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Tesla déploie son IA de conduite en Europe, Stellantis signe avec Microsoft : le grand écart

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Stellantis et Microsoft collaborent sur l’IA, le cloud et la cybersécurité pour moderniser l’automobile
Un partenariat de 5 ans pour déployer l’IA, renforcer la cybersécurité et moderniser le cloud. © Stellantis

Stellantis signe avec Microsoft un partenariat de cinq ans autour de l’IA, du cloud et de la cybersécurité : plus de 100 projets, 20 000 licences Copilot et une réduction de 60 % des data centers d’ici 2029. Un virage massif qui tombe au moment où Tesla homologue son FSD en Europe – et qui interroge, alors que Stellantis travaille déjà avec Mistral AI depuis 18 mois.

Stellantis prolonge son virage numérique avec Microsoft, dans une collaboration de cinq ans qui touche à la fois les ventes, le service client, les véhicules connectés et les outils internes. Le constructeur parle d’un déploiement à grande échelle, avec un objectif clair : accélérer ses usages de l’IA sans attendre qu’ils restent confinés aux laboratoires. Pour replacer cette annonce dans la stratégie du groupe, on peut aussi lire notre dossier sur l’IA dans l’automobile au CES 2026.

L’annonce ne porte pas sur une nouvelle voiture ni sur une évolution visible pour le conducteur dès demain. Elle dit surtout quelque chose de la manière dont Stellantis veut faire fonctionner son écosystème numérique, avec plus de données, plus d’automatisation et davantage d’outils pour ses équipes. Le groupe entend aussi sécuriser cet ensemble, alors que les véhicules connectés multiplient les points d’entrée potentiels.

Plus de 100 projets d’IA co-développés avec Microsoft

Les deux entreprises vont co-développer plus de 100 initiatives d’intelligence artificielle dans les ventes, le service client et les opérations. Stellantis cite aussi le développement produit, la maintenance prédictive, les tests avancés et le déploiement plus rapide de nouvelles fonctions numériques.

Le constructeur veut appliquer ces outils à plusieurs marques et à plusieurs métiers en même temps, ce qui explique l’intérêt d’un accord avec un acteur du cloud déjà bien implanté dans l’entreprise. Ned Curic, directeur de l’ingénierie et de la technologie, résume l’idée en affirmant : « Nous avons été parmi les premiers à adopter l’IA dans toute l’entreprise ». Concrètement, Stellantis cite déjà des exemples pour Peugeot, avec des recommandations de conduite en ville, des analyses prédictives sur l’état du véhicule et des mises à jour logicielles.

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Cyberdéfense pilotée par l’IA et modernisation cloud sur Azure

La collaboration prévoit aussi un centre mondial de cyberdéfense piloté par l’IA. Il couvrira les systèmes informatiques, les véhicules connectés, les sites de production et les outils numériques, avec l’objectif d’anticiper plus vite les menaces et de mieux protéger les données clients et les services embarqués.

Sur le volet informatique, Stellantis modernise son infrastructure avec Microsoft Azure et vise une réduction de 60 % de l’empreinte de ses data centers d’ici 2029. Le constructeur veut ainsi gagner en agilité et en continuité de service, alors que le numérique pèse de plus en plus dans l’usage quotidien d’une voiture. Dans le même esprit, Stellantis multiplie les coopérations autour des données et des usages connectés, comme avec Mobilisights et les données des véhicules connectés.

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Le groupe équipe enfin ses salariés d’outils d’IA, avec un accès généralisé à Copilot Chat et un premier lot de 20 000 licences Microsoft 365 Copilot pour certains métiers. L’enjeu n’est pas seulement technique : Stellantis veut aussi industrialiser l’usage de ces outils en interne, dans la production comme dans la chaîne logistique.

Un virage tardif, six ans après Tesla

L’annonce tombe à un moment révélateur. Quelques jours plus tôt, le FSD supervisé de Tesla décrochait son homologation européenne aux Pays-Bas, premier jalon d’un déploiement qui vise la Belgique et l’Allemagne à l’été 2026, puis potentiellement l’ensemble de l’UE à l’automne. En France, l’UTAC temporise, officiellement pour valider l’exemption néerlandaise — officieusement, difficile de ne pas y voir un réflexe protecteur envers les constructeurs nationaux, qui n’ont à ce jour rien d’équivalent à opposer.

Or le FSD, c’est fondamentalement ça : de l’intelligence artificielle entraînée sur des milliards de kilomètres, du machine learning appliqué à la vision et au contexte routier, exactement le terrain sur lequel Stellantis dit aujourd’hui vouloir accélérer. Tesla travaille son IA de conduite depuis 2020, a essuyé les plâtres, multiplié les versions — la 14.3 vient encore de gagner 20 % de temps de réaction — et il lui aura fallu près de six ans pour arriver à un système jugé suffisamment mûr pour franchir le filtre réglementaire européen. Pendant ce temps, Stellantis a suspendu à l’été 2025 son propre programme AutoDrive de niveau 3, officiellement par manque de demande, officieusement pour des raisons de coûts et de maturité technique. Quand Ned Curic affirme que Stellantis a été « parmi les premiers à adopter l’IA dans toute l’entreprise », on peut légitimement se demander où était le groupe pendant que Tesla accumulait ce capital de données et d’apprentissage.

Copilot plutôt que Mistral : un choix qui interroge

Reste la question du partenaire choisi. Moderniser l’infrastructure sur Azure est cohérent avec un écosystème Microsoft déjà en place. Miser sur Copilot pour équiper 20 000 collaborateurs en IA quotidienne l’est moins, dès qu’on regarde ce que Copilot est réellement en 2026 : une surcouche Microsoft posée sur les modèles GPT d’OpenAI, à laquelle l’éditeur a dû ajouter les modèles Claude d’Anthropic dans Copilot Studio pour combler les lacunes de l’offre initiale. L’ensemble fonctionne, mais la solution n’a ni la flexibilité de ChatGPT utilisé directement, ni la position de leader sur les benchmarks les plus exigeants, où la compétition entre OpenAI, Anthropic et Google s’est resserrée ces derniers mois.

Surtout, Stellantis travaille depuis 18 mois avec Mistral AI, partenariat passé à l’échelle entreprise en octobre 2025 avec la création d’un Innovation Lab commun — assistant embarqué, workflows d’ingénierie, analyse de nomenclature. Avoir sous la main une IA française, déployable jusqu’en edge computing, avec un argument de souveraineté des données qui commence à peser dans les contrats publics européens, et choisir Copilot pour l’usage interne quotidien, c’est un arbitrage qu’on aurait aimé voir davantage étayé. Le choix n’est pas mauvais, il est surtout prudent — et dans une industrie où le retard se compte désormais en années d’apprentissage, la prudence a un coût.

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Valric31il y a 35 minutes

Microsoft, vraiment ?
Bon alors que Stellantis ne vienne plus se référer à une quelconque préférence nationale…
Et de toute façon il font déjà payer une blinde pour le plus basique des service en ligne, enfin quand ça marche…
Stellantis out. Dommage, ou pas d’ailleurs.

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