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Au moment de voyager, l’efficience et la puissance de recharge rapide permettent d’écourter les temps de trajet. Voici notre palmarès.
Comme le veut le vieil adage, rien ne sert de courir, il faut partir à point. Cela dit, de nombreux conducteurs veulent faire des voyages en voiture électrique une formalité. Mais, pour y parvenir, l’autonomie n’est pas le seul critère à retenir. Encore faut-il pouvoir en récupérer le plus rapidement possible grâce à des performances de recharge rapide en haut du tableau. Un ratio qu’il n’est pas toujours facile à déterminer à la seule lecture des fiches techniques. Pour les départager, nous mettons les protagonistes face au chrono sur un parcours type autoroutier de 500 km tout rond, entre le sud de Lyon et la Porte d’Orléans à Paris. Voici notre palmarès.
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Dans tous les cas, nous roulons exclusivement aux limitations de vitesse (115 km/h de moyenne à l’arrivée). Nous ajoutons ensuite les temps de recharge, et un forfait arbitraire de quatre minutes par pause recharge (ralentissement, évolutions sur l’aire, manipulations du câble…). Bien sûr, précisons une nouvelle fois que nous nous amusons avec les petits chiffres pour établir une hiérarchie, mais que les temps indiqués sont à relativiser : aucun conducteur n’est à dix minutes près au bout d’un voyage qui demande 4 h 20 de roulage.
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Supertests Automobile Propre : voici comment se déroulent nos mesures !Enfin, nous visons un taux de charge restant de près de 20 % à l’arrivée. Cette exigence de notre protocole est souvent soumise au débat, certains estimant qu’il est plus convenable de raisonner en autonomie mixte restante. Cependant, avec les règles des arrondis, cela correspond généralement à un taux de charge de 10 %. La différence en matière de temps de trajet ne change pas vraiment la hiérarchie. Aussi, certains estiment que les 500 km ne sont pas suffisamment discriminatoires. À raison. Cependant, précisons qu’après plusieurs essais sur 1 000 km, il nous est impossible de garantir une homogénéité des conditions d’une voiture à l’autre.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, soulignons que le temps de voyage moyen des 80 véhicules mesurés à ce jour est de 5 h 07, soit une vitesse moyenne finale de 97,7 km/h. Cela représente donc en moyenne 47 minutes de plus que le seul temps de roulage de 4 h 20 sur ce parcours de 500 km, ou 42 minutes d’immobilisation devant les bornes. Voilà qui donne une vision assez globale du marché, avec toutefois de grandes disparités.
De manière générale, ce sont les voitures dotées d’une architecture dite 800 V qui permettent d’aller le plus vite. Disposant de grandes batteries offrant une autonomie confortable et de très fortes puissances de recharge rapide, elles affichent en moyenne un temps de voyage de 4 h 38 (107,9 km/h), ou 14 minutes de recharge en moyenne.
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Voitures électriques : de quoi est faite une architecture 800 V et à quoi sert-elle ?À l’autre bout du spectre se trouvent essentiellement des citadines et autres SUV urbains. La raison est là aussi évidente, avec des autonomies réduites sur autoroute et des temps de recharge rapide bien plus longs. Parmi les 20 voitures qui demandent plus de 5 h 20, 15 modèles appartiennent à la catégorie des moins de 4,10 m.
Comme nous l’avons vu, l’autonomie seule ne garantit pas de voyager le plus rapidement. Le temps de recharge est aussi à prendre en compte. Cependant, notons que les voitures capables de voyager en 4 h 45 et moins affichent une valeur homologuée de 610 km, ou de 390 km d’autonomie réelle calculée sur autoroute. Les voitures qui demandent 5 h 20 et plus présentent un rayon d’action WLTP moyen de 395 km, ou de 230 km sur autoroute. Enfin, pour voyager en moins de 5 h 07 (moyenne de nos mesures), il faut viser des voitures avec au moins 570 km WLTP, ou 360 km sur autoroute. Encore une fois, il ne s’agit que de généralités pour avoir un rapide aperçu des capacités d’une voiture électrique à la seule lecture de sa fiche technique.
