AccueilArticlesMenace chinoise : pourquoi ces équipementiers français veulent que l’Europe réagisse

Menace chinoise : pourquoi ces équipementiers français veulent que l’Europe réagisse

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Comment faire en sorte de favoriser davantage les industriels européens dans la production de voitures électriques sur le Vieux continent ? Trois équipementiers français, Valeo, Forvia et OPmobility, pas les plus insignifiants, réclament un quota minimum de contenu local à hauteur de 75 %. Est-ce tenable ?

Nous traversons une phase de recomposition profonde de l’industrie automobile mondiale. Face à la montée en puissance des constructeurs asiatiques et aux politiques industrielles offensives menées aux États-Unis ou en Chine, l’Union européenne cherche à renforcer sa souveraineté industrielle, en particulier sur les technologies liées à l’électrification. Le marché global tel que nous l’avons connu ces dernières années montre ses limites. Chaque grande puissance cherche à gagner en indépendance.

75 % de contenu local dans les voitures électriques ?

Valeo, Forvia et OPmobility, réclament 75 % de « contenu local » dans les voitures électriques fabriquées en Europe. Les trois équipementiers français estiment que l’Europe dispose encore d’un tissu industriel solide, capable de produire une large majorité des composants automobiles, hors batteries. Selon eux, ce socle doit être protégé par des règles claires afin d’éviter que l’assemblage final des véhicules ne se fasse en Europe avec une part croissante de pièces importées, au détriment de l’emploi et des investissements.

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Leur proposition vise avant tout à figer un état de fait. En effet, aujourd’hui environ trois quarts de la valeur des composants d’un véhicule vendu en Europe sont déjà produits sur le Vieux continent. L’idée n’est donc pas de tout reconstruire, mais surtout d’empêcher un recul progressif du contenu industriel européen sous l’effet de la concurrence internationale. Une façon stratégique (et politique) pour Valeo, Forvia et OPmobility de verrouiller leurs commandes pour les années à venir.

Il y a les batteries, mais aussi tout le reste

La question des batteries constitue toutefois un point de friction majeur. Cet élément représente jusqu’à la moitié de la valeur d’une voiture électrique. Et il se trouve que les batteries sont encore largement produites hors d’Europe, malgré l’émergence de quelques usines en France avec Verkor, AESC ou ACC. Les équipementiers plaident ainsi pour un traitement spécifique. Ils ne veulent pas que les constructeurs concentrent leurs efforts uniquement sur la batterie, en négligeant le reste de la chaîne de valeur.

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Mais au sein même de la filière automobile, les positions divergent. Certains constructeurs se disent favorables au principe d’un contenu local minimum, mais défendent des seuils plus bas ou une application moyenne sur l’ensemble des ventes (ce qui revient à inclure les modèles thermiques). Renault, moins ambitieux, plaide par exemple pour un seuil à 60 %. Mais attention, certains fournisseurs mettent en garde contre le risque de freiner l’innovation ou d’alourdir les coûts de production.

Que va faire la Commission ?

Côté institutions, la Commission européenne avance avec prudence. Un taux de contenu local minimum pourrait être introduit dans le cadre de futures règles conditionnant l’accès aux aides publiques, notamment les bonus à l’achat, mais rien n’est fait à ce stade. Au-delà des composants, Bruxelles réfléchit surtout à sécuriser sa chaîne de batteries pour gagner en souveraineté industrielle. Sur ce point, le lobby automobile européen estime qu’il est « illusoire » de bâtir une chaîne 100 % européenne à court terme.

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Nico50kwil y a 3 mois

OK, mais ces équipementiers vont-ils eux-mêmes acheter 75% de leurs composants au sein de l'UE également ? Mon petit doigt me dit que cela ne fait pas partie de leurs revendications 🙂. Il faudrait imposer cela à toute la chaîne de production du plus grand constructeur au plus petit fournisseur. Et aussi travailler sur tous les composants qui ne sont pas achetables au sein de l'UE, faire en sorte qu'ils le soient à terme, afin de ne devoir dépendre de personne. Le monde a changé et il a changé brutalement. C'est capital d'en prendre conscience. Oui cela coûtera plus cher. Mais la dépendance nous coûtera a terme 100 fois plus cher...

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Streetjediil y a 3 mois

Jamais d'autocritique pour les dirigeants, si les équipementiers Européens ne s'étaient pas rués vers "l'eldorado Chinois" au début 2000, a coup de partenariats et transfert de technologie, ils ne seraient pas menacé, maintenant sauf changement de stratégie des constructeurs, la politique du zéro stock, impose une implantation des gros équipementiers à proximité des chaines de production, donc si on produit les voitures en Europe, les composants important le seront également

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Ducatevoil y a 3 mois

Toutes les entreprises et industries Française crient au secours, et particulièrement face à l'ogre Chinois. Le constat est pourtant clair...
Je me souviens il y a moins de 2 ans encore, des articles et autres news à la télé, dirent avec un certain cynisme "vous voyez, l'invasion chinoise tant annoncée et craint n'est pas prêt d'arriver. Regardez les chiffres,,,"
Sauf que 2 ans seulement après, le constat est tout autre. Et tout concourt à voir les parts de marché des constructeurs Chinois augmenter de plus en plus....
Quand ce n'est pas une invasion de multitudes de marques chinoises dont certaines n'étaient même pas connues il y a 1 an, ce sont des marques comme leapmotor qui rentrent carrément part la grande porte grâce, ou plutôt à cause, de stellantis qui a vendu son âme au diable pour toujours plus de pognon et tant pis pour les conséquences !!! Honteux...
Dans tout ça, que fait l'UE, censée protéger l'Europe, protéger les entreprises de la bérézina !!!
Cette naïveté, ce laxisme auront des conséquences dramatiques si rien n'est fait.
Ce signal d'alarme des entreprises elles mêmes, n'est pas anodin....
Au lieu d'aller chercher des accords avec le Mercosur, et l'encre de la signature à peine sèche que déjà Von Der Leyen est déjà en Inde pour continuer à sabrer l'Europe, cette UE ferait bien de s'occuper de ce qu'il se passe chez elle !!!
On marche sur la tête. On continue à creuser toujours plus... Cette mondialisation effrénée ne sert que les intérêts de certains et plongent tous les autres dans le chaos....
Et les consommateurs qui ne regardent pas plus loin que le bout de leur nez....
On va laisser un champ de ruines à nos enfants.... Dramatiquement Dramatique...

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