Une rame Bombardier AGC en gare de Marseille Saint-Charles / Flickr CC David McKelvey

Comment électrifier le train sans investir dans de coûteuses caténaires ? La région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur a imaginé une solution : intégrer des batteries dans les rames déjà en circulation.

Un petit train électrique à pile tourne peut-être au pied de votre sapin de Noël. Un simple jouet qui semble pourtant avoir inspiré les futurs TER de la métropole de Marseille. La région Sud, gestionnaire du réseau local de trains express régionaux, veut en effet intégrer des batteries à bord de ses rames hybrides-diesel et électriques actuelles. Le projet consiste à étudier et réaliser un premier prototype, basé sur les rames Bombardier AGC mises en service entre 2007 et 2010.

Ces trains fonctionnent aujourd’hui à l’électricité et sont alimentés soit par caténaires soit par deux groupes électrogènes diesel embarqués. Pour leur permettre de circuler sans émissions polluantes sur les nombreuses voies non électrifiées, des batteries dont la capacité n’est pas encore déterminée y seront greffées. Celles-ci devront se recharger lorsque le train circule sur une section équipée de caténaires et dans les gares terminus. L’opération implique le retrait des moteurs diesel sur les modèles concernés.

Premier test en 2022

Elle nécessite également quelques adaptations sur le réseau. Si les lignes TER Marseille – Côte Bleue – Miramas et Avignon – Carpentras sont déjà suffisamment dotées de caténaires pour tester le prototype, l’axe Marseille – Aix-en-Provence en est presque entièrement dépourvu. La région Sud va donc engager des travaux d’électrification partielle sur 6 km pour un investissement estimé à 30 millions d’euros. Un coût qui doit s’ajouter aux 2 millions d’euros pour la réalisation de la rame prototype. Les études et homologations sont estimées à 20 millions d’euros partagés entre la SNCF, Bombardier et les collectivités.

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Le premier train prototype circulera en 2022 et sera suivi d’une phase d’essais hors et en service commercial sur un an. La région Sud espère ensuite lancer dès 2024 les modifications en série du parc de rames. Outre les économies de carburant, le gain environnemental devrait être conséquent puisque ces rames permettront d’éviter le rejet de 5600 tonnes de CO2 chaque année pour la seule ligne Marseille – Aix-en-Provence.

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