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Si l’électrique à prolongateur d’autonomie possède de solides atouts à faire valoir face au 100 % électrique, force est de reconnaitre que les ventes des rares modèles commercialisés à ce jour ne représentent qu’une toute petite part dans le total des ventes de VE au niveau mondial. Une situation qui pourrait bien évoluer dans les prochaines années…

I. Une solution technique très intéressante

Jugé à tort inutile par les adeptes du VE pur et dur, l’électrique à prolongateur d’autonomie est pourtant une solution technique particulièrement intéressante pour améliorer la polyvalence d’un VE. Moins contraignant à l’usage qu’un VE équipé d’une grosse batterie, l’électrique à prolongateur d’autonomie permet d’optimiser la taille de la batterie d’un VE pour les besoins du quotidien (90 % des déplacements quotidiens effectués en voiture dans l’union européenne sont < 100 km) tout en permettant de temps à autre des escapades un peu plus longues sans avoir à se soucier de la recharge.

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II. Une véritable roue de secours

Contrairement à l’hybride rechargeable, l’électrique à prolongateur d’autonomie est une solution technique qu’il faut plutôt considérer comme une « roue de secours ». Intrinsèquement moins chère que l’hybride rechargeable, c’est une solution technique très intéressante qui gagnerait beaucoup à être proposée en option sous le capot des véhicules du segment B : Renault Clio / Peugeot 208 / Citroën C3 / VW Polo, etc… Des véhicules devenus au fil du temps très polyvalents mais qui dans les faits, sont très rarement utilisés sur des trajets de plus de 50 kilomètres, qui plus est en milieu urbain ou assimilé.

III. Une solution technique intéressante pour les véhicules du segment B

Faute de pouvoir compter sur un vaste réseau de bornes de recharge parfaitement opérationnelles, beaucoup d’automobilistes hésitent encore à franchir le pas de l’électrique. Même en présence de bornes, les adeptes de l’électrique reconnaissent à demi-mot qu’un prolongateur d’autonomie est une solution technique – plus pratique encore que la recharge rapide – qui leur simplifierait parfois beaucoup la vie tout en leur offrant la possibilité d’utiliser plus encore leur VE. Les heureux propriétaires de BMW i3 REx ou de Volt/Ampera confirmeront tous sans exception.

Si Renault était aujourd’hui en mesure de proposer l’option prolongateur d’autonomie sur sa ZOE, il ne fait aucun doute qu’elle séduirait beaucoup plus de clients. A commencer par exemple par certains acheteurs de Clio IV… On peut d’ailleurs s’interroger sur la volonté réelle des vieux constructeurs automobiles à développer et promouvoir activement ce genre de solutions techniques dès lors qu’elle aurait certainement un impact non négligeable sur les volumes de production de moteurs thermiques ?

Plutôt que d’y voir un concurrent direct, il faut pourtant classer le prolongateur d’autonomie au rang des solutions techniques nouvelles à même de préparer la transition vers le 100 % électrique, notamment pour les véhicules du segment B (citadines polyvalentes). C’est d’ailleurs un avantage indéniable dont BMWi bénéficie aujourd’hui avec sa i3 : elle constitue une offre inédite au sein de la gamme BMW puisqu’elle est constitue de fait la première vraie « citadine » du constructeur bavarois.

IV. Et l’hybride rechargeable alors ?

L’hybride rechargeable est aussi une solution intéressante. Mais elle a un défaut récurrent : un prix élevé même avec une autonomie EV limitée. C’est donc une solution technique qui devrait rester cantonnée aux véhicules haut de gamme pendant quelques années avant d’être éventuellement déployée sur des véhicules de gamme inférieure. Mais si cette architecture a du sens sous le capot de gros véhicules à vocation familiale, elle n’est pas très pertinente sous le capot de petites voitures destinées prioritairement à des usages de type urbain (disposer d’un système hybride et d’un moteur thermique généreusement dimensionné pour rouler 90 % du temps sur l’électrique n’a pas beaucoup de sens économiquement parlant).

V. Faire preuve de pragmatisme

Quoi de plus logique que de miser sur l’utilisation combinée d’un (gros) moteur électrique et d’un (petit) moteur thermique pour assurer une transition en douceur vers l’électrique lorsque la question de l’autonomie demeure – à tort ou à raison – un puissant frein à l’achat auprès des acheteurs potentiels de VE ?

Qu’attendent nos champions nationaux pour s’investir massivement sur ce créneau de l’électrique avec prolongateur d’autonomie laissé désespérément vide par tous les autres constructeurs ou presque ?

Etant donné l’usage réel constaté d’une majorité de (petites) voitures en France ainsi que dans beaucoup d’autres pays européens amateurs du genre, l’électrique à prolongateur d’autonomie constitue à ce jour une solution technique très largement sous-exploitée par les constructeurs européens. Espérons qu’ils finiront un jour par s’y intéresser vraiment avant que la concurrence s’y intéresse à son tour…

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