Christian Bernard a accueilli avec joie l’annonce d’un nouveau financement du jeune constructeur allemand Sono Motors. Cette étape pousse un peu plus la Sion vers sa production en série.

2020 : un ascenseur pour Sono Motors

Décembre 2019 a été une période de grand doute pour les sympathisants de cette voiture électrique novatrice. À la fin de ce mois-là, un appel urgent était lancé par l’équipe de la startup pour réunir rapidement les 50 millions d’euros nécessaires à l’acquisition de l’outil de production et à la réalisation d’un nouveau prototype, celui préfigurant la version définitive de la Sion. Au 20 janvier 2020, 51,5 millions d’euros d’engagements avaient été enregistrés, grâce à une seconde vague décisive.

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Christian Bernard a été de ceux qui ont permis à Sono Motors de poursuivre une de ces aventures fortes et peu courantes dans le monde de l’automobile. « J’avais déjà versé les 500 euros minimum demandés lors de ma réservation enregistrée le 31 juillet 2017 sous le numéro 1382. Fin 2019, suite à l’appel de fonds, j’ai abondé de 1 500 euros ma mise initiale », se souvient-il.

« Si l’aventure de Sono devait s’arrêter brutalement, ces 2 000 euros étaient en principe remboursables. En réalité, pour moi, ces fonds seraient perdus. Mais tant pis : en cas d’arrêt du projet, j’aurais au moins eu la satisfaction d’avoir essayé, avec mes petits moyens, de les aider ! », explique de façon engagée notre interlocuteur.

2021 : Le nouveau prototype à Las Vegas

Comme promis, Sono Motors a réalisé le prototype final avant production grâce à l’appel de fonds bouclé il y a presque un an. Il sera dévoilé au public les 11 et 14 janvier 2021, lors du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Un rendez-vous qui prend la forme d’un soulagement pour les porteurs des 12 600 précommandes.

« J’ai vécu les différents rebondissements de la vie de Sono Motors avec un peu d’émotion, mais aussi avec une grande confiance dans le sérieux des fondateurs. Même si j’ai parfois eu peur que le projet n’arrive pas à son terme, c’est cette confiance, mais aussi l’envie que cela fonctionne, qui l’ont emporté », témoigne Christian Bernard.

La tournure que prend l’aventure de la startup donne raison à notre interviewé. Il y a quelques jours, Sono Motors annonçait une levée de fonds de 45 millions d’euros supportée par de grands investisseurs. Cette nouvelle opération va permettre de paver la dernière ligne droite avant la mise en production de la Sion.

Motard converti à la mobilité électrique

Qui est donc notre interlocuteur prêt à se mobiliser pour soutenir un projet à haut risque ? Un jeune écolo un peu illuminé qui puise la force d’espérer dans une certaine inconscience et la rénovation des programmes scolaires du début de ce siècle ? Non, pas du tout !

« Je suis un retraité de bientôt 70 ans qui vit en pleine campagne dans le sud de la Vienne. Je suis motard depuis un demi-siècle. J’accumule toujours mes 10 000 km annuels à deux-roues, entre autres pour m’adonner à ma seconde passion, celle du golf », corrige Christian Bernard. « J’ai été converti à la voiture électrique il y a plus de 5 ans, d’abord pour des raisons d’économies à l’usage, puis pour le confort de la conduite. Le côté écologique me paraissait moins convaincant à l’époque », poursuit-il.

« Nous avons enchaîné une première Nissan Leaf 30 en LLD avec le modèle suivant équipé d’une batterie 40 kWh, avant d’être convaincus par la nouvelle Renault ZOE 50 en finition Zen et toutes options. Nous l’avons acquise d’occasion contre 25 000 euros batterie incluse, auprès d’un mandataire qui l’a importée d’Italie. Elle n’affichait que 10 km au compteur après 3 mois de mise en circulation », liste notre interlocuteur.

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La Sion s’imposait

Un heureux électromobilien ? Pas encore tout à fait ! « C’est ma compagne qui conduit la ZOE. Pour ma part, quand je ne me déplace pas à moto, je suis au volant d’une Volkswagen Polo de 20 ans d’âge et convertie à l’éthanol. Elle est équipée d’un attelage, un accessoire qui est pour moi indispensable ici », souligne Christian Bernard.

« C’est précisément pour remplacer cette voiture que je me suis intéressé à la Sono Sion dès le début de l’année 2017. C’était à l’époque le seul projet de citadine ou polyvalente électrique susceptible de tracter. Après m’être rapproché des fondateurs alors que Sono Motors n’était qu’une petite startup, j’ai eu l’occasion d’essayer l’un des deux premiers prototypes à Paris. J’ai passé commande tout de suite ! », détaille-t-il.

« La philosophie de la Sion m’a particulièrement convaincu : un véhicule électrique simple, rustique dans le bon sens du terme, sans gadgets ni débauche de technologie parfaitement inutile à mes yeux, dont le catalogue de pièces détachées sera disponible à chaque acheteur avec les prix, offrant la possibilité de tracter une remorque de 750 kg et la possibilité de l’utiliser comme source d’énergie », aligne-t-il.

Autres gros et petits plus

« L’autonomie de 250 km était largement suffisante à mes yeux. Les panneaux solaires recouvrant la carrosserie me sont apparus comme un petit plus sympathique. Les quelques dizaines de kilomètres supplémentaires qu’ils apportent ne sont néanmoins pas à négliger ! », estime Christian Bernard.

« Depuis, les garanties apportées par les créateurs de Sono Motors concernant, par exemple, la gestion stricte de l’impact carbone de la construction de la Sion, ou encore le développement prévu sous forme d’autopartage, m’ont convaincu de remettre un peu de sous dans l’aventure. Aventure dont je suis persuadé que, grâce au pragmatisme et au sérieux des fondateurs, nous verrons bientôt la concrétisation : en tous cas les investisseurs suivent ! », se réjouit-il.

Une communauté qui progresse à son rythme

« Je n’ai pas de contacts personnels avec d’autres acheteurs, mais je fais partie d’une vraie communauté soudée. Nous sommes d’ailleurs en train d’élire un membre qui siégera au conseil consultatif de Sono Motors », apprécie Christian Bernard.

Autre source de satisfaction pour notre interviewé, la façon de communiquer des fondateurs. « Une lettre d’actualités est expédiée plusieurs fois par an, sérieuse, sans bla-bla ni promesses intenables. Je préfère une communication mesurée mais fiable, à une débauche de déclarations fracassantes », met-il en avant.

Notre interlocuteur aurait bien aimé embarquer quelques proches dans l’aventure de la Sion. « J’ai tout juste réussi à convaincre mon frère de passer à l’hybride rechargeable avec une Peugeot 3008. Les choses avancent doucement, marche après marche », nous confie-t-il.

Qu’auriez-vous envie de dire à une personne qui hésite encore à rejoindre le phénomène Sono Motors ? « Il faut y croire ! Ce sont des gens de confiance, sans esbroufe, et qui ont foi en ce qu’ils font », répond-il en forme de conclusion.

Automobile Propre et moi-même remercions vivement Christian Bernard (nom d’emprunt) pour sa disponibilité à un moment où son emploi du temps est particulièrement chargé.

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