On retrouve sur le podium les Mercedes CLA 250+ (4 h 28), Porsche Taycan Propulsion (4 h 29) et la Lucid Air Grand Touring (4 h 30). À noter que si nous avons observé une recharge pour respecter notre protocole, ces trois voitures sont les seules à pouvoir théoriquement boucler ces 500 km d’une traite, en arrivant avec une jauge de batterie dans le rouge. Avec des temps de 4 h 35, l’Audi A6 Avant e-tron, la Smart #5 et le XPeng G6 restylé sont ex aequo.
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Voyage en voiture électrique : pourquoi la recharge en moins de dix minutes ne vous servira à rien ?Ce sont principalement les voitures dotées d’une architecture 800 V qui permettent de voyager le plus rapidement. Cependant, il n’est pas rare de voir des voitures 400 V s’inviter dans ce club très fermé. Grâce à leur efficience et leur autonomie considérables, les DS Numéro 8 (4 h 37) et Tesla Model 3 Grande Autonomie (4 h 39) parviennent à faire aussi bien que les meilleures voitures électriques du marché.
| Modèle | Capacité batterie (en kWh) | Autonomie WLTP (en km) | Autonomie autoroute (en km) | Temps de voyage |
| Mercedes CLA 250+ | 85 | 746 | 490 | 4 h 28 |
| Lucid Air GT | 112 | 785 | 525 | 4 h 30 |
| XPeng G6 MY25 | 81 | 510 | 345 | 4 h 36 |
| DS Numéro 8 LR | 97 | 750 | 475 | 4 h 37 |
| Tesla Model Y LR | 75 | 586 | 380 | 4 h 43 |
| Kia EV4 LR | 81 | 584 | 370 | 4 h 45 |
| BYD Seal | 82 | 570 | 370 | 4 h 50 |
Même chose en ce qui concerne la Kia EV4 Long Range. Malgré sa modeste puissance de recharge de 130 kW sur le papier, la compacte réussit à rallier les deux grandes villes en 4 h 45. Elle fait aussi bien que le Kia EV9, et parvient même à arriver avant la Kia EV6 RWD avant restylage, dotée d’une batterie de 77 kWh.
Le deuxième tiers des voitures analysées correspond à des temps de voyage compris entre 4 h 50 et 5 h 20, avec une moyenne autour de 5 h 00. C’est le temps que peuvent faire la majorité des voitures familiales dotées d’une grosse batterie. On y retrouve par exemple l’Alpine A390 GT (4 h 54), le Kia EV3 (4 h 56), ou le Renault Scenic E-Tech (4 h 58). Notons ici la belle performance du MG S5 EV, qui émarge à 5 h 01 malgré sa batterie de 62 kWh. Il réclame alors autant de temps qu’une MG 4 77 kWh, qui dispose de plus d’autonomie mais qui ne se recharge pas aussi efficacement. Reste que le SUV chinois s’incline devant le Tesla Model Y Propulsion (4 h 50) malgré sa batterie de 63 kWh « seulement ».
| Modèle | Capacité batterie (en kWh) | Autonomie WLTP (en km) | Autonomie autoroute (en km) | Temps de voyage |
| Skoda Elroq 85 | 77 | 544 | 330 | 4 h 53 |
| Kia EV3 LR | 81 | 563 | 340 | 4 h 56 |
| MG 4 LR | 74 | 520 | 310 | 5 h 00 |
| Smart #3 Brabus | 62 | 415 | 250 | 5 h 12 |
| Volvo EX30 Single | 65 | 474 | 260 | 5 h 15 |
| Peugeot e-208 GT | 51 | 430 | 250 | 5 h 16 |
| VW ID.3 Pro | 58 | 419 | 270 | 5 h 20 |
A contrario, le Peugeot e-3008 déçoit en raison de sa faible puissance de recharge rapide, qui ne compense pas suffisamment son efficience. Avec 5 h 11 pour boucler le trajet, il ne creuse pas l’écart avec sa petite sœur la Peugeot e-308 (5 h 13), qui affiche pourtant une fiche technique moins fournie : 413 km d’autonomie WLTP au moment de notre essai contre 531 km pour le e-3008, et un pic de recharge de 100 kW contre 160 kW pour le SUV. Une preuve, si besoin est, que les chiffres communiqués ne sont pas toujours représentatifs.
