Renault Twizy

Vous faites parti de ces automobilistes toujours avides d’information sur le futur de l’automobile ? Et bien, prenez le volant d’un quadricycle électrique et faite un saut dans le futur dès maintenant !

Derrière ce titre volontairement racoleur, je souhaite vous faire partager ma dernière expérience grandeur nature au volant de la Renault la plus fun du moment : Twizy !



Récemment, histoire de lier la parole aux actes, j’ai choisi de louer un Twizy pour me rendre au centre de formation professionnel où j’intervenais durant toute une journée sur le thème de la mobilité durable. Outre le fait d’attirer rapidement le regard lors de mon arrivée au centre, le voyage aller fût une nouvelle occasion pour moi de mesurer à quel point l’automobile du XXIème siècle continue de rimer avec irrationalité en tout genre.

Départ de la concession Renault Vitré (35) à 7h50 du matin. Au programme pour bien démarrer la journée : 17km de route départementale en rase campagne effectués sous une pluie battante. À cette heure-ci de la journée, inutile de vous dire que les automobilistes seul(e)s au volant de leur monospace Diesel de 110 ch et plus n’ont pas tardé à débouler dans mon pare-choc – que dis-je dans ma batterie (!).

Très pressés qu’ils semblaient tous, aucun d’entre eux n’a visiblement jugé utile de respecter le code de la route qui, dans ces conditions, oblige en théorie à rouler à 80km/h maximum. Visiblement agacés à l’idée de devoir suivre un petit véhicule zéro émission roulant entre 70 et 75 km/h, les conducteurs/trice n’ont pas attendu longtemps avant d’exploiter le potentiel de leur puissant moteur à pétrole pour doubler le petit Twizy. L’occasion pour moi de constater que même dans de très mauvaises conditions météo, un conducteur de Twizy1 est parfaitement protégé de la pluie (un peu moins du vent c’est vrai, mais en Bretagne, le vent on aime ça).

Arrive ensuite un rond point, duquel déboulent des automobilistes en provenance de la voie rapide. Il n’aura pas fallu attendre longtemps après le rond point pour que la saga des « TDI » sévisse à nouveau. Quelques centaines de mètres avant d’entrer dans un village limité à 50 km/h, une grosse accélération suivi d’un gros freinage, ça permet de grappiller quelques précieuses secondes sur le chemin du boulot, c’est bien connu…

J’arrête là pour les détails aussi croustillants que véridiques. Inutile de préciser que lorsque l’on vit grandeur nature ce genre d’expérience, on en arrive assez rapidement à se demander si nous vivons tous sur la même planète ?

Mais l’incroyable effet Twizy, c’est de constater à quel point le monde automobile actuel est totalement surdimensionné par rapport à nos besoins réels en mobilité. Aller-retour, le petit Twizy aura consommé à peine la moitié de la réserve d’énergie offerte par la batterie, soit environ 3kWh.

Pour effectuer le même trajet, moteur froid, au volant d’un monospace Diesel de 130ch, entre 2 et 2,5L de gazole aurait été nécessaire selon la conduite. Des trajets comme celui-ci, les automobilistes seul(e)s au volant de leurs véhicules Diesel en font des millions chaque jour. Pour combien de temps encore ? Faudra t-il attendre le seuil symbolique des 2€ le litre de gazole pour que l’on commence enfin à préparer le monde de demain ?

J’espère que la présence de ce Twizy sur la route aura au moins contribué à faire s’interroger certains sur leur extrême dépendance au gazole. Peu probable me direz-vous. Espérons au moins qu’ils auront un jour une petite pensée pour ce fameux Twizy croisé par hasard un matin en se rendant au travail. Ce jour-là le litre de gazole s’affichera peut-être à presque 2€ le litre et le temps sera enfin venu de commencer à envisager une autre solution pour se rendre quotidiennement au travail…

PS : le modèle essayé disposait heureusement de l’option portes…