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Après une carrière de commercial en matériel agricole, Edwin Chaté a fondé en 2021 la société Win Air basée au Pian-Médoc en Gironde. Dans le cadre de son activité d’artisan dans le bâtiment, il a fait le choix du fourgon électrique Mercedes eVito. Et ce, essentiellement pour des raisons économiques. Quel est son retour après 60 000 km et presque trois ans d’utilisation ?
Lorsqu’il a été lancé fin 2018, le Mercedes eVito n’était crédité que d’une assez chiche autonomie de 150 km en cycle mixte WLTP. En cause, une batterie d’une capacité énergétique de 41,4 kWh dont 35 exploitables. Fin 2021, cet utilitaire a adopté un pack 66 kWh pour 60 utiles, tout en conservant le moteur de 85 kW (116 ch) dont 70 (95) en continu, capable de développer un couple jusqu’à 343 Nm.
Avec la nouvelle dotation, l’autonomie était annoncée jusque 314 km (230 l’hiver)… à condition de ne pas vouloir flirter avec les 120 km/h de vitesse de pointe. Ce nouveau modèle a également bénéficié d’améliorations pour la régénération de sa batterie, avec un chargeur AC embarqué qui est passé de 7,4 à 11 kW, et l’adoption de la recharge DC à 50 kW via connecteur Combo CCS.
Jouant sur certains de ces chiffres, une version longue de 5,37 m côtoie celle à 5,14 m, avec une charge utile respective de 833 ou 868 kg. Mis en circulation en 2022, l’exemplaire choisi par Edwin Chaté est donc de cette deuxième génération. Depuis, le Mercedes eVito a connu quelques nouvelles évolutions qui lui permettent de figurer en bonne place sur son segment.
En 2023, Edwin n’a pas hésité très longtemps à adopter un fourgon électrique : « À ce moment-là, le prix du litre de gazole tournait autour des deux euros dans mon secteur. J’avais depuis environ trois ans un Vito diesel de 2007. La concession Mercedes de Bordeaux m’a permis d’essayer son équivalent électrique eVito pendant une semaine. Pour mon activité, je me suis rendu compte que je pouvais l’utiliser exactement de la même façon que mon fourgon thermique ».
Un autre modèle a été un temps envisagé : « J’étais allé chez Opel voir ce que l’on pouvait me proposer, mais je n’ai pas été aussi bien reçu que chez Mercedes. Les commerciaux n’avaient pas le temps de me recevoir et la concession n’avait pas de modèle d’essai pour le Vivaro-e. Je savais qu’il existait aussi le Citroën ë-Jumpy et le Peugeot e-Expert, mais la différence de prix n’était pas énorme avec le eVito et j’avais envie de rester chez Mercedes ».
L’artisan a pris un exemplaire de démonstration avec 1 000 km au compteur environ : « En profitant des diverses aides pour un montant de près de 10 000 euros TTC, j’ai pu obtenir mon eVito à 38 000 euros HT. Concernant la prime à la conversion, j’ai emmené moi-même dans une casse du secteur un vieux diesel contre un certificat de destruction. Je me suis ensuite occupé personnellement du dossier, et j’ai reçu la prime environ un mois après ».
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Avec la livraison de son Mercedes eVito, Edwin a connu de suite son premier long trajet en véhicule électrique. Un nouveau challenge pour lui, comme il aime les relever : « Ce fourgon a été mon premier véhicule électrique. Je l’ai ramené de Reims, à un peu plus de 700 km de chez moi. Comme j’avais lu des témoignages d’automobilistes qui parcouraient sans problème cette distance avec une voiture électrique, je n’étais pas inquiet. Et j’avais aussi confiance en la marque ».
L’artisan avait tout de même bien préparé son déplacement : « Le trajet comprenait environ la moitié d’autoroute où j’ai trouvé la recharge assez chère. Comment amortir ainsi le surcoût d’un VE par rapport à un VT ? Avant de partir, j’avais commandé le badge Chargemap que j’ai reçu au bout d’une semaine. J’ai aussi téléchargé l’application associée ainsi que celle de Tesla qui faisait l’objet d’une offre combinée. Avec cela, je savais où trouver des bornes de recharge sur mon passage ».
Le retour en Gironde s’est bien passé : « Je me suis arrêté quatre fois pour recharger, après 150 à 180 km de route afin de ne pas vider la batterie. Là où ça a été délicat pour la recharge, c’est dans le centre de la France. Maintenant, je n’ai plus besoin d’effectuer d’aussi grandes distances. Par les températures que nous avons actuellement le matin, entre 9 et 15 ° C, l’autonomie affichée est de 260 km. Si je mets du chauffage, elle descend aux alentours des 200 ».
Edwin est artisan dans le secteur du bâtiment : « Je fais de l’installation et de l’entretien de systèmes de climatisation, des dépannages, de la plomberie sur du neuf ou de la rénovation, des sanitaires, etc. J’ai un dépôt chez moi. Quand je me déplace, j’ai un outillage commun, mais j’embarque en plus ce qu’il me faut en fonction de ce sur quoi je dois intervenir. Le matin, ça peut être des éléments de climatisation, et l’après-midi du matériel de plomberie ».