Enfin, le bas du classement est essentiellement occupé par des citadines. Avec un temps de trajet de 5 h 26, la Hyundai Inster est l’une des meilleures d’entre elles, et devance de quelques minutes seulement la Renault 5 E-Tech. Au-delà des 5 h 40, on retrouve des voitures qui n’affichent pas des performances de recharge à la hauteur, et qui ont pu souffrir de montées en température bridant les puissances de recharge au fur et à mesure qu’elles se multiplient. On pense notamment à la BYD Dolphin (5 h 47), au Honda e:Ny1 (5 h 53) ou au BYD Atto 3 (5 h 56)… ou à la dernière Renault Twingo e-Tech, mais on aura l’occasion d’en reparler. Si le BYD Atto 2 a été épargné par ce phénomène, sa chaîne de traction ne lui permet pas de faire moins de 6 h 05, soit presque autant que la Leapmotor T03 (6 h 08). Mais cette version vient de quitter le catalogue pour une finition Comfort plus polyvalente (604 km WLTP, 155 kW en pic). Enfin, la Renault Twingo e-Tech ferme la marche avec un temps d’au moins 6 h 25 !
| Modèle | Capacité batterie (en kWh) | Autonomie WLTP (en km) | Autonomie autoroute (en km) | Temps de voyage |
| BMW iX1 xDrive30 | 65 | 431 | 261 | 5 h 21 |
| Hyundai Inster | 49 | 360 | 237 | 5 h 26 |
| Mercedes G580 EQ | 116 | 455 | 247 | 5 h 28 |
| Renault 4 e-Tech | 52 | 399 | 219 | 5 h 34 |
| Jeep Avenger | 51 | 395 | 221 | 5 h 46 |
| Honda e:Ny1 | 62 | 412 | 239 | 5 h 53 |
| Fiat 500e | 37 | 305 | 165 | 6 h 11 |
Il n’existe aucune règle en matière de pause, et les temps de voyage sont propres à chacun. La fréquence et la durée des arrêts dépendent des capacités physiologiques de chaque individu, ou simplement de leurs envies. Cependant, la Sécurité Routière recommande une pause toutes les deux heures, de 20 à 30 minutes. Sur ce type de trajet, une pause peut être suffisante en pleine journée après une bonne nuit de sommeil. Entre minuit et 6 h 00 du matin, comme c’est notre cas, deux pauses peuvent être nécessaires pour éviter la somnolence au volant.
Sur l’ensemble des voitures analysées, un peu plus d’une dizaine qui n’ont pas été pensées pour tailler la route ont besoin de trois arrêts ou plus, alors qu’une vingtaine de modèles réclament deux arrêts. Pour les autres, un seul ravitaillement est nécessaire. Ces voitures affichent alors au moins 500 km d’autonomie WLTP.
Reste enfin à savoir où se situe le seuil acceptable en matière de temps de trajet qui, comme nous venons de le voir, est une notion très subjective. Cependant, au regard des recommandations officielles et de notre expérience de la route, nous pensons qu’une voiture qui peut boucler ces 500 km en 5 h 00 et moins n’est pas plus pénalisante qu’une voiture thermique. Dans notre base, les voitures qui en sont capables proposent donc en moyenne une autonomie WLTP de 580 km, une batterie de 85 kWh de capacité nette et un 10-80 % en 26 minutes. Du strict point de vue des statistiques, voilà le portrait-robot type d’une voiture électrique qui offre un confort d’utilisation équivalent à une voiture thermique.
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