Que se passe-t-il chez Toyota face à l’électrification ? C’est une question que l’on peut se poser au vu des dernières décisions de la marque. La frilosité de Toyota entrevue sur le marché de l’électrique devient désormais un enjeu politique pour le constructeur.

Il y a 23 ans, en lançant le premier Prius hybride, Toyota a fait un bond de géant sur l’électrification. Cette décision a assuré au géant japonais un leadership de deux décennies sur le marché de l’hybride.

Mais aujourd’hui, alors que l’ensemble du marché se lance à corps perdu dans l’électrification, c’est Toyota qui fait machine arrière. La marque japonaise a notamment surpris en annonçant que sa future citadine n’aurait pas de motorisation électrifiée.

Aux États-Unis, le constructeur vient de faire pression sur le gouvernement américain pour ralentir le passage à l’électrique. Devant le comité du sénat pour l’énergie et les ressources naturelles, un représentant de la marque a alerté sur l’absence de préparation. Toyota a misé sur l’hydrogène avec la Mirai et semble espérer une inversion des tendances entre la pile à combustible et l’électrique.



« Si nous parlons de progrès conséquents en électrification, il faudra surmonter des défis énormes », a déclaré Robert Wimmer. Le directeur de l’énergie et de la recherche environnementale de Toyota parle des « infrastructures de charge, de la disponibilité des batteries, de l’acceptation des clients et des tarifs abordables ».

On peut voir un lien entre la volonté de ralentir l’adoption du « zéro émission » et le fait que Toyota n’a pas encore lancé de gamme électrique. Via des coentreprises, la marque s’est implantée en Chine sur le marché 100 % électrique. Elle doit s’y installer cette année dans le reste du monde. Gagner du temps en ralentissant la transition énergétique sur un plan politique semble néanmoins une option peu propice à réussir.