Skoda Enyaq Coupé iV

Qu’est-ce qui change vraiment sur le Skoda Enyaq Coupé iV ? Son look, surtout. Et c’est une bonne nouvelle, puisque Skoda a su conserver les atouts du SUV électrique. Notre essai du Skoda Enyaq Coupé iV.

Plus dynamique, toujours familial. L’objectif de Skoda est simple : proposer une variante de carrosserie coupé sans faire de concessions sur le confort à bord. Le constructeur tchèque nous propose ainsi une version dotée d’un pavillon incliné, parfaitement dans la tendance. En prime : le Skoda Enyaq Coupé RS iV aux ambitions sportives, dont nous avons repris le volant pour l’occasion. 

Le Skoda Enyaq Coupé iV côté look : allure maîtrisée

Vous l’aurez deviné : la nouveauté se trouve essentiellement dans le style du Skoda Enyaq Coupé iV. Le SUV familial électrique troque son hayon droit pour un pavillon incliné des plus actuels. Un trait de style qui se veut plus dynamique, mais qui reste tout à fait maîtrisé à notre goût. L’Enyaq Coupé iV affiche de belles proportions sans trop en faire pour autant, et prend soin de rester élégant de l’arrière. C’est d’ailleurs cette chute de rein raffinée qui apporte de l’équilibre à l’ensemble, puisque le museau ne change pas. On y retrouve le porte-à-faux avant court, porté par cette imposante calandre rétroéclairée « Crystal Face ». La moitié avant du SUV nous est globalement familière, de ses gros phares à ses ailes, jusqu’au milieu des portières. Heureusement, l’Enyaq Coupé iV ne fait pas trop agressif/racé dans l’ensemble, et reste plutôt classique dans l’approche.

Ses dimensions : 4,65 m de long pour 1,87 m de large, et 1,62 m de haut. Soit à peine un petit centimètre plus long que le Skoda Enyaq iV tout court. Notons également que le Skoda Enyaq Coupé RS iV est un centimètre moins haut. Le SUV coupé est donc un gros bébé, posé sur des roues non moins imposantes de 20 pouces. Alors oui, c’est une variante de SUV de plus sur le marché, c’est certain. À titre personnel, je dois tout de même avouer que son style n’est pas pour me déplaire. Comparé à certains concurrents allemands en tout cas, que je trouve bien moins équilibrés, voire « grossiers ». L’Enyaq Coupé iV a son propre caractère, tout en évitant la surenchère. Qu’en pensez-vous ?

Vie à bord : habitabilité conservée

Et sensation de liberté. À l’intérieur, le Skoda Enyaq Coupé iV nous propose une habitabilité et un confort de premier ordre. Au moins aussi bons qu’à bord de son aîné Enyaq iV pas coupé. Ceci notamment grâce à un travail habile du pavillon, qui s’incline sans pour autant détériorer l’espace aux places arrière. Espace aux genoux et garde au toit sont tout à fait généreux pour les trajets en famille. Une sensation d’espace renforcée par le grand toit panoramique du SUV. Et il est là, ce sentiment de liberté à bord de l’Enyaq Coupé iV. Seule microconcession : accepter d’avoir les pieds un peu plus hauts (batteries et plancher obligent), mais cela reste anecdotique. Sans surprise, le coffre perd un peu de volume : 570 litres contre 585 pour l’Enyaq iV. Soit une perte de 15 litres au passage. Ce qui ne l’empêche pas d’être parmi les plus généreux de la catégorie.

Au volant, l’expérience est consistante à défaut d’être inédite. Car après tout, le Skoda Enyaq iV est tout frais et parfaitement à jour en matière de techno. Au poste de conduite, l’ensemble profite d’un assemblage de qualité. Cuir tanné de la planche de bord, volant, console centrale… Pas grand-chose à envier aux premiums allemands. Même constance pour les sièges, confortables et agréables sur de longs parcours. On regrettera en revanche certains plastiques durs trop présents, en particulier vers les commandes (poignée, boutons) des portières. La curieuse excroissance à ce niveau tombe tel un cheveu sur la soupe. Suffisamment pour détoner radicalement avec le reste en matière de qualité perçue. Enfin, l’écran principal de 13 pouces équipe désormais toute la gamme, avec une interface complète, mais parfois un peu lente. Heureusement, cela ne l’empêche pas d’être fonctionnelle et efficace en navigation et multimédia.

