BYD e2, crossover électrique
BYD e2, crossover électrique

Un nouveau rapport de BloombergNEF estime que les véhicules 100% électriques et hybrides rechargeables seront plus vendus que les thermiques dès 2037.

C’est un fait, les voitures électrifiées vont prendre une place de plus en plus importante ces prochaines années. Les annonces de nouveaux modèles couplées aux ambitions des pays ou collectivités pullulent, notamment sur Automobile Propre. Ici un rapport édité par BloombergNEF projette l’évolution de la part de ces modèles dans les deux décennies à venir.

57% des ventes en 2040

L’an passé, seulement 2 millions de voitures neuves vendues étaient à motorisation hybride rechargeable ou électrique. Selon les estimations, ce nombre quintuplerait en 2025 avant d’atteindre 28 millions en 2030 et 56 millions en 2040. Plus précisément, après une hausse modérée, le décollage débuterait véritablement en 2024.

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En termes de motorisations, l’hybride rechargeable restera très minoritaire, avec 5% des ventes au mieux. Le 100% électrique sera majoritaire en 2040 devant les véhicules diesel, essence et hybrides. Électriques et hybrides rechargeable combinées dépasseront les thermiques dès 2037 estiment les analystes de BNEF.

Tesla Model 3 blanche
La Tesla Model 3 est l’électrique la plus vendue au monde en 2019. (Crédits : Leo Nguyen – Creative Commons)

Dans 20 ans, ce basculement permettrait de convertir 30% du parc automobile mondial à l’électrique, contre 0,5% en 2018, soit 508 millions sur 1,68 milliard. Or, cela se fera avec de fortes disparités régionales.

La Chine, représentant la moitié des ventes de rechargeables, atteindrait 15% de ventes dès 2023. L’Europe rattrapera son retard, avec 50% espérés en 2030, et 65% en 2040. Les États-Unis seront à la traîne avec 50% seulement en 2040 tandis que l’Inde s’approchera des 30% au même horizon.

Des conséquences sur les batteries, l’électricité et la pollution

BloombergNEF estime également l’impact du développement des véhicules électrifiés. La demande de batteries lithium-ion en automobile devrait croître de 200 GWh en 2020 à plus de 1,7 TWh en 2040. Le prix du kWh à 176$, déjà divisé par 10 depuis 2011, pourrait atteindre 62$ en 2030. La demande en pétrole sera aussi touchée, baissant de 23,8 à 18 milliards de barils en 20 ans.

Panneaux solaires et éoliennes
La demande en électricité sera faible face à la production totale

Au contraire, la consommation d’électricité dédiée aux véhicules électriques (utilitaires et bus inclus) augmentera fortement. De 74 TWh en 2019, elle progresserait à 2.333 TWh en 2040, mais n’augmenterait la production globale que de 6,8%. Loin donc de la menace de surcharge et de coupures que présentent certains détracteurs. Là encore, les disparités seront plus ou moins fortes selon les pays. La production devrait ainsi augmenter de 14 % en Allemagne et de 11% aux États-Unis.

Enfin, le déclin de la pollution ne serait pas aussi rapide qu’on le croit. À cause d’une croissance des ventes véhicules thermiques, le pic sera atteint en 2030. Le rapport attend même un retour au niveau de 2018 seulement en 2040. Il précise par ailleurs que l’augmentation de la mobilité partagée participerait à la stagnation des ventes. De 5% actuellement, la part des trajets en covoiturage, taxis/VTC ou autopartage bondirait à 19%.

En conclusion, BNEF se compare aux autres études du genre. Elle serait la plus optimiste face aux estimations des pétroliers. Les rapports de BP ou l’OPEC visent 300 d’unités en 2040, celui d’Exxon 150 millions.

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