Le bilan environnemental de l’hydrogène pour véhicules est controversé. Fabrication à partir d’hydrocarbures, matériaux précieux dans la pile à combustible, pertes d’énergie sur la chaîne d’approvisionnement… Pour tenter d’améliorer l’image de la technologie, Mercedes a publié les résultats de son analyse écologique du GLC F-Cell.

Principal concurrent au véhicule électrique à batterie, la voiture à hydrogène présente deux grands avantages : une autonomie élevée et un plein réalisable en une poignée de minutes. Des atouts voilés par l’impact environnemental élevé de cette technologie. L’hydrogène étant actuellement produit à partir d’hydrocarbures et nécessitant beaucoup d’énergie pour être transporté puis distribué au véhicule.

Un cycle de vie de 200.000 km

Une image terne dont Mercedes a conscience et tente de nuancer en publiant ses propres analyses. Le constructeur affirme avoir faire passer un test environnemental « 360° » à son GLF F-Cell, un SUV à hydrogène. La méthode, vérifiée par le célèbre cabinet de certification TÜV Sud, étudie l’impact environnemental du véhicule sur son cycle de vie complet, soit 200.000 km. Émissions de CO2, impact de la fabrication des matériaux utilisés à bord et de la production de l’hydrogène, recyclabilité : plusieurs critères ont été filtrés.

L’hydrogène plus propre que l’électricité à l’utilisation ?

Selon Mercedes, si son GLC F-cell est alimenté par de l’hydrogène exclusivement produit à partir d’électricité renouvelable, son impact serait moindre qu’un équivalent à batterie. « Les véhicules à pile à combustible […] génèrent davantage d’émissions en production mais un peu moins que les véhicules à batterie en fonctionnant » explique le constructeur, précisant que « l’origine de l’hydrogène a une influence majeure sur l’effet global ». Un bilan naturellement moins bon si l’hydrogène est produit à 50% à partir de gaz naturel et pour l’autre moitié à partir d’énergie renouvelable, annonce Mercedes.

Un SUV hydrogène-hybride rechargeable

Sans communiquer avec précision sur son étude, le constructeur en profite pour mettre en avant son GLC F-Cell. Le SUV commercialisé depuis fin 2018 présente la particularité de pouvoir être rechargé sur une prise de courant classique. En effet, la batterie-tampon de 13,5 kWh peut être chargée en 1h30 via le chargeur embarqué de 7,4 kW. Sans faire appel à l’hydrogène, il dispose donc d’une autonomie de 50 km. Le rayon d’action est porté à 480 km avec la pile à combustible. Un argument environnemental supplémentaire si la batterie est rechargée à partir d’électricité renouvelable.

Si la fabrication d’un véhicule si complexe est effectivement plus polluant, Mercedes assure que ses usines seront alimentées en énergie « neutre en CO2 » d’ici 2022. Il annonce également avoir l’intention de « réduire l’utilisation de matières premières de base » pour le groupe motopropulseur et les batteries d’ici 2030. Nous aurions cependant aimé consulter en détail la méthode utilisée par Mercedes pour établir son diagnostic environnemental et le comparer à celui d’un véhicule électrique. Le faible rendement de la pile à combustible et les nombreuses déperditions d’énergie du puits à la roue liées à l’hydrogène génèrent dans tous les cas davantage de gaspillages qu’à bord d’un véhicule électrique à batterie.

Mercedes veut verdir l’image de son GLC F-Cell à hydrogène
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