Davantage d’autonomie et une recharge ultrarapide favorisée dans les stations Ionity : La Hyundai Ioniq 5 semble promettre aux électromobilistes des vacances faciles. Notre essai entre Paris et la Vendée.

Le modèle essayé

Présentée dans une finition de milieu de gamme Creative déjà très bien dotée, la Hyundai Ioniq 5 de notre essai embarquait une batterie lithium-ion d’une capacité énergétique utile de 72,6 kWh. Ce qui la doterait d’une autonomie de 481 kilomètres selon le cycle mixte WLTP. Le pack alimente un moteur d’une puissance de 160 kW qui anime les roues arrière.

La liste des équipements fournis de série est déjà longue sur cette version affichée à 50 000 euros avant bonus gouvernemental.

Sans vouloir être exhaustif, elle comprend, en plus des aides à la conduite devenues habituelles, une climatisation automatique bi-zone, un chauffage par pompe à chaleur, une caméra de recul, un double afficheur numérique, les palettes au volant pour modifier la puissance de régénération, un système d’accès mains libres avec démarrage sans clé, un pare-brise athermique avec film acoustique, des sièges avant chauffants avec support des lombaires (les réglages sont électriques pour celui du conducteur), etc.

À bord

Les 527 litres du coffre se répartissent dans un espace plutôt développé en largeur, mais relativement peu élevé. Les sacs et valises pour un adulte, sa fille et son chien de taille moyenne y trouvent bien sûr leur place, mais c’est en chahutant quelque peu le cache-bagage. Pour un séjour plutôt long, les affaires embarquées pourront s’étendre au niveau des confortables sièges arrière qui, comme à l’avant, mêlent le tissu et le cuir.

Très pratiques pour les longs trajets, de nombreux rangements sont répartis dans tout l’habitacle. Avec des contours blancs qui tranchent devant les teintes foncées à bord, le double écran (2 x 12,3 pouces) prend en charge les applications multimédias dans sa partie droite. Le système est compatible Apple CarPlay.

L’affichage tête haute n’est en revanche pas proposé avec la finition Creative. Ce n’est finalement pas gênant grâce à une distribution globale bien pensée des informations.

Le planificateur Chargemap à l’essai

Pour la première fois en 2021, il est possible de sécuriser les trajets pour les vacances estivales avec le planificateur nouvellement intégré à Chargemap. En plus du recensement des bornes de recharge disponibles au public, avec photos et avis des utilisateurs, l’application peut vous conseiller les stations où vous arrêter pour effectuer le plein en énergie. Il suffit juste d’indiquer quelques informations, comme le trajet et le modèle de véhicule électrique utilisé.

Dans le cas de notre parcours de Paris à la Vendée, le planificateur a estimé qu’il fallait environ 5 heures pour parcourir près de 500 kilomètres. Le tracé et les infos apparaissent parfaitement lisibles sur la tablette de droite. Nous avons suivi le conseil d’effectuer la recharge à la station Ionity implantée sur l’autoroute A11 à la hauteur de La Ferté-Bernard. Le planificateur estimait que le niveau d’énergie restant serait de 23 %. Une fois sur place, le système de la Ioniq 5 confirmait, à peu de chose près : 25 %.

Vivre l’autoroute avec les aides à la conduite

Avec la finition Creative, le régulateur de vitesse, facile à gérer à partir des touches sur le volant, adapte aussi l’allure de la Ioniq 5 sur les véhicules qui roulent devant. L’aide au maintien dans la file donne l’impression que le véhicule évolue sur des rails.

Avant de dépasser, ne pas oublier d’utiliser les clignotants afin d’inhiber ce dernier dispositif le temps de la manœuvre. Ce qui aura pour effet de ne pas avoir à lutter contre la force imposée sur le volant par cette aide à la conduite. Quoi qu’il en soit, la régulation intelligente de vitesse et le maintien dans la voie rendent la conduite de la nouvelle Hyundai électrique très agréable sur autoroute.

Entre la berline et le SUV, la Ioniq 5 transmet assez sensiblement le bruit de l’air qui file sur la carrosserie à 130 km/h. L’absence de double vitrage sur cette finition explique en partie cette sensation. La hauteur de la caisse aussi. L’insonorisation reste cependant globalement à un niveau excellent.

