Avec plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires en circulation, la Renault Zoé n’est plus véritablement à présenter. En revanche, l’un de ses utilisateurs, Jean-Noël Delion, lui doit déjà pas mal de sympathiques aventures.

60.000 kilomètres

Sa Renault Zoé, Jean-Noël Delion l’a reçue en juillet 2013. C’est sa première voiture électrique. Au compteur de la citadine branchée : déjà 60.000 kilomètres ! Pourquoi s’intéresser aux engins électrifiés ? « Parce que ça me paraissait plus propre que de rouler en diesel », répond-il.

Avant de signer le chèque pour acheter la Zoé, il a essayé quelques autres modèles. « J’ai commencé par faire l’essai d’un hybride, une Toyota Auris, mais j’ai préféré passer à une 100% électrique. La Fluence ? Pas assez d’autonomie ! J’ai aussi essayé la Nissan Leaf, mais je me suis laissé séduire par le côté rassurant de la location de batterie de la Zoé », détaille-t-il. « J’avais de toute façon ressenti qu’une voiture électrique, c’est vraiment agréable à conduire », complète-t-il.

La Zoé pour tous les usages ?

Quand on sait que Jean-Noël Delion enchaîne les rallyes et les sorties à longues, voire très longues distances, on imagine très bien qu’il n’a pas d’autre voiture que sa Zoé. « Si, j’ai conservé ma Seat Leon, en particulier parce que j’ai de temps en temps besoin d’utiliser l’attelage », commente-t-il.

« Je ne suis pas un intégriste du véhicule électrique, même si j’en fais la promotion par conviction ! », tient-il à préciser. « Je sais que de quelques coins de France, des personnes vont venir avec des voitures thermiques pour assister au Vendée énergie Tour : ça ne me dérange pas, et je salue déjà l’effort qui est fait d’effectuer le déplacement pour vivre cet événement dédié aux engins électriques », cite en exemple notre interlocuteur.

Un intérêt pour quelques anciennes

Jean-Noël Delion ne cache pas son intérêt pour quelques voitures anciennes. « J’aime bien la Honda s800 avec ses allures de petite Jaguar Type E », nous confie-t-il. Mais qui connaît aujourd’hui cette série de coupés et cabriolets animés dans la seconde partie des années 1960 par un moteur qui emprunte beaucoup aux technologies des blocs de motos… si ce n’est les véritables passionnés ou les collectionneurs des rééditions Dinky Toys ? « Dans les années 1970, j’avais un copain qui en avait une et j’avais flashé dessus ; pour le plaisir, je m’amuserais bien encore aujourd’hui avec une voiture comme ça ! », révèle-t-il.

Autre source d’intérêt : l’AC Cobra. « Mais avec une consommation qui dépasse les 15 litres aux 100, je serais mal à l’aise de rouler là-dedans, et la voiture resterait au fond du garage si j’en possédais une », modère-t-il.

Une sortie de plus de 3.000 kilomètres

Comme beaucoup d’automobilistes qui découvrent l’électromobilité, Jean-Noël Delion a voulu expérimenter sa Zoé dans un périple de plus de 3.000 kilomètres, quittant en mai 2016 sa région nantaise pour rejoindre la Suède, en passant par la Belgique, l’Allemagne et le Danemark. C’est au cours de ce voyage que notre interviewé a connu sa plus grande frayeur.

« Je comptais recharger la Zoé sur une borne dans un magasin Aldi à Düsseldorf, mais je n’avais pas fait attention que ce serait un lundi de Pentecôte. Le magasin était fermé à mon arrivée. Le GPS me renvoyait tout le temps sur l’autoroute, et je m’y suis retrouvé en mode tortue. J’ai heureusement pu me brancher dans un hôtel », relate-t-il. « C’est ça aussi la force du véhicule électrique, de pouvoir le ravitailler un peu partout en cas d’urgence », plaide Jean-Noël Delion. Autre satisfaction pour lui, avoir pu bénéficier de l’aide de participants allemands au Vendée énergie Tour, avec lesquels il a sympathisé.

