Le jeune concepteur de la Sion a lancé ce 1er décembre l’une des plus grandes campagnes de financement participatif en Europe. Elle vise à collecter 50 millions d’euros d’ici la fin de ce mois. Moins de 24 heures après l’ouverture des souscriptions, le compteur de la campagne affiche déjà plus de 2,5 millions d’euros. Un début encourageant.

La start-up munichoise Sono Motors revoit radicalement la stratégie de financement de sa « voiture solaire ». Au lieu de s’appuyer sur des investisseurs privés, elle va désormais faire appel au financement participatif. Dans un courriel adressé hier à tous ceux qui ont déjà réservé une Sion (ils sont plus de 10.000), les 3 fondateurs, Laurin Hahn, Jona Christians et Navina Pernsteiner, lancent un crowdfunding en vue de récolter 50 millions d’euros avant le 31 décembre. Une somme qui correspond au prix de vente de 2.000 exemplaires de la Sion ; elle sera principalement investie dans le financement des installations de production et la construction des premiers prototypes.

Voici comment l’équipe dirigeante de Sono explique ce revirement : « Dans notre souci d’œuvrer à l’avènement d’une mobilité durable pour tous, nous avons tenté de nous conformer à certaines « normes », mais nous réalisons aujourd’hui que nous nous sommes trompés. Nous avons essayé de nous adapter pour convaincre les investisseurs qui ont les moyens mais ne partagent pas nos valeurs. Nous avons eu l’occasion d’accepter de l’argent et en échange, d’abandonner notre vision. Cela aurait été la fin de la Sion et de son concept de base. Nous avons maintenant décidé de rejeter cette offre et d’assurer la continuité de Sono Motors en accord avec nos principes. Oui, nous avons perdu du temps, mais nous n’abandonnerons jamais nos idéaux. Nous croyons en un avenir dans lequel les villes appartiennent aux gens et non aux voitures. Nous croyons en un avenir où l’énergie est produite sans brûler des combustibles fossiles. Nous croyons en un avenir où la mobilité est électrique et partagée. Et nous savons que nous faisons partie d’un large mouvement ».

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Interrogé par des confrères allemands, Laurin Hahn, PDG et cofondateur de l’entreprise a été un peu plus clair : « Ces derniers mois, nous avons régulièrement constaté que nos objectifs étaient en totale contradiction avec ceux des investisseurs financiers traditionnels », a-t-il déclaré. « Une croissance agressive et des profits rapides sont difficiles à concilier avec un concept d’entreprise et de véhicule durable conçu pour apporter une solution de mobilité électrique, abordable et respectueuse du climat ».

Chaque euro compte

Concrètement, la jeune équipe qui prépare la naissance de la « voiture solaire » propose 3 formules de financement participatif :

  • un simple don sans contrepartie : « chaque euro compte » est-il précisé sur le site de la campagne 
  • la réservation d’une Sion par le versement d’un acompte d’au moins 500 €, mais qui peut aller jusqu’au pré-paiement du coût total de la voiture (25.000 €) ; ceux qui avaient déjà versé 500 € d’acompte pour une réservation étant incités à augmenter leur mise 
  • un prêt assorti d’intérêts, mais seules les personnes résidant en Allemagne ou les Allemands résidant en Europe peuvent opter pour cette possibilité.

Précision importante : les sommes souscrites ne devront être versées qui si l’objectif des 50 millions est atteint au 30 décembre. Dans le cas contraire, cet échec signifierait fort probablement la mort du projet de la sympathique « voiture solaire » et une grosse désillusion pour tous ceux qui en rêvaient déjà.

Pour montrer leur engagement et leur volonté de poursuivre le projet, les fondateurs et leurs familles (ils détiennent 74 % des actions de la société), ont annoncé vouloir renoncer aux dividendes que l’entreprise distribuera quand elle sera bénéficiaire. Ils transféreront les droits aux dividendes attachés à leurs actions à la « communauté des premiers réservataires de la Sion ». Ils précisent toutefois qu’ils conserveront leurs droits de vote pour garantir la pérennité du projet initial et les valeurs de l’entreprise.  

Il semble que l’appel ait été reçu 5 sur 5 par les « fans » de la Sion puisque ce lundi 2 décembre à midi, moins de 24 heures après l’ouverture des souscriptions, le compteur de la campagne affiché sur le site de Sono Motors indiquait déjà plus de 2,6 millions d’euros. Un début très encourageant !

Planning retardé

Sans surprise, les soucis de financement révélés maintenant au grand jour ont occasionné des retards dans le planning de production de la Sion tel qu’il était prévu précédemment. Alors qu’en avril, la sortie des premiers exemplaires des lignes d’assemblage était promise pour mi-2020, le lancement de la production est maintenant annoncé en septembre 2021. Les réservataires de la Sion ne devraient donc pas espérer recevoir les clés de leur voiture avant début 2022.

Pour rappel, la Sion sera assemblée en Suède par NEVS, le constructeur sino-suédois héritier de l’ancienne usine Saab. L’équipementier Continental fournira les composants de la chaîne de traction et les batteries seront livrées par l’allemand ElringKlinger. D’une capacité de 35 kWh elles devraient permettre une autonomie d’environ 250 kilomètres mesurée par le cycle WLTP. Un maximum de 32 km par jour pourront s’ajouter grâce à l’électricité délivrée par les cellules solaires intégrées dans la carrosserie.

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