisant les recharges. Avec une consommation qui naviguait entre 11 et 14 kWh/100 km de moyenne (la Dolphin Surf n’affiche que la valeur sur les 50 derniers kilomètres), on doit facilement pouvoir en faire sauter une, voire deux pour les plus audacieux prêts à flirter avec le 0 % à l’arrivée aux bornes et à ne se débrancher qu’à la fin du plateau de charge de la BYD situé à environ 85 %. Mais vous avez bien compris que ce n’était pas l’intention ici.

Et sur place ?

Comme dit plus haut, le gîte était équipé d’une prise Green’Up, mais les possibilités de recharge, comme désormais partout en France, ne manquaient pas dans le coin, avec notamment pas moins de huit débits en DC, de 24 à 180 kW, dans la petite commune voisine de Pontivy, 15 000 âmes, où j’aurais pu me brancher le temps des quelques ravitaillements en vivres effectués.

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Au final cependant, pas besoin de s’abreuver ailleurs qu’à l’étable : nous avons réalisé un peu plus de 1 000 km en deux semaines en allant de Carnac à Vannes en passant par le Festival celtique de Lorient, la presqu’île de Quiberon, Rochefort-en-Terre ou encore Jocelin, sans jamais dépasser les 200 km en une journée, ce qu’une BYD Dolphin Surf 43,2 kWh peut aisément faire sans appoint en électrons.

Quels ont été les problèmes rencontrés ?

Aucun problème sur les deux grands trajets, pas d’attente aux bornes, pas de station en rade, aucun câble coupé, vous le croyez ? Non ? Attendez, je cherche un peu… Ah oui, si vous insistez, voici les énormes difficultés rencontrées au retour :

  • La première pause a été anticipée pour satisfaire le besoin pressant d’un passager qui n’avait pas pris ses précautions avant le départ.
  • Près d’Orléans, la borne Le Plein, indiquée pour 25 kW et choisie pour cette raison afin de nous laisser le temps de déjeuner tranquillement, a délivré une charge à… 44 kW de moyenne et avec un pic à 63 kW !
  • Vers Troyes, la borne R3, probablement à cause de la forte chaleur ce jour-là, a décidé de limiter son effort en nous infligeant un plateau à 45 kW sur toute la durée de la recharge malgré les 150 kW annoncés, allongeant l’attente d’une dizaine de minutes.

Quant à la recharge sur notre lieu de villégiature, aucune émotion forte non plus. À moins que ? D’accord, j’avoue : la BYD peut supporter 11 kW en AC, mais la prise Green’Up ne dépasse pas 3,7 kW, mais le câble 10 A fourni par BYD limite à 2,3 kW, mais je n’ai jamais vu plus de 1,8 kW de puissance s’afficher au tableau de bord, ne me demandez pas pourquoi. Est-ce que ça a été un problème ? Pas une seule fois : on se branche en rentrant le soir, on débranche le lendemain matin et je ne crois pas que la batterie LFP soit passée sous les 30 % en 15 jours.

Ne bougez pas, je cherche encore… Après une dizaine de recharges partielles en DC, la BYD demande poliment une charge à 100 % pour rééquilibrer les cellules de sa batterie, est-ce que ça compte ?

Que retenir ?

Pour ceux qui me suivent depuis quelques années, je ne leur apprends rien en disant que je n’aime rien tant que de repousser les limites de l’autonomie annoncée d’une voiture électrique en en extrayant la plus basse consommation possible et de vous le raconter ensuite. Et j’ai d’ailleurs à ce sujet une autre histoire avec la Renault Twingo que je vous partagerai très bientôt, on ne se refait pas. Mais ce qu’il faut retenir de cet article est que, justement, je n’ai pas cédé à mes travers habituels cette fois-ci. Cela n’a pas été facile, je l’avoue, il a fallu que je sois surveillé à chaque instant par mes compagnons de voyage à qui j’inflige bien trop souvent mes obsessions, mais je pense être parvenu ici à feindre la plus grande des nonchalances pour atteindre un lâcher-prise (excellent jeu de mots) complet.

Et, sans le moindre chiffre spectaculaire en kWh/100 km à noter ni aucune performance exceptionnelle à retenir au terme de cette expérience, le résultat est donc atteint : une citadine électrique, aux performances dans la moyenne et aux tarifs parmi les plus accessibles de la catégorie, a permis de traverser la France de part en part de façon sereine, confortable, économique et sécurisante malgré une préparation symbolique et une absence totale de maximalisation sur la route. C’est loin d’être une anecdote, puisque ce potentiel, exploitable de manière exceptionnelle une ou deux fois dans l’année, lui accorde une polyvalence qui peut, en 2026, en faire le seul et unique véhicule du foyer alors que le consensus actuel semble être de ne lui accorder qu’un second rôle.

On remet ça l’année prochaine ?

Mais bien sûr ! Après l’Ille-et-Vilaine l’année dernière et le Morbihan cette année, pourquoi pas le Finistère l’année prochaine pour franchir la barre des 1 000 km ? Un avis sur la voiture à prendre ?

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