La nouvelle prime à la conversion permet à un plus grand nombre de personnes de bénéficier d’un rabais de 5000 € à l’achat d’une voiture électrique neuve ou d’occasion. Mais comment vérifier l’état de santé de la batterie sur un modèle de seconde main ? Automobile-Propre liste tous les moyens à votre disposition pour éviter les mauvaises surprises.

Rouler en voiture électrique pour pas cher ? C’est tout à fait possible, en achetant un modèle d’occasion via la prime à la conversion. Vous pourrez par exemple troquer un vieux diesel ou essence contre une Renault Zoé en déboursant seulement 2000 euros ! De nombreux sites de petites annonces proposent des véhicules électriques à prix déjà cassé, auxquels il est possible de déduire jusqu’à 5000 € dans la limite de 80 % du prix. Une autoroute de très bonnes affaires s’ouvre donc à vous, à condition d’être éligible à la prime à la conversion.

Publicité


L’usure est aléatoire

Prêt à passer le cap, un doute vous envahit : la batterie du modèle qui m’intéresse est-elle en bon état ? Une question légitime. A l’instar d’une téléphone mobile ou d’un ordinateur portable, les batteries des voitures électriques perdent progressivement de leur capacité avec le temps, les kilomètres et les habitudes de recharge. L’usure varie fortement d’un modèle et d’un propriétaire à l’autre. S’il n’est pas possible de vérifier la bonne santé d’un accumulateur à l’oeil nu, plusieurs moyens existent pour cela. Vous pouvez déjà demander au vendeur s’il a effectué un contrôle chez son concessionnaire. La plupart des constructeurs proposent des prestations de vérification de la batterie et remettent un document ou certificat attestant de son état. Il est exprimé en pourcentage, un véhicule neuf ayant un état de santé (parfois abrévié SOH pour « State Of Health ») de 100 %.

Une opération de remplacement de batterie sur une Renault Zoé.

Des batteries encore sous garantie

Questionnez le vendeur sur l’utilisation de son véhicule : l’a t-il déjà laissé stationné longtemps sans recharger ? Utilise t-il souvent des chargeurs haute puissance ? Sa conduite est-elle sportive ? Autant d’éléments qui peuvent potentiellement accélérer la dégradation du pack. Avec le certificat, ils vous serviront pour appuyer d’éventuelles négociations et faire baisser le prix d’achat. A l’inverse, de nombreux propriétaires prennent grand soin de leur voiture et revendiquent un très bon état de batterie malgré plusieurs centaines de milliers de kilomètres parcourus.

Si vous comptez acheter une Renault Zoé avec location de batterie, inutile d’effectuer ces démarches. La pile est garantie par le contrat de location et sera remplacée ou réparée en cas de panne ou si sa capacité est inférieure de 70 % à celle d’origine. Certains véhicules d’occasion peuvent également être vendus avec une garantie constructeur sur la batterie toujours active : vérifiez la durée et le kilométrage restant avant échéance. Dans cette situation, connaître l’état de santé de l’accumulateur reste pertinent. Quelques modèles permettent de contrôler cela directement depuis le tableau de bord, comme la Nissan Leaf. La japonaise affiche une jauge d’état de santé à côté de l’indication de batterie restante.

Le certificat de santé de batterie remis par La Belle Batterie.

Réaliser un certificat de santé de la batterie

Le vendeur ne souhaite pas fournir un certificat d’usure de la batterie ? Dommage pour lui, cela permet de faciliter et fiabiliser la vente. N’hésitez pas à insister et a lui expliquer l’importance du diagnostic, d’autant qu’il peut être réalisé à moindre coût. Outre les constructeurs, une société propose en effet un kit de diagnostic très abordable. « La Belle Batterie » commercialise un coffret vendu 29 euros hors frais de port. Expédié à domicile avec un guide, le boîtier à brancher sur la prise OBD du véhicule permet de déterminer rapidement l’état de santé de la batterie. Un certificat est ensuite envoyé au propriétaire pour être présenté à l’acheteur. Pour l’instant réservé aux modèles Renault et Nissan, le document indique notamment l’état de la batterie en pourcentage et une estimation de l’autonomie restante à pleine charge.

Diagnostiquer soi-même, c’est possible

Les fins connaisseurs peuvent aussi utiliser leur propre boîtier OBD2 accompagné d’une application smartphone pour analyser les données du véhicule. L’appli « Leafspy » permet par exemple de connaître en détail l’usure de la batterie d’une Nissan Leaf. Il est même possible de connaître le nombre de charges à haute puissance réalisées sur toute la durée de vie du véhicule. Pour les modèles Renault, l’application « CanZE » offre des statistiques similaires. Bien connue des automobilistes avertis, l’appli «Torque » peut également diagnostiquer la batterie de nombreux véhicules électriques de différents constructeurs. Quelques tutoriels sur Youtube permettent de vous guider dans l’opération, qui n’est pas très compliquée à réaliser.

En résumé

Assurez-vous toujours de connaître l’état de santé de la batterie avant d’acheter une voiture électrique d’occasion. Si le véhicule dispose encore d’une garantie constructeur sur le pack, soyez tout de même vigilant. Vérifiez que cette garantie porte bien sur la batterie et pas uniquement sur la voiture. Sachez également que la plupart des contrats précisent une prise en charge des réparations ou du remplacement uniquement en-deçà d’un certain seuil. Il est fixé à 70 % par une large majorité des constructeurs. Connaître l’usure d’une batterie de voiture électrique vous permettra de l’acheter au prix le plus juste et de vous épargner de mauvaises surprises, comme une autonomie bien inférieure à celle annoncée.

Publicité