AccueilArticlesTémoignage : pour Philippe, son XPeng G9 est loin devant le premium allemand

Témoignage : pour Philippe, son XPeng G9 est loin devant le premium allemand

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Le XPeng G9 de Philippe
Le XPeng G9 de Philippe

Parmi les marques chinoises qui ont débarqué en France, XPeng semble être devenue l’une, voire la préférée des électromobilistes français ouverts à ces productions. Ils mettent en avant que ses voitures électriques sont confortables, très bien équipées et présentant une finition bien au-dessus de la moyenne. Il n’y aurait plus que du côté des aides à la conduite que ça pèche un peu. Chez Philippe, le G9 s’est imposé face à une concurrence qui peine à tenir la route.

Vague des VE chinois arrivés jusqu’en France

Depuis quelques années, nous avons vu arriver sur le marché français les voitures électriques des marques chinoises Aiways, Leapmotor, Seres, BYD et XPeng. Sans compter celles dont l’histoire veut se raccrocher à des antécédents européens. Ainsi MG, Smart, mais aussi Volvo et Polestar. On y trouve du très bon, comme du moins bon, avec rapidement de premiers couacs. Le tout étant devenu une source intarissable de sujets de discussions entre lecteurs d’Automobile Propre.

S’il a été assez facile de démonter les moins bons modèles, XPeng a été rapidement propulsé tout à l’opposé, parmi les marques capables d’exercer un véritable attrait chez les automobilistes. Déjà, par sa forme pouvant rappeler le Model Y, le G6 affiche clairement l’ambition du constructeur chinois d’aller chercher les amateurs de Tesla.

Avec son empreinte au sol de 4,89 x 1,94 m, le G9 offre davantage d’espace à bord sans toutefois chercher à atteindre les dimensions du Model X (5,08 x 2,07 m). Existant en Long Range, Performance et Standard, le grand SUV de XPeng est passé à sa V2 au cours de l’été 2025.

XPeng G9 Performance V1

Acheté en octobre 2024, celui de notre lecteur alsacien est antérieur : « D’après le vendeur, ce serait le premier exemplaire de XPeng G9 à avoir été immatriculé dans le Haut-Rhin. Il s’agit d’un modèle Performance ». Au catalogue, cette version officiellement accessible entre juillet 2024 et août 2025 était affichée à partir de 73 990 TTC.

Avec sa capacité énergétique brute de 98 kWh dont 93 exploitables, la batterie apporte une autonomie WLTP en cycle mixte de 520 km l’été et 380 l’hiver, avec des consommations respectives de 21,3 et 29,4 kWh/100 km. Sous 800 V, elle offre une courbe de recharge capable de grimper jusque 300 kW via le connecteur CCS. Dans ces conditions, à peine vingt minutes sont nécessaires pour passer de 20 à 80 % d’énergie dans le pack NMC (nickel manganèse cobalt). En courant alternatif, le chargeur embarqué est limité à 11 kW en triphasé et 7,4 en monophasé.

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La transmission intégrale est assurée par une motorisation capable de sortir 405 kW (551 ch) de puissance pour un couple de 717 Nm. Dans le détail, le groupe est composé d’un moteur synchrone à aimant permanent de 230 kW (313 ch) à l’arrière et d’un autre à induction de 175 kW (238 ch) pour les roues avant.

Foyer 100 % VE aujourd’hui

Toujours en activité à 73 ans comme administrateur d’une mutuelle après une carrière de juriste, Philippe a eu l’habitude de rouler dans des voitures imposantes, dont des Mercedes, Honda Legend, Chrysler 300 M et C, etc. : « En 1970, j’avais commencé avec une Citroën 2 CV de 1958. Avant de passer à l’électrique, j’avais une Volvo XC60 hybride rechargeable. J’ai toujours aimé les grandes voitures ».

Notre lecteur le reconnaît : « Je ne prenais pas vraiment le temps de recharger la batterie du fait de la faible autonomie d’environ 40 km. En revanche je sélectionnais le mode Pure [NDLR : Priorité donnée au moteur électrique] pour les petits trajets. C’est un modèle que j’ai bien aimé et que j’ai conservé trois ans, comme la plupart de mes voitures ».

L’épouse de notre témoin était déjà passée à l’électrique : « Depuis sept ou huit ans, elle utilise une Smart ForFour, et j’ai alors trouvé ça bien de rouler à l’électrique. Ma femme apprécie beaucoup cette voiture. Désormais, nous sommes un foyer 100 % électrique ».

