Nanoflowcell Quantino 25 (2023)

Après plusieurs années de silence, le controversé Nanoflowcell refait parler de lui. La start-up suisse vient de fonder une antenne aux États-Unis où il souhaite produire son coupé électrique Quantino, tout en célébrant le 25ème anniversaire de l’entreprise.

Initialement basé au Liechtenstein, puis en Suisse, nanoFlowcell souhaite à présent ouvrir une antenne aux États-Unis, nanoFlowcell USA LLC. On peut y voir une volonté de profiter des subsides du gouvernement envers l’industrie automobile dans le cadre du fameux Inflation Reduction Act, même si chez nanoFlowcell, on indique ne prétendre à aucune aide gouvernementale. Cette nouvelle antenne américaine est néanmoins un important changement de cap pour l’entreprise suisse.

Car après avoir présenté les concept-cars Quant, Quant FE, Quantino aux salons de Genève 2014 et 2015, puis mené diverses opérations de communication avec ces derniers, nanoFlowcell avait en effet indiqué ne pas avoir l’ambition de devenir constructeur automobile. Son but était plus simplement de vendre sa technologie de batterie à flux Bi-Ion à d’autres industriels, pour l’automobile, mais pas uniquement.

Des promesses toujours controversées

Avec son implantation aux USA, nanoFlowcell présente un nouveau modèle, et indique désormais vouloir le vendre… Ce nouveau modèle est la Quantino 25. Outre la volonté de célébrer les 25 ans du bureau d’études, il s’agit essentiellement d’une version découvrable, de type Targa, et légèrement actualisée de la Quantino de 2016. Ce coupé compact à 2+2 places fait toujours appel à 4 moteurs électriques, ici chacun développant 59 kW et surtout fonctionnant sur une tension de seulement 48V. La puissance totale permettrait de passer de 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes…

C’est en particulier lorsque l’on se penche sur l’alimentation de ces moteurs que la polémique entre en jeu. Depuis 25 ans, nanoFlowcell travaille sur la technologie des batteries à flux. Une technologie tout à fait réelle. Elle a initialement été développée par la NASA. Le principe est assez simple : deux réservoirs contiennent des liquides électrolytiques. Au cœur de la pile d’oxydo-réduction, les particules chargées électriquement circulent au travers d’une membrane, générant de l’électricité.

Ce type de batterie a de nombreux avantages : le temps de charge qui ne dépend que de la quantité de fluide, la durabilité (plus de 10 000 cycles pour la pile d’oxydo-réduction), la sécurité avec un liquide ininflammable, l’impact réduit sur l’environnement (composition du fluide et recyclage des sels résultats de la réaction), le coût (on évoque 10 cts/litre)… Elles sont en général adaptées à des solutions stationnaires à grande échelle, surtout en raison d’un des principaux défauts qui est la faible densité énergétique.

C’est justement ce dernier point qui laisse sceptique avec les chiffres vantés par nanoFlowcell. Avec ses deux réservoirs de 125 litres, la Quantino 25 pourrait parcourir plus de 2 000 km. Soit une densité énergétique volumique qui semble bien supérieure à celle de la meilleure des batteries actuelles ou à moyen-terme.

 

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