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Mi-décembre 2025, la Commission européenne a fait le choix de revenir sur ses engagements à horizon 2035. Bruxelles ne vise plus 100 % de réduction des émissions de CO2, mais 90 %. Alors, qu’est-ce que cela va changer concrètement pour la progression de la voiture électrique sur le Vieux continent ?
Les annonces récentes de la Commission européenne ont marqué un tournant dans la politique climatique de l’Europe. En ramenant l’objectif de réduction des émissions de CO2 pour 2035 de 100 à 90 %, Bruxelles ouvre la porte à la vente de véhicules hybrides et thermiques au-delà de cette date. Concrètement, cela signifie qu’une proportion non négligeable de voitures à essence ou diesel pourrait continuer à être vendue, alors que jusqu’ici, la logique de la réglementation visait à interdire toute motorisation à combustion. Pour les constructeurs, ce revirement crée une marge de manœuvre et réduit la pression sur l’électrification de leurs gammes.
Cette flexibilité accordée va très probablement avoir un impact direct sur les ventes de véhicules électriques. Selon une récente analyse publiée par Transport & Environment (T&E), la part du tout-électrique dans les ventes pourrait passer de 100 % à 85 % en 2035. Une baisse qui résulte assez logiquement des nouvelles options offertes aux constructeurs, notamment l’utilisation de carburants alternatifs et d’acier à faible teneur en carbone pour compenser une partie des émissions. En d’autres termes, la transition vers le 100 % électrique se ferait plus lentement, et la proportion de voitures thermiques ou hybrides sur les routes européennes pourrait rester significative.
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Le monde n’a jamais été aussi favorable à la voiture électriqueSans oublier que l’objectif intermédiaire pour 2030 est également assoupli. Sur le même principe que les flexibilités accordées pour les normes CAFE, la Commission propose de calculer la moyenne des émissions sur trois ans (2030-2032), plutôt que sur une seule année. Comme vous pouvez le voir sur ce graphique, cette mesure pourrait faire tomber la part des électriques en 2030 de 57 à 47 %. Une période critique pour la transition électrique qui risque donc d’être marquée par un ralentissement des ventes de voitures propres. Au-delà du nombre d’immatriculations, ce changement de cap pourrait aussi retarder les économies d’échelle nécessaires à la compétitivité des véhicules électriques.

Les mécanismes de crédits et de super-crédits posent également des questions. Les crédits liés aux carburants alternatifs pourraient détourner des volumes limités de biocarburants durables d’autres secteurs, comme l’aviation. Quant aux super-crédits pour les petites voitures électriques, si l’initiative est bonne, les résultats pourraient être trompeurs. En effet, Bruxelles a décidé de les avantager dans le calcul du bilan carbone en comptant pour 1,3 au lieu de 1 voiture. Les analystes de T&E estiment que ces flexibilités risquent de créer des résultats en apparence conformes sur le papier, sans accélérer réellement l’électrification du parc automobile.
Sur le plan environnemental, les conséquences risquent donc d’être importantes. Si toutes les flexibilités sont approuvées, le parc automobile européen pourrait émettre jusqu’à 720 millions de tonnes supplémentaires de CO2 entre 2025 et 2050, soit une hausse de 10 % par rapport au scénario initial.

Concrètement, ce petit assouplissement (en apparence) accordé par Bruxelles à horizon 2035 se traduirait par 23 millions de voitures thermiques supplémentaires sur les routes européennes d’ici 2050. C’est loin d’être anodin ! Enfin, ce recul réglementaire pourrait aussi ralentir l’investissement dans les technologies propres et la compétitivité de l’Union européenne face à des pays comme la Chine déjà très en avance sur le marché des véhicules électriques. « En ralentissant l’électrification, la Commission risque d’aggraver l’accessibilité financière, d’augmenter la demande énergétique et l’exposition aux importations de carburants, et de nuire à la compétitivité industrielle de l’Europe ».
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Cet assouplissement est une honte. Tout comme les achat de crédits CO2.
Tu pollues, tu payes. Tu construit des voitures (plus) polluantes, tu payes également.
Les Constructeurs ont eu plus de 10 ans pour se préparer à cette échéance et ils viennent pleurnicher comme un enfant la veille d'un contrôle.
En espérant qd même que les normes demandées pour faire du thermique en 2035 le rendent peu compétitif et donc pas intéressant.
Et quand les voitures auront 4 à 500 km d'autonomie sur autoroute (ce qui est déjà le cas pour certaines) avec une recharge en 15 minutes, les gens se tourneront naturellement vers l'Electric et ne se poseront plus de questions.
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L’Europe n’a pas pris le problème dans le bon sens. Imposer une date butoir pour la fin des VT à été une erreur, il fallait laisser faire la libre concurrence sans surtaxes protectionnistes, même si la Chine faites du dumpings, les BVE chinois aux tarifs imbattables auraient été une armes concurrentielles bien plus efficaces que des interdictions et nos constructeurs européens se seraient activés en voyant leurs parts de marchés s’éroder.
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Ce qui est fabuleux, c’est que les anti VE et autres climato sceptiques se sentent des ailes pousser…
Alors qu’en définitive ça ne change rien…
Qui va acheter une citadine thermique avec un malus de 4000 € en 2035 ?…🤣
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