Histoire de badges

« Sur le parcours, j’ai beaucoup bénéficié de la recharge gratuite, mais ça s’est gâté au Danemark. J’avais regardé le site Virta avant de partir et avais compris que je pouvais avec leur badge utiliser le réseau Clever au Danemark et en Suède. Je n’ai compris qu’après que Virta avait entrepris de recenser un peu toutes les bornes, un peu à la façon de ChargeMap, et non celles uniquement exploitables avec un abonnement chez eux », se souvient notre interviewé. « Heureusement, chez Clever à Copenhague, je suis tombé sur un Français qui m’a aidé. Au Danemark, ça fonctionne le plus souvent avec des cartes prépayées. Il m’a confirmé que Virta les avait contacté pour établir l’interopérabilité des 2 réseaux, mais qu’aucun accord n’avait été trouvé à l’époque », poursuit-il.

Forum Zoé

Cette envie de voyager loin, cette confiance dans la mobilité électrique, Jean-Noël Delion les doit aussi à ses engagements pour le forum Zoé et l’ACOze, où il est très actif. « Le forum Zoé existe depuis le début de l’automne 2012 ; je l’ai rejoint en mai ou juin 2013, c’est-à-dire quelques mois avant de recevoir ma voiture électrique », retrace-t-il.

« Il y avait déjà pas mal de mordus de la Zoé dans ce forum qui compte 3.000, 4.000 ou plus d’inscrits, dont une cinquantaine de très actifs », rapporte-t-il. Ouvert à l’origine autour de la Zoé, cet espace communautaire accueille de plus en plus d’électromobiliens qui possèdent ou s’intéressent à d’autres modèles que la citadine du Losange.

ACOze

« C’est un bien grands mots, mais je fais partie des membres fondateur de l’ACOze », ajoute-t-il. Ce sigle désigne l’association des conducteurs d’automobile à zéro émission, dont l’objet est « de favoriser le développement, la promotion et l’usage de l’automobile à motorisation électrique, toutes marques confondues, et de défendre l’intérêt général des propriétaires de ce type d’automobile », selon les propres mots du groupe. Jean-Noël Delion a l’habitude de produire des reportages très appréciés pour les 2 supports.

Rallyes

Parmi les articles rédigés par notre interlocuteur, des comptes rendus de rallyes. En septembre dernier à celui des conquérants en Normandie, en octobre suivant au premier Catalan Electric Tour organisé par Robert Morandeira, alias Bob66, tout récemment au Tour de la Vienne véhicules électriques, très prochainement au Vendée énergie Tour : Jean-Noël Delion est connu et très apprécié de ses compagnons d’aventures et des organisateurs de ces divers événements.

Au point qu’il s’est vu confié cette année par Pascal Houssard, directeur général du SyDEV, la réalisation du tracé du Défi 300 km, grande nouveauté de la quatrième édition du VET. Toujours prêt à rendre service, il a bien entendu accepté.

Missions au Vendée énergie Tour

Jean-Noël Delion n’a pas été tout seul à la tâche pour réfléchir au Défi 300 km. Il était aidé en cela par un autre membre de l’ACOze : Hervé Lorioux. Le souhait de Pascal Houssard, à travers ce rallye touristique, est de montrer aux Vendéens qu’il est possible de parcourir aujourd’hui 300 kilomètres à une allure normale avec une voiture électrique, sans avoir à la recharger.

« Nous avons proposé 3 circuits à Alain Leboeuf, président du SyDEV ; celui au Nord a été éliminé car le secteur avait déjà été couvert l’année dernière par le rallye des ambassadeurs ; finalement, c’est le tracé au Sud-Ouest qui a eu la préférence, cependant retouché avec des éléments de la boucle Sud-Est », témoigne-t-il.

« Comme l’idée est aussi de promouvoir le tourisme en Vendée, nous avons réalisé un guide avec une petite présentation de toutes les villes qui vont être traversées », révèle le Nantais. « Leurs maires se sont pas mal impliqués, notamment au niveau de la communication autour de ce rallye ; des haltes de 10 à 20 minutes sont programmées dans leurs communes où nous rencontrerons certainement quelques habitants intéressés », se réjouit-il.

