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Xpeng P7+ : nous sommes montés à bord de cette rivale de la Volkswagen ID.7

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Après les G6 et G9, Xpeng étoffe sa gamme avec la P7+, une berline qui veut rivaliser avec la BMW i5 et autre Volkswagen ID.7.

La firme originaire de la banlieue de Canton est arrivée chez nous avec les G6 et G9, deux grands et gros SUV. Une gamme plutôt restreinte par rapport au catalogue proposé en Chine, qui compte sept modèles bien différents les uns des autres. Au milieu se trouve la P7+, une grande routière 100 % électrique. Lancée sur ses terres natales en 2024, la berline passe par la case restylage et en profite pour prendre le chemin de l’Europe. Nous l’avons déjà rencontrée.

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Des retouches timides

Il faut avoir un œil exercé pour distinguer l’ancienne P7+ que l’on ne connaît pas de la nouvelle mouture qui débarque en France. Car, à l’exception de menues retouches du bouclier avant ou d’une poupe remodelée, la routière est semblable au modèle sortant. On y retrouve donc une berline de 5,07 m de long, pour 1,94 m de large et 1,51 m de haut. Soit des dimensions équivalentes à des routières comme l’Audi A6 e-Tron, la BMW i5 ou la Volkswagen ID.7.

Comme cette dernière, la Xpeng P7+ met l’aérodynamique au centre de son cahier des charges avec une vingtaine d’améliorations dynamiques. On retrouve, pêle-mêle, les volets avant actifs, les rétroviseurs aéro, des jantes « pleines » ou un becquet arrière proéminent, rappelant celui de feue la Hyundai Ioniq 6. Auparavant créditée d’un Cx de 0,206, la Xpeng P7+ restylée grimpe à 0,211. Pas de quoi s’affoler non plus : la valeur figure toujours parmi les plus intéressantes de la production automobile actuelle, et cela ne devrait se traduire que par 0,3 kWh/100 km de plus à 130 km/h. Une paille.

Une habitabilité de limousine

La Xpeng P7+ se rapproche aussi de sa concurrente de Wolfsburg avec la présence d’un hayon plutôt qu’une malle classique, comme c’est habituellement le cas dans ce segment. Cette cinquième porte s’ouvre sur une malle de 573 l, pouvant être étirée jusqu’à 1 904 l. Si l’unité de mesure ne parlera pas au plus grand nombre, Xpeng nous a toutefois démontré que la berline peut recevoir 30 valises cabines avec la banquette à plat et jusqu’au dos des passagers avant. Enfin, on retrouve un bac sous le plancher, suffisamment profond mais mal découpé. Un complément cependant bienvenu en l’absence de rangement sous le capot.

Sans surprise, la berline dotée d’un empattement de 3,00 m offre un espace intérieur absolument royal ! Aux opulentes places avant, s’ajoute aussi un espace arrière digne d’une limousine de la catégorie supérieure. Le rayon aux genoux est plus que suffisant et la hauteur des sièges permet de glisser les pieds sous les assises avant. Seuls griefs : de grandes portes arrière fidèles aux standards chinois, mais à l’angle d’ouverture relativement restreint, et un plancher un peu haut (ou une banquette trop basse), qui implique de remonter les genoux. Si bien que l’unique tablette aviation du côté droit peut rapidement reposer sur les jambes si le passager avant incline un peu trop son dossier.

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Au chapitre assises, justement, la Xpeng P7+ met le paquet. À l’avant se trouvent de confortables sièges électriques à mémoire, chauffés, ventilés et massants. Celui de droite propose même une fonction Zéro Gravity. Les passagers arrière ne sont pas en reste avec des dossiers inclinables jusqu’à 10° et les mêmes fonctions, massage compris. Tous les paramètres peuvent être individuellement sélectionnés depuis l’écran central dédié de huit pouces.

Des puces IA pour la Xpeng P7+

À l’avant, le tableau de bord a élégamment fait l’objet de quelques modifications avec des aérateurs bien mieux intégrés et toujours manuels. L’instrumentation numérique laisse sa place à un plus discret bandeau numérique de 8,8 pouces. À cela s’ajoute désormais le gigantesque affichage tête-haute. S’il semble repris de la futuriste Xpeng P7, il ne proposera pas les fonctions divertissantes. À ce titre, la berline sportive devrait garder l’avantage des phares matriciels.

Enfin, la berline conserve l’écran tactile central de 15,6 pouces qui donne accès à toutes les commandes du véhicule, depuis les réglages de l’affichage tête-haute à la climatisation, en passant par le pilotage manuel du préconditionnement de la batterie ou du système de conduite X-Pilot. À ce sujet, il est à noter que la Xpeng P7+ repose sur la plateforme SEPA 3.0 de la marque chinoise. Ce qui signifie qu’elle disposera d’une suite de caméras et capteurs (26 éléments matériels) et des nouvelles puces IA Turing, capables de 750 TOPS. Pour mettre en perspective, la précédente mouture était équipée de puces Nvidia Orin-X de 254 TOPS. Reste à savoir à quel moment le système de conduite semi-autonome NGP de niveau 2++ équivalent au FSD de Tesla sera disponible chez nous.