Recherches minutieuses

C’est le hasard qui a mis le XPeng G9 sur la route de Philippe : « Je ne suis pas spécialement un passionné de la marque. En juin 2024, je faisais une petite sieste avec YouTube en bruit de fond lorsqu’un reportage est passé avec le G9. À partir de là et jusqu’en octobre suivant, j’ai cherché tout ce que je pouvais trouver concernant ce modèle, écoutant aussi bien les retours de journalistes que d’utilisateurs ».

La plupart des avis allaient dans le même sens : « À part ceux pas fiables indiquant par exemple qu’il n’était pas possible de déconnecter le régulateur de vitesse sur cette voiture, ce qui ressortait souvent c’est que le G9 est vraiment formidable. Je me suis mis à le comparer avec des modèles de sa catégorie, en particulier chez Mercedes et Audi. Je m’intéressais aussi à l’hybride rechargeable DS 9 E-Tense ».

Notre lecteur est allé constater sur place : « J’ai cherché où se trouvait la concession la plus proche et j’ai découvert l’ouverture de celle de Mulhouse. DS avait la sienne juste à côté. Je n’en ai essayé aucune des deux, mais j’ai pu remarquer que la DS 9 paraissait moins bien finie que le G9, avec une assise un peu basse pour moi à mon âge. Je suis retourné le lendemain avec mon épouse chez XPeng, et nous en sommes ressortis avec le bon de commande ».

« Tellement de points de ressemblance avec Tesla »

Le XPeng G9 avait 3 000 km au compteur quand Philippe est allé le chercher à la concession : « J’ai du mal à acheter une voiture neuve… neuve. J’ai tellement vu dans le cadre de mon métier des gens se faire avoir que je n’ai pas du tout confiance dans les commerciaux quand ils affirment par exemple que la voiture neuve commandée arrivera dans trois mois : Comment peut-il le savoir et en être sûr ? Si un retard de cet ordre devait m’arriver, je considérerais comme nul le bon de commande ».

Le XPeng G9 de Philippe
Le XPeng G9 de Philippe

L’attente n’a duré que quelques jours pour cet ancien modèle de démonstration : « Je n’ai vu réellement mon exemplaire que 48 heures après avoir signé, toujours sans l’essayer, et je n’ai eu à attendre que six ou sept jours pour qu’il soit prêt. Je suis allé le chercher avec mon gendre qui roule aujourd’hui avec mon ancienne Volvo XC60. Avec les hybrides rechargeables, ma fille et lui sont beaucoup en mode EV. Mais, en découvrant la G9, il avait les yeux qui brillaient ».

Comme raisons principales de son passage à l’électrique, notre lecteur avance « le côté technique, le côté moderne, et tellement de points de ressemblance avec Tesla. Mais je n’aurais pas acheté une Standard ou Long Range s’il n’y avait pas la suspension pneumatique. Je voulais aussi une pompe à chaleur et la recharge très rapide permise par le 800 V. Ce sont ces points qui m’ont décidé ».

Origine chinoise assumée

Le prix d’achat du G9 est aussi un atout important : « Pour avoir l’Audi de même gamme, c’est 40 000 € de plus, sans compter toutes les options à prendre pour être au même niveau d’équipement et qui vont encore accentuer la différence. La force d’une marque comme XPeng, c’est de proposer leurs voitures complètement équipées, à part, bien sûr, le crochet d’attelage. Je repense à cette époque quand on devait encore passer par une option pour avoir l’autoradio. Avec les Chinois, on a tout. Quand on compare les prix, ça saute aux yeux ».

Philippe assume pleinement l’origine de sa voiture : « Ça a été un cap à passer dans ma réflexion. Si j’avais pris à la place la DS 9 hybride rechargeable, est-ce que ça aurait été mieux ? C’est une marque française, mais cette voiture conçue pour la Chine est assemblée en Chine. Combien de voitures de marques allemandes et coréennes qui roulent en France ont été construites en Chine ? Qui reproche les éléments électriques et électroniques fabriqués en Chine qui équipent les Peugeot et Renault circulant en France ? ».

Notre lecteur pousse encore un peu plus loin la réflexion : « Je me souviens que, dans ma jeunesse, les Renault 4 Export avaient quelque chose en plus pour séduire les marchés à l’étranger. Si les Chinois veulent s’imposer en Europe, ils feront attention plus que chez eux à l’assemblage et à la qualité de leurs voitures. Aujourd’hui le compteur de mon G9 affiche 15 000 km. Quinze mois après l’achat, je suis encore plus convaincu par ce modèle ».