Caisses à savon

Le 24 juin prochain, en revanche, Jean-Noël Delion ne sera pas à suivre sur le terrain les 19 équipages du Défi 300 km. Il essaye de lancer une animation avec des caisses à savon électriques. « Au départ, j’avais imaginé un challenge entre plusieurs clubs, mais un seul établissement, à Beaulieu-sous-la-Roche, a répondu présent », dévoile-t-il, certes un peu déçu de n’avoir pas rencontré plus de succès dans son entreprise. « Il y aura une animation place Napoléon à La Roche-sur-Yon avec cet engin ! », promet notre interlocuteur. On peut lui faire confiance pour trouver la bonne formule !

Des rallyes de plus en plus touristiques

Si les premiers rallyes organisés pour les véhicules électriques mettaient beaucoup l’accent sur l’éco-conduite afin d’établir des records d’autonomie, on s’aperçoit qu’aujourd’hui ce genre d’événements à tendance à évoluer de plus en plus vers des sorties touristiques. Ainsi pour le Tour de la Vienne véhicules électriques, ou le Vendée énergie Tour.

« C’est plus cool et mieux comme ça », s’enthousiasme Jean-Noël Delion. « Les participants découvrent des merveilles touristiques, et les gens voient passer une colonne de voitures électriques qui avancent à une allure normale », reconnaît-il.

RescueCode…

Au sein de l’ACOze, Jean-Noël Delion s’est occupé de faire la promotion et de réaliser un achat groupé d’un QR Code imaginé par un capitaine du service départemental d’incendie et de secours de Loire-Atlantique.

L’idée : Faire gagner du temps aux secours lorsqu’ils doivent intervenir en désincarcération sur une voiture à la technologie nouvelle et/ou un peu particulière. En cas d’accident ou d’incendie, on le sait bien, quelques secondes gagnées permettent de sauver davantage de vies. Le développement de nouvelles technologies, et notamment en matière de chaînes de propulsion, amène les secours à opérer sur des véhicules qu’ils ne connaissent pas toujours très bien, faute d’en avoir déjà croisés en formation ou en situation d’urgence.

Ces modèles nécessitent certaines précautions, comme la localisation et à la déconnexion de la batterie, par exemple. Associé à une application mobile développée par la société Désin’car, le RescueCode permet aux sauveteurs d’obtenir en quelques secondes sur leurs tablettes les informations de désincarcération propres aux véhicules qu’ils ont devant eux.

…et prochaine commande

« Lors d’un récent rassemblement national de pompiers à Nantes, j’ai retrouvé ce capitaine créateur du RescueCode qui m’a raconté le succès de son entreprise : une ouverture avec l’Allemagne, et des concessions Renault qui donnent la vignette à l’achat d’une voiture neuve chez eux, ou la propose en accessoire », rapporte Jean-Noël Delion.

« En septembre prochain, je me chargerai, pour l’ACOze, d’une nouvelle commande groupée », promet-il. « Lors de la précédente, nous avions reçu des demandes aussi bien pour des voitures électriques que pour des thermiques », a-t-il remarqué.

Une notable évolution

« Autrefois, quand on s’arrêtait pour recharger, on avait régulièrement des gens qui venaient  à notre rencontre pour demander des renseignements, recueillir notre avis sur les véhicules électriques, plus par curiosité qu’autre chose, finalement », se remémore notre interlocuteur.

« C’est encore un peu le cas, comme récemment avec un vrai biker en Harley-Davidson, que je n’ai certainement pas convaincu ; mais dorénavant, on discute plutôt entre électromobiliens quand on se retrouve à une borne », explique-t-il.

Son prochain VE ?

Quand on demande à Jean-Noël Delion quel sera son prochain modèle de véhicule électrique, il commence par nous dire : « Je compte garder ma Zoé encore au moins un an ». Ensuite ? « J’aimerais davantage d’autonomie », avoue-t-il.

« Je m’intéresse à la Tesla Model 3, car elle est dans la gabarit que j’aime », met-il en avant. « Mais ça pourrait tout aussi bien être une Hyundai Ioniq dont on parle beaucoup, une Nissan Leaf si la prochaine dispose d’une meilleure autonomie ou une Zoé 40 », liste notre interlocuteur en conclusion de cet entretien.

Automobile Propre et moi-même remercions vivement Jean-Noël Delion pour son implication dans la promotion des véhicules électriques, son amicale présence dans les diverses manifestations dédiées, et, accessoirement, pour s’être arrêté au bord de la route afin de répondre à nos questions.

 

Témoignage : 60.000 kilomètres en Renault Zoé
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