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Performances et comportement : souplesse de rigueur

Le Skoda Enyaq Coupé iV 80 repose sur la plateforme modulaire MEB du groupe VW. Pour rappel, elle accueille notamment les Volkswagen ID.4 GTX et Audi Q4 Sportback e-tron. Notre modèle d’essai embarque un moteur de 150 kW (204 ch) et 310 Nm sur l’essieu arrière. Sur la route, le SUV électrique est silencieux et suffisamment réactif, mais invite à adopter une conduite souple. Dans la logique de ses ambitions familiales en tout cas. Une conduite un peu trop optimiste aura par exemple tendance à provoquer des mouvements de caisse peu agréables. Notre confrère confirme depuis le siège passager. De la même manière, l’amortissement est assez sec sur chaussée abîmée et autres ralentisseurs. Le Coupé iV profite tout de même d’une suspension pilotée permettant de régler la dureté pour plus de confort. Les irrégularités de la route restent cependant mieux filtrées que les grandes roues ne laissaient espérer.

La suite électronique se charge des aides à la conduite de pointe pour coller aux ambitions routières du véhicule. Régulateur adaptatif et maintien dans la voie sont efficaces, mais ce dernier n’est pas des plus permissifs. On a vite fait de se prendre une correction pas toujours indispensable dans le volant. Sur la route, c’est surtout l’affichage tête haute à réalité augmentée que l’on trouve très réussi. Un brin gadget certes (les geeks aimeront), mais très convaincant et dynamique à l’approche d’un virage par exemple. Dernier aspect lié à la conduite : les palettes au volant. Celles-ci gèrent la récupération d’énergie sur quatre niveaux, de l’absence totale (roues libres) à la gestion automatique. De notre côté, on trouve la récupération « gênante » dès le premier niveau, là encore en raison de l’amplification des mouvements de caisse. Le mode auto n’en reste pas moins prometteur en fonction des conditions de circulation.

Conso et autonomie : jusqu’à 545 km ?

Sur le papier, le Skoda Enyaq Coupé iV 80 est le plus efficient de la gamme. Idéalement situé entre le 60 et le 80x, il s’appuie sur une batterie de 82 kWh pour 545 km d’autonomie. Soit une consommation moyenne de 15 kWh/100 km. En réalité, c’est plutôt 18,5 à 19 kWh sur notre parcours mixte ville/autoroute/départementale, soit environ 430 km. Un parcours constant entre 110 et 130 km/h fera vite tomber l’autonomie à 360 km tout au plus. Côté recharge, l’Enyaq Coupé accepte 11 kW en courant alternatif et 135 kW en courant continu pour le 80. Compter 7 h 30 de recharge dans le premier cas, et 36 minutes de 10 à 80 % en crête à 135 kW.

Skoda Enyaq Coupé RS iV : sportive visuelle

De son côté, le Skoda Enyaq Coupé RS iV joue la carte sportive. La version RS du SUV électrique familial mise sur des packs extérieur et intérieur spécifiques : Crystal Face de série, jantes spécifiques, alcantara et sièges baquets au programme. À bord, le maintien latéral est légèrement meilleur, mais le poids supplémentaire sur le train avant se fait ressentir. Le SUV a plus facilement tendance à sous-virer en courbe, et paie le prix de son embonpoint en ligne droite. 6,5 s pour abattre le 0 à 100, mais une sensation de lourdeur dont on fait difficilement abstraction. Ceci malgré les 299 ch et 460 Nm que cumulent les deux moteurs électriques. Pas de miracles : le SUV conserve son ADN familial et n’a de sportif que le look. Un look quand même réussi, avec son châssis subtilement abaissé de 15 mm à l’avant et 10 mm à l’arrière.

Skoda Enyaq Coupé RS iV

Le Skoda Enyaq Coupé iV est un SUV qui mise sur le confort routier. Spacieux, habitable, doté d’un beau coffre, il sait aussi y faire en matière de style. Les amateurs de SUV coupé y trouveront leur compte, sans jamais trop en faire. Quelques petites révisions côté matériaux (les contreportes !), et il n’aura plus rien à envier à d’autres. Ne vous laissez cependant pas abuser par son look : même en RS, cela reste un véhicule orienté confort. Et là-dessus, il sait se montrer agréable. Proposé à partir de 48 010 €, l’Enyaq Coupé iV grimpe à 62 210 € en version RS. Ce n’est pas donné, mais ça n’a pas non plus à rougir face à la concurrence premium. Une chose est sûre, le 80 reste le choix de la raison. Mais à 53 350 €, on comprend que la raison ait de quoi être remise en question. Et vous, qu’en pensez-vous ?