Le plus souvent rechargé chez lui

En général, le XPeng G9 de Philippe est rechargé chez lui : « Ca se passe dans le garage de l’autre côté de la rue, à 60 m de la maison. Pour la tranquillité, j’utilise une prise renforcée avec une puissance de 3,5 kW. Je recharge rarement à l’extérieur. Il m’arrive d’effectuer 700 km dans le cadre de mon rôle de tuteur. Dans ce cas, je pars à 100 % d’énergie dans la batterie, branche en cours de route, puis à destination pour être tranquille pendant le séjour ».

La première fois, il y a eu un peu d’appréhension : « Il arrive à ma femme de conduire le G9, pas en ville, mais sur l’autoroute. Concernant en particulier la recharge, elle était un peu inquiète lors de notre premier grand déplacement. Mais ça s’est bien passé. Surveillant le compteur, elle a trouvé que je roulais trop vite en remarquant un 134 km/h. Au même déplacement suivant, ma femme s’est elle-même retrouvée accidentellement à plus de 140. Sur l’autoroute, cette voiture est formidable ! ».

Ces trajets lointains ne remettent pas en cause pour notre lecteur les économies réalisées à l’usage : « C’est un peu plus cher en rechargeant sur l’autoroute, mais je reste légèrement gagnant par rapport à une voiture thermique. Et pour le premier entretien annuel, je n’ai payé que 250 €, contre 800 ou 850 € avec un Lexus que j’ai eu précédemment. En revanche XPeng est pointilleux, exigeant que l’opération soit effectuée dans son réseau pour conserver la pleine garantie ».

Le G9 « ne laisse personne indifférent »

Ce que Philippe apprécie en particulier avec son XPeng G9 : « J’aime son aspect extérieur, son volume, son confort, son silence, et qu’il réponde bien à l’accélération pour doubler… sans en abuser. J’aime pouvoir lui parler pour passer une commande, sans devoir prononcer des phrases types. Il suffit que je dise ‘Brouillard’ pour que le système soit content et allume les antibrouillards. Ca marche aussi avec ‘Chauffage’. Je n’ai ainsi pas trop l’occasion d’utiliser les boutons de raccourci ».

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Il reste toutefois quelques points perfectibles : « Le XPilot présente quelques petits défauts, dont des freinages fantômes. Je pense que ce sera corrigé tôt ou tard. On sent que le système est moins efficace avec le brouillard ou la pluie que par beau temps. Les phares automatiques s’allument parfois quand il n’y a pas besoin ou prennent trop de temps à passer en feux de croisement quand une voiture arrive en face. Mais pour moi, c’est clairement la numéro 1 de toutes les voitures que j’ai eues depuis 1982 jusqu’à aujourd’hui ».

Il n’est pas le seul à être enthousiaste : « J’emmène régulièrement avec moi des camarades administrateurs de notre mutuelle. Avec la directrice générale qui roule en Audi Q6 e-tron, nous avons échangé nos sentiments. Elle a trouvé nulle l’autonomie quand elle est allée en Autriche avec sa voiture, l’obligeant à s’arrêter souvent. Quant au président, il m’a dit un jour que je l’emmenais à Nancy : ‘XPeng 10 / Audi 0’. Ce modèle que je commence aussi à croiser dans un périmètre de 10-15 km autour de chez moi ne laisse personne indifférent ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Philippe pour son accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après avoir lu notre appel à retours d’expérience.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Apprécier son propre véhicule par rapport à la concurrence se fait à travers le prisme de ses propres perceptions. Ici, Philippe effectue une comparaison de son XPeng G9 avec l'Audi Q6 e-tron. Hasard de programmation, nous avions déjà pris un rendez-vous avec un utilisateur de ce SUV allemand. Ce qui va permettre de comparer les deux avis publiés à quelques heures ou jours d'intervalle. Quoi qu'il en soit, comme en témoignent plusieurs de nos lecteurs, les productions de XPeng apparaissent séduisantes au regard des tarifs. Une des richesses du présent entretien est de confirmer qu'utiliser une voiture électrique au quotidien avec des déplacements occasionnels est devenu beaucoup plus simple depuis que le réseau de recharge rapide s'est développé sur les grands axes et que l'autonomie a progressé. Ce qui rend toujours moins crédibles les prises de position complètement fermées à l'encontre de l'électromobilité. Ce que confirme également ce témoignage intéressant, c'est que de plus en plus d'automobilistes arrivent naturellement à l'électrique, sans ressentir sur eux la pression du calendrier de la transition énergétique.

Philippe SCHWOERER

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