Les déplacements de notre lecteur se limitent le plus souvent à quelques secteurs : « Je me sers tous les jours de l’eVito, intervenant essentiellement autour de Bordeaux. Je peux aller jusqu’à la pointe du Médoc, sur le bassin d’Arcachon, ce jeudi je vais à Soulac. Je ne dépasse en général pas une heure et quart ou demie de route depuis le siège de mon entreprise ».
Parfois, je me déplace un peu plus loin : « J’ai travaillé sur un chantier à Dax [NDLR : Un peu plus de 160 km pour environ deux heures de route]. J’ai branché mon fourgon entre 12h00 et 14h00 sur une borne de grande surface. Ce qui ne m’arrive pas souvent. En profitant du tarif des heures creuses, d’ordinaire je recharge chez moi sur une borne à la puissance réglable ».
C’est à l’usage que l’on affine les scénarios de recharge : « Au début, j’avais réglé à 7,6 kW, mais j’ai descendu à 5,5 pour deux raisons. Tout d’abord parce que la recharge s’arrêtait tôt dans la nuit, vers minuit ou 1 h 00 du matin. Maintenant ça va jusque 3 h 00 et même parfois au-delà. Je voulais aussi éviter de faire disjoncter mon installation électrique quand le four est allumé et que des machines tournent. Ou alors il faudrait que je change mon abonnement de 9 kVA pour une puissance supérieure ».
L’été prochain, le Mercedes eVito sera chez Win Air depuis trois ans : « Que ce soit sur l’ancien diesel ou le eVito, je suis content du confort, du châssis et de la fiabilité. Avec l’électrique, on a le silence en plus et une conduite plus agréable sans avoir à passer les vitesses. Et, surtout, c’est beaucoup moins coûteux en énergie. La taille de cet utilitaire me convient parfaitement. Plus gros, il serait plus difficile à garer à Bordeaux et consommerait davantage. Mais s’il était plus petit, je n’aurais pas assez de volume pour embarquer mon matériel ».
Edwin attendait aussi son Mercedes eVito au tournant de la rentabilité : « Vu l’investissement de départ, il faut faire entre 20 000 et 25 000 km au minimum par an pour le rentabiliser. Avec mon fourgon, c’est bon, la rentabilité est atteinte. Mais ça ne serait pas le cas pour notre voiture personnelle que je ne compte pas pour l’instant remplacer par une électrique. À l’année, avec elle, je ne dépasse pas de beaucoup les 10 000 km. Notre ancienne voiture fait très bien le taf ».
Pour un artisan, avoir des véhicules professionnels électriques peut faire partie de la carte de visite : « Je ne le ressens pas particulièrement pour mon entreprise. Mes clients sont d’abord sensibles à la qualité des installations que je réalise. Certains ont tout de même montré de la curiosité en me voyant arriver avec un utilitaire électrique ».
Edwin a, en revanche, rencontré davantage d’incrédulité chez les autres artisans : « Ils sont rares dans mon secteur à avoir un utilitaire électrique. La plupart des questions posées par les collègues tournent autour de la rentabilité économique et de l’autonomie. Ils m’ont demandé si j’avais assez sur une charge pour rejoindre les chantiers sur lesquels j’interviens. Ils sont beaucoup à être perplexes, et même à avoir un peu peur de tomber en panne ».
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Vous utilisez un fourgon électrique au quotidien ? Racontez-nous votre réalité de terrain !Le mode de conduite préféré d’Edwin pour son eVito est le D Auto. C’est le choix de l’efficience et d’une conduite souple, selon Mercedes. Le constructeur explique que cette sélection exploite les informations des assistants de sécurité pour moduler « l’intensité de récupération en fonction de la situation, en temps réel ». Ce que notre lecteur apprécie, en particulier, « c’est que le fourgon s’adapte à la circulation et freine à ma place quand il se rapproche d’un autre véhicule ».
Après 60 000 km parcourus, Edwin ne compte pas se séparer de sitôt de son Mercedes eVito : « J’en suis vraiment satisfait. Peut-être que je vais le garder encore quatre ans. Ensuite, je reprendrai très certainement un électrique. L’autonomie n’a pas diminué à ce jour. Je reprocherais peut-être un rayon de braquage que je trouve un peu moins bon que sur mon ancien diesel. En ville, j’ai besoin d’un véhicule vraiment maniable ».
Un petit point d’incompréhension concernant l’électrique : « Je ne comprends pas pourquoi ces modèles sont plus chers que leurs équivalents thermiques alors qu’il y a moins de pièces en mouvement et pas de système de dépollution. On nous dit que c’est à cause des batteries qui coûtent chers, mais je trouve quand même ça un peu bizarre ».
Une appréciation qu’il modère rapidement derrière : « Si on s’y retrouve sur la consommation au quotidien, ça va. Les modèles thermiques commencent à devenir chers aussi, ils ont fortement augmenté ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Edwin pour sa réactivité, son excellent accueil, et le temps pris à nous livrer son témoignage proposé à la suite de notre appel à retours d’expérience sur les utilitaires.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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