station recharge VE

(image : Pixabay)

Le confort et les services, points faibles des stations de recharge électrique. À quand de vraies « stations-service » pour véhicules zéro émission ?

Ceux qui roulent électrique et parcourent des distances nécessitant une recharge en route l’auront certainement remarqué : une fois que l’on a trouvé une borne de recharge (et, miracle, qu’elle fonctionne), faire le plein de kWh n’est pas l’expérience la plus excitante que l’on retienne d’un road trip.

En fait, les opérateurs semblent parfois bloqués dans une époque qui rappelle cruellement les toilettes des aires d’autoroute il y a vingt ans, leur objectif étant, semble-t-il, de satisfaire un besoin primaire sans se soucier du confort des utilisateurs (ou des usagers ?). Du coup, en guise de borne on a droit généralement à un truc qui ressemble vaguement à un gros frigo blanc ou gris, doté d’une prise électrique pour envoyer un peu de jus, éventuellement d’un câble intégré, et basta.



À une époque où la plupart des stations-service pétrolières ont rivalisé d’inventivité pour accueillir et retenir le chaland avec de plus en plus de services, faisant ressembler certaines réalisations récentes à des sites du Club Med, la pauvre borne électrique offre un contraste qui fait un peu peine à voir : pas de toit de protection contre la pluie, un écran – quand il y en a un – parfois tellement minimaliste qu’il n’indique même pas la puissance du flux de charge, et généralement pas de services associés.

Et, pour une fois, ce minimalisme est aussi de mise chez Tesla ou Ionity, même si le premier est généralement installé sur des parkings d’hôtels, et que le deuxième opère la plupart du temps sur des aires de service autoroutières.

L’électromobiliste est un consommateur comme les autres

Avec la montée en densité de la demande, les opérateurs de réseaux de recharge, surtout s’ils gèrent des stations isolées, ne pourront plus longtemps se contenter d’offrir juste l’électricité. Il leur faudra muscler leur offre avec des prestations supplémentaires, quitte à les monnayer : distributeurs de boissons et de nourriture, pourquoi pas un deal avec un food-truck ou un livreur local, abri pour éventuellement pouvoir travailler un peu en branchant son laptop quand sa voiture annonce 45 minutes de charge, kiosque à journaux (pourquoi pas un point digital PressReader ?), toilettes… enfin la base quoi [1]. Quand on charge sa Tesla on n’a pas forcément l’envie ni le temps de donner un rein en échange d’un repas familial au Novotel qui héberge le Superchargeur, ni de faire 3 km à pied dans une zone industrielle pour trouver un autre resto – situation vécue de nombreuses fois. Sans parler de ces temps de pandémie où l’expérience tourne au glauque absolu avec les restaurants des hôtels fermés, même pas fichus de proposer un café ou un service de petite restauration à emporter.

Puisque nous parlons de Tesla, le constructeur américain avait il y a quelque temps communiqué sur son projet de Superchargeurs « VIP » proposant divers services dans un esprit drive-in, mais cette expérience semble pour le moment très limitée et réservée à quelques stations aux USA. Dans un esprit un peu similaire, le Britannique GRIDSERVE a récemment ouvert sa première station-service dédiée aux voitures électriques, avec 36 bornes de recharge rapide, une offre de restauration, un kiosque à journaux/librairie et même un service postal. Une initiative malheureusement réservée aux électromobilistes se déplaçant au Royaume-Uni.

Quoiqu’il en soit, il y a fort à parier que le confort et l’accueil dans les stations de recharge électrique seront un enjeu important des mois et années à venir. Il faudra certainement compter sur la concurrence entre les réseaux pour voir se développer rapidement une offre nous sortant sans trop tarder de l’âge de pierre.

[1] Au passage – même si ce n’est pas le sujet de cet édito – rappelons quand même que les bornes de recharge qui proposent un paiement simplifié à l’acte par carte de crédit restent de très rares exceptions…