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Ford se prépare à lancer une grande offensive produits avec cinq nouveaux modèles pour l’Europe, mais les conditions ne sont pas idéales. La firme américaine n’hésite plus à faire connaître son point de vue sur des normes européennes qu’elle considère comme « déconnectées de la réalité ».
Au fil des années, les normes CO2 se sont durcies en Europe. Les marques automobiles doivent désormais respecter des seuils très précis, au risque d’être pénalisées. L’électrification progressive des ventes permet d’aller en ce sens, mais le marché ne s’adapte pas toujours aussi vite que les régulateurs le souhaiteraient.
C’est un peu le reproche formulé par Ford dans une récente déclaration de presse. La firme de Dearborn continue de miser sur l’Europe : cinq nouveaux modèles électriques et hybrides seront dévoilés au cours des trois prochaines années. Mais elle aimerait un peu plus de flexibilité…
Pour Ford, le problème ne réside pas dans l’objectif final, mais dans le rythme imposé par les pouvoirs publics. Le constructeur assure qu’il reste « pleinement engagé dans la transition vers le zéro émission », mais estime que les seuils européens de CO2 ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité du marché. En clair, si les clients ne suivent pas au même rythme que les textes, la contrainte réglementaire risque de produire l’effet inverse de celui recherché… Cela donne lieu à des situations où des automobilistes « se voient obligés de conserver leur ancienne voiture », faute de solution adaptée.
Après 2027, les objectifs de réduction des émissions de CO2 vont se durcir. En toile de fond, il y a la (quasi) fin du thermique en 2035. Pour Ford, cette feuille de route doit être réexaminée à l’aune de plusieurs freins très concrets : le prix des modèles électriques, l’état du réseau de recharge, mais aussi les usages des particuliers et des professionnels.
Le constructeur américain plaide notamment pour une place plus importante accordée aux technologies intermédiaires. Il estime que les hybrides rechargeables (PHEV) et les électriques à prolongateur d’autonomie (EREV) ne devraient pas être considérées comme des solutions de second rang, mais comme des passerelles vers le tout-électrique. Selon Ford, ces motorisations peuvent permettre de « réduire les émissions au quotidien », tout en répondant aux inquiétudes des conducteurs liées à l’autonomie et à la recharge.
Ford élargit aussi le débat à la question du « Made in Europe ». La marque estime que les règles européennes doivent mieux prendre en compte l’organisation réelle des chaînes d’approvisionnement, qui dépassent les frontières de l’Union. Selon l’entreprise du Michigan, la Turquie, le Maroc ou encore le Royaume-Uni jouent un rôle important dans l’écosystème industriel régional. Les exclure trop strictement pourrait « fragiliser la compétitivité européenne et renchérir le coût final des véhicules ».
Derrière cette sortie, on voit bien que Ford défend une transition plus en douceur. Le constructeur ne remet pas en cause les objectifs, mais conteste la méthode. On se souvient que Bruxelles avait déjà accordé des flexibilités aux constructeurs sur les normes CO2. Alors, la Commission acceptera-t-elle encore de d’assouplir sa trajectoire ?
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