Une voiture électrique en panne de batterie, sur un camion de dépannage

Il y a une question que l’on me pose très souvent quand je parle de ma voiture électrique : est-ce que je suis déjà tombé en panne de batterie ? J’ai donc décidé de tenter l’expérience pour pouvoir expliquer à tous les curieux comment cela se passe.

Ah, l’autonomie ! C’est le principal sujet de discussion autour de la voiture électrique, et certainement la contrainte majeure aux yeux du grand public. Ceux qui ont creusé la question savent que les 160 km d’autonomie (en moyenne) des voitures électriques sont largement suffisants pour de nombreux usages.

Il n’empêche qu’il subsiste une peur de « tomber en panne de batteries » comme on peut tomber en panne d’essence avec un véhicule thermique. Elle est compréhensible, mais je dois dire que pour l’instant, dans l’utilisation de ma voiture électrique, je n’ai approché qu’une seule fois la panne sèche, et c’était après avoir « joué avec le feu » en faisant un trajet où je savais que la voiture atteindrait ses limites.

Mais pour bien connaître mon sujet, pour être capable de parler de la voiture électrique et de tous ses aspects, il fallait bien que je teste au moins une fois la panne de batteries ! C’est ce que j’ai fait il y a quelques semaines, en choisissant toutefois un endroit « confortable » pour être en panne : une zone d’entreprise pas trop loin de chez moi, mais également à proximité de mon travail et d’un concessionnaire Nissan.

Ce jour là, il faisait relativement froid, nous étions à trois dans la voiture, et nous avons effectué différents types de trajets : essentiellement de la voie rapide et de l’autoroute, avec un peu de ville. Le chauffage était bien entendu de la partie, et nous avons réalisé 105 km avant d’atteindre un niveau de batterie complètement à plat. Je précise que la batterie était chargée à 100% à notre départ.

Alors quelles sont les étapes par lesquelles nous sommes passés avant d’être immobilisés faute d’énergie suffisante ?

Tout d’abord, la voiture nous a alertés à plusieurs reprises par le biais de messages sonores « Niveau de batterie faible » puis « Niveau de batterie très faible ». Ces alertes se sont déclenchées alors que l’autonomie indiquée sur le tableau de bord était inférieure à 12 km. Le système de navigation de la voiture nous a également proposé de rechercher la borne de recharge la plus proche.

Nous avons continué à rouler (plutôt sportivement d’ailleurs) pour voir si il y avait une perte de puissance : rien à signaler à ce moment là. Au bout de quelques kilomètres, la voiture n’affichait plus aucune autonomie sur le tableau de bord. Nous avons tout de même pu continuer à rouler quelques minutes, avant qu’une perte de puissance se fasse sentir : la voiture était passée en mode « Tortue ». Ce mode est conçu pour permettre à l’automobiliste de rouler encore quelques centaines de mètres pour garer son véhicule dans un endroit en sécurité.

Le mode tortue

Le mode tortue bride la voiture à une vitesse de 60 km/h, puis au bout de quelques centaines de mètres cette limite descend à 40 km/h. Quelques centaines de mètres plus tard, la voiture faiblit et n’avance plus : il vaut mieux se garer très rapidement à ce moment là, sous peine de devoir pousser la voiture ! Je me suis donc mis sur le côté, avec les warnings.

Un point important à souligner : les équipements tels que le tableau de bord ou encore le kit mains libres fonctionnent toujours, même si il n’y a plus de batterie pour avancer. Ils sont alimentés par la batterie 12V, indépendante de la batterie principale. Cela m’a permis d’appeler l’assistance avec le kit mains libres de la voiture.

J’ai alors entrepris d’appeler l’assistance Nissan afin d’être dépanné. L’assistance Nissan est gratuite durant les 3 années de garantie. L’avantage, c’est qu’elle l’est également en cas de panne de batterie la première année, et ce quelque soit le nombre de pannes. Avec une voiture électrique, il n’est pas possible d’aller chercher un bidon d’essence et de refaire le plein comme sur une voiture classique ! Il faut obligatoirement dépanner la voiture jusqu’à une borne de recharge, ce qui peut coûter cher.

L’assistance Nissan LEAF m’a posé quelques questions, et au bout d’une dizaine de minutes j’ai eu la confirmation qu’un dépanneur allait venir nous chercher. Une demi-heure plus tard, le camion de dépannage (flambant neuf, avec 400 km au compteur) est venu pour mettre la voiture sur le plateau.

En discutant avec le dépanneur, celui-ci m’a confié qu’il s’agissait de son premier dépannage de voiture électrique, mais qu’il avait déjà dépanné quelques véhicules hybrides à Strasbourg. Il m’a expliqué qu’il avait reçu une formation pour le dépannage des voitures électriques et hybrides, mais qu’au final cela changeait peu des autres véhicules.

Une fois la voiture chargée sur le camion, nous avons été ramenés à la concession Nissan la plus proche afin d’effectuer une recharge rapide pour pouvoir repartir. Au bout de 10 minutes de recharge et d’un café avec l’un des responsables de la concession, nous avons pu repartir avec une 50 aine de kilomètres d’autonomie dans la voiture. De quoi aller encore au centre-ville de Strasbourg pour faire quelques courses avant de rentrer à mon domicile !

Voici la vidéo pour ceux qui veulent vivre cette expérience « de l’intérieur » :

PS : Merci à Marc-André d’avoir filmé et à Laetitia de nous avoir accompagné dans cette aventure !

Voiture électrique : le coup de la panne de batterie
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