Après une longue attente, McLaren dévoile officiellement l’Artura, la nouvelle supercar hybride rechargeable.

L’heure est à l’électrification et les hautes sphères de l’automobile sportive n’y échapperont pas. Pour perdurer, constructeurs et automobiles n’ont d’autre choix que d’embrasser la technologie électrique, qu’elle soit totale ou partielle. Alors réservée aux hypercars de la marque (les vraies, bijoux de technologie en tirage limité), la technologie hybride gagne désormais les supercars.

La firme de Woking ouvre un nouveau chapitre dans son histoire en dévoilant l’Artura, la première supercar hybride rechargeable au monde. Un slogan qui oublie la présence sur le marché de la Ferrari SF90 Stradale qui, avec sa « grande » diffusion, ne peut viser le statut d’hypercar. Ce qui n’empêche pas la McLaren de faire partie des toutes premières super-sportives de la prochaine génération.



Une supercar à 129 g/km de CO2

À la différence de la Honda NSX, elle embarque une motorisation hybride rechargeable, composée d’un inédit V6 3,0 litres M630 ouvert à 120° (qui diffère donc du bloc V8 4,0 litres biturbo des autres sportives de la gamme), associé à un bloc électrique. En travaillant de concert, l’ensemble promet une puissance de 680 ch pour 720 Nm de couple, dont 585 ch et 585 Nm apportés par le seul bloc thermique. Le moteur électrique à flux axial ne développe de son côté qu’une modeste valeur de 95 ch pour 225 Nm de couple.

Devant le chrono, la McLaren Artura promet un 0-100 km/h en 3,0 secondes, un 0-200 km/h en 8,3 secondes et un 0-300 km/h en 21,5 secondes. La vitesse maximale est limitée à 330 km/h. Mais là ne sont pas les seuls chiffres que l’Artura vise : en prenant la technologie hybride, elle tente de passer au maximum sous les seuils radar des normes écologiques. Elle annonce ainsi une consommation moyenne proche des 5,6 l/100 km pour 129 g/km de CO2. Pour rappel, une McLaren 720S est créditée de 276 g/km.

Un moteur électrique qui sert aussi de marche arrière

La parade pour un tel résultat réside dans la batterie de 7,4 kWh qui revendique 30 km d’autonomie sur un mode de fonctionnement tout électrique. C’est finalement à peine plus que la Ferrari SF90 Stradale, qui s’équipe de son côté d’une pile SK Innovation de 7,9 kWh. McLaren ne s’attarde pas sur la puissance de recharge AC de l’Artura, qui peut s’alimenter via une prise Type 2. Woking annonce simplement que la recharge à 80 % de la batterie peut être faite en 2 h 30.

À l’instar de Lotus, McLaren met le poids au centre du cahier des charges. L’Artura maîtrise ainsi sa prise de kilos avec un ensemble électrique avouant seulement 130 kg (88 kg pour la batterie et 15,4 kg pour le moteur électrique). S’ajoute aussi une structure en carbone spécialement développée pour ce modèle et qui sera partagée avec les futures hybrides de la marque. L’apparition de la technologie électrique offre aussi à la sportive quelques pirouettes techniques. Doté d’un inverseur, le moteur électrique permet de se passer d’une marche arrière dans la boîte robotisée à huit rapports, qui est alors plus légère et compacte. Au final, l’Artura annonce 1 498 kg sur la balance avec tous les pleins faits.

Une nouvelle ère qui s’annonce au prix fort

Avec sa technologie hybride rechargeable, la McLaren offre à un peu plus de monde (tout est relatif) le savoir-faire de la marque en la matière, dont seule une poignée de privilégiés pouvaient profiter avec la Speedtail. Elle semble aussi utiliser à sa manière la motorisation électrique afin de conserver l’ADN de la marque et de ne pas faire exploser sa masse totale, contrairement à une Honda NSX, où l’installation pèse lourd sur la balance. Reste à connaître le prix de la technologie, qui devrait tutoyer des sommets sans toutefois atteindre la barre des 423 000 € réclamés par la Ferrari SF90 Stradale de 1 000 ch.