Des puissances de recharge records

Cette nouvelle plateforme permet à la berline de récupérer les dernières évolutions des trains roulants. Elle se passe des roues arrière directrices pour le moment disponibles avec le monospace X9, mais adopte un train avant à double triangulation et un train arrière multibras. Une suspension adaptative DCC est également au programme.

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Trois versions différentes seront proposées, avec deux choix de batteries 5C et deux configurations mécaniques différentes. Le catalogue s’ouvrira avec la version RWD SR équipée d’un accumulateur LFP de 61,7 kWh de capacité brute, branché à une machine synchrone à aimant permanent capable de délivrer un maximum de 180 kW (245 ch) pour 450 Nm. Le 0-100 km/h est donné pour 6,9 s. Toujours avec un seul bloc arrière, mais d’un maximum de 230 kW (313 ch) pour 450 Nm (0-100 km/h en 6,2 s), la version RWD LR embarque une batterie LFP de 74,9 kWh. Cette dernière se retrouve avec la déclinaison Performance, alors dotée d’une paire de machines électriques pour un total de 370 kW (530 ch) et 670 Nm (220+450 Nm). Dans tous les cas, la berline pourra tracter jusqu’à 1 500 kg.

Selon le cycle WLTP, ces versions promettent 455, 530 et 500 km respectivement. Soit des valeurs bien en retrait des ténors de la catégorie : une BMW i5 eDrive40, désormais équipée d’un onduleur SiC, annonce un maximum de 626 km, alors qu’une Volkswagen ID.7 Pro S culmine à 702 km ! En cause ? Une batterie d’une capacité brute inférieure de 15 kWh en moyenne et des consommations plus élevées par rapport aux concurrentes citées. La plus sobre des XPeng P7+ revendique un appétit de 15,2 kWh/100 km, quand une BMW i5 eDrive40 gravite autour de 14,7 kWh/100 km. La Volkswagen ID.7 Pro S affiche un appétit de 13,7 kWh/100 km selon la norme WLTP.

En revanche, la Xpeng P7+ prend le large avec ses technologies et son architecture dite 800 V, lui permettant de faire le plein à la vitesse de l’éclair. Alors que la batterie d’entrée de gamme promet déjà un pic de 350 kW à faire rougir ses concurrentes, la batterie Long Range promet un maximum de 446 kW. Dans les deux cas, le 10-80 % ne réclame que 12 minutes. Une performance déjà vérifiée par nos services avec le Xpeng G6, et de surcroît réalisable très facilement. La recharge en courant alternatif sera confiée à un chargeur AC de 11 kW, capable de la fonction V2L d’une puissance de 3,3 kW.

RWD Standard Range RWD Long RangeAWD Performance
Capacité brute (en kWh)61,774,9
Puiss. totale (en ch/kW)245 / 180313 / 230503 / 370
Couple total (en Nm)450670 (220+450)
0-100 km/h (en sec.)6,96,24,3
Vitesse maximale (en km/h)200
Autonomie WLTP (en km)455530500
Conso. WLTP (en kWh/100 km)15,216,417,4
Puiss. recharge DC (en kW)350446
Fiches techniques Xpeng P7+

La Xpeng P7+ peut-elle séduire ?

La Xpeng P7+ s’attaque à un segment qui n’est pas très en vogue sur le Vieux Continent. Mais elle arrive toutefois avec de nombreux arguments pour séduire la clientèle professionnelle visée avec une qualité de fabrication apparente impeccable, une dotation complète et différents aspects pratiques qui sauront séduire les taxis et VTC. Surtout, elle pose sur la table ses cartes fétiches : des batteries 5C capables de faire des recharges une simple formalité. Voilà qui devrait compenser l’autonomie, suffisante dans l’absolu mais en retrait des concurrentes.

Par ailleurs, la routière chinoise devrait néanmoins faire pencher la balance en sa faveur grâce à sa grille tarifaire plus avantageuse. La version d’entrée de gamme démarre au prix de 45 990 €. La déclinaison RWD Long Range, qui devrait représenter la majorité des ventes, réclamera un chèque de 49 990 €. Enfin, la version Performance culminera au tarif de 53 990 €. Pour mettre en perspective, une Volkswagen ID.7, pourtant l’une des plus abordables routières électriques, débute au prix de 58 290 € en version Pro (77 kWh/612 km WLTP) ! Une BMW i5, à laquelle il faudra ajouter une multitude d’options, est affichée à partir de 78 300 €.

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