Sur les routes départementales, les aides à la conduite peuvent en revanche devenir gênantes. Non pas en raison du comportement de la Ioniq 5 qui ne souffre d’aucune critique sur ce plan. Mais à cause des alertes sonores qui peuvent se multiplier. Ainsi en mordant sur les lignes de la route, ou lorsque la voiture perçoit comme un danger les véhicules garés sur le côté. Des dispositifs utiles, mais à la fois trop sensibles et envahissants. Voilà pourquoi nombre d’utilisateurs feront le choix de les inhiber en dehors des voies rapides et autoroutes.

Recharge ultrarapide

Comme nous l’indiquions un peu plus haut, nous avons effectué une première recharge dans la station Ionity de La Ferté-Bernard, sur l’autoroute Océane. Sur la Ioniq 5, les connecteurs jouxtent le feu arrière droit.

Cas d’école, l’opération a nécessité de changer de borne. La première n’a pas pu délivrer une puissance supérieure à 60 kW, alors que la nouvelle voiture électrique de Hyundai accepte de grimper jusque 225 kW. Au second chargeur, nous avons pu voir les chiffres grimper à 214 kW sur le tableau de bord.

« Si j’avais chargé à 60 kW, j’en aurais eu pour une heure ; à 213 kW, en 12 minutes, j’arrive à 80 % », compare Maxime Fontanier. Cette mésaventure confirme l’instabilité des chargeurs Ionity rapportée par plusieurs de nos lecteurs.

En utilisant le Chargemap Pass, régénérer le pack lithium-ion de 25 à 80 % aurait été facturé environ 15 euros (0,871 euro la minute). Comme partenaire du consortium Ionity, Hyundai propose à ses clients des formules plus intéressantes. Contre un abonnement mensuel respectif de 4,50 ou 13 euros, le prix de la consommation aurait été réduit à 8,84 euros (Lite) et 4,93 euros (Premium).

Notre essayeur a toutefois fait un choix qu’il déconseille habituellement : laisser la recharge se dérouler jusqu’à son terme sur un chargeur ultrarapide. L’opération lui a coûté 39,20 euros pour presque 45 minutes de branchement. Pour comparaison, la seconde recharge intermédiaire, réalisée sur une borne 50 kW du réseau SmiléMobi du syndicat d’énergie du Maine-et-Loire, affichait un tarif de 0,30 euro du kWh (+ 1 euro par opération si non inscrit). Soit 11 euros pour 30 kWh récupérés. Cette dernière halte avait pour intérêt de ne pas trop flirter avec la panne d’énergie. L’afficheur de la Ioniq 5 n’accordait qu’une marge de 10 kilomètres pour arriver à destination. Sur place, c’est une prise domestique qui servira à nourrir la Ioniq 5. Ce n’est pas rapide, mais suffisant pour récupérer l’autonomie nécessaire aux promenades journalières.

Consommation et autonomie

Sur les premiers 370 kilomètres, parcourus en grande partie sur autoroute, la consommation moyenne s’est élevée à 23,8 kWh/100 km. Ce qui donne une autonomie potentielle de l’ordre de 300 km dans ces conditions, contre 383 en été selon les calculs WLTP (295 km en hiver sur autoroute).

Dans la vidéo, notre essayeur en déduit des autonomies plutôt pessimistes de « 400 km en milieu urbain et mode Eco, et 360 km en usage mixte normal ». En été, avec le pied léger, on peut espérer dépasser les 550 km en ville (625 km selon les chiffres communiqués par Hyundai, ou 416 en hiver) et s’inscrire dans les 400-450 km en parcours mixte.

Sur les petites routes, la consommation peut se stabiliser à 15 kWh/100 km de moyenne. De quoi offrir une autonomie potentielle d’un peu plus de 480 km.

Lourde mais dotée de bonnes suspensions

Afin de réduire la consommation sur une petite route sinueuse, nous avons coupé la régénération. Avec ce mode « roues libres », la Ioniq 5 adopte un autre comportement. « On sent que c’est une voiture haute et lourde », témoigne notre essayeur. « On se balade pas mal, même s’il y a de grosses barres antiroulis », poursuit-il.

Il modère rapidement derrière en saluant le confort de l’engin, et le bon jeu des suspensions, même si elles ne sont pas pilotées. Que ce soit à faible allure, ou à un rythme plus soutenu.

Passez de bonnes vacances en Vendée, M. Fontanier ! Et bonnes vacances à vous aussi, chers lecteurs !