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En passant à l’électrique pour des raisons environnementales, pourquoi faudrait-il renoncer au plaisir de conduire une belle voiture d’une marque réputée ? Quentin, lui, n’a pas hésité à choisir la Jaguar I-Pace pas plus chère en occasion qu’une Renault Megane E-Tech ou une Volkswagen ID.4 : « En regardant les prix, j’ai cédé à un rêve d’adolescent : rouler en Jaguar ».
Révélée par Jaguar au salon automobile de Los Angeles en novembre 2016, l‘I-Pace a commencé à être commercialisée deux ans plus tard. Cette voiture électrique a motricité intégrale existe en deux versions : EV320 et EV400, pour 320 ou 400 chevaux, soit 235 ou 294 kW, pour un couple maximal respectif de 500 et 696 Nm. Malgré cette différence de puissance, elles embarquent chacune deux moteurs de 147 kW (200 ch), l’un pour les roues avant et l’autre pour celles à l’arrière.
Élue « Voiture de l’année 2019 » après un match très serré avec l’Alpine A110, elle était alors présentée par son constructeur comme « la voiture de sport cinq places la plus intelligente qui soit ». Le modèle acheté par Quentin est une « sage » EV320. Parmi les avantages qu’elle présente : être supportée par des roues de 18 pouces moins défavorables que les 20 ou 22 pouces pour la conso.
Elle est en finition S d’entrée de gamme, déjà très bien équipée avec, entre autres, un pare-brise athermique, une caméra de recul, un éclairage Led, une super sono Meridian, le déclenchement automatique des phares et des essuie-glaces, et tout ce qu’il faut d’aides à la conduite : « J’apprécie de rouler avec le régulateur de vitesse, mais sans la fonction d’adaptation au véhicule qui précède ».
Aujourd’hui, Quentin a 41 ans. Mais il est attiré par la marque depuis longtemps : « Lorsque j’étais au collège, j’ai fait mon stage de Troisième dans un garage Jaguar. C’est là que j’ai été piqué. Deux de mes oncles en avaient une. Le XK [NDLR : Existe en coupé et cabriolet] me fascinait. Combien de fois ai-je regardé les annonces sur Internet pour ces voitures, en abandonnant rapidement les recherches ».
Parmi les freins principaux, un itinéraire de vie parsemé de choix vertueux pour le climat et la santé publique : « Depuis une vingtaine d’années, j’ai développé des convictions environnementales maintenant bien ancrées. Déjà professionnellement, en travaillant au pôle environnement d’une communauté de communes. La voiture électrique colle très bien à mon métier. Mais aussi à notre projet de rénovation d’une maison en milieu rural débuté il y a maintenant 9 ans ».
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La voiture électrique d’occasion que vous avez oubliée : le Jaguar I-PaceLa démarche globale est très intéressante : « Nous utilisons la terre, des matériaux biosourcés, et avons pris du mobilier d’occasion. En 2022, avant de passer à l’électrique, nous avons préparé le terrain en faisant installer sept panneaux solaires pour une puissance crête de 3 kW. Nous sommes en autoconsommation avec injection de la production excédentaire. Ça nous rassurait en cas de panne d’électricité sur le réseau, aussi en raison de la flambée des cours du pétrole ».
Même la borne de recharge est arrivée avant la voiture électrique : « Notre plus proche voisin est à 900 m et le bourg à 10 km. Dans notre secteur, il n’y a pas de bornes publiques. En mai 2025, nous avons pris la nôtre chez Ohme, en triphasé 11 kW, pilotable et compatible avec nos panneaux solaires. Ainsi, quand il y a du soleil, c’est bien notre production que nous consommons. Nous revendons notre électricité à EDF deux fois moins cher que ce qu’on l’achète : ça incite à autoconsommer ».
La recherche d’une voiture électrique remonte à 2022 : « Nous roulions à l’époque en Volvo V60 diesel, au rythme d’une centaine de kilomètres par jour pour aller au bureau, amener la grande au bus et la petite à l’école, et pour leurs activités. Grâce aux Renault Zoé à mon travail et aux Fiat 500e que nous avons plusieurs fois louées en vacances sur les îles bretonnes, j’avais déjà pu apprécier le confort de conduite des électriques et les capacités d’accélération pour doubler les tracteurs et camions fréquents sur nos routes ».
D’autres voitures électriques ont été essayées : « Déjà la Peugeot e-208, mais je ne me voyais pas faire 30 000 km par an dans cette voiture pas très confortable et difficile d’accès pour moi qui mesure 1,90 m. En 2022, il n’y avait pas trop de voitures familiales électriques pour nous abordables. Nous avions pensé aux Renault Megane et Volkswagen ID.4. C’est certainement l’une d’elles que nous aurions pris si je n’avais pas remarqué que, pour le même prix en occasion, nous pouvions acheter une Jaguar I-Pace ».
En la voyant, on peut comprendre le choix de notre lecteur pour sa voiture mise en circulation fin 2020 : « En septembre 2025, j’ai acheté 28 000 euros mon I-Pace avec 21 000 km au compteur. Ce qui fait une décote de plus de 60 % par rapport au prix du neuf. Avec, j’ai déjà parcouru plus de 20 000 km. J’avais eu la chance d’en essayer une il y a deux ou trois ans, grâce à un automobiliste particulier qui avait bien vu que je m’intéressais beaucoup à ce modèle ».
Le plaisir d’avoir une voiture de cette marque n’a pas été le critère principal : « L’achat a d’abord été motivé par le fait qu’elle est électrique, suffisamment grande pour un usage familial avec deux enfants, et aussi parce qu’elle a été fabriquée en Europe [NDLR : à l’usine Magna Steyr de Graz, en Autriche]. En outre, je n’aime pas les grands écrans dans les voitures : nous n’avons pas de télé à la maison ni de smartphone. Ceux de l’I-Pace sont bien intégrés ».
Retrouve-t-on l’esprit Jaguar dans ce modèle ? « Pas tout à fait, ou alors en l’imaginant dans des productions plus abordables qu’auparavant. En tout cas, je ne retrouve pas l’esprit Jaguar sur la question de la fiabilité mécanique, et là ça ne me manque pas du tout. Des moteurs cassés à 150 000 km sur les thermiques XE et S-Type, ce n’est pas rare. J’ai en revanche confiance dans celui électrique de l’I-Pace ».
Quentin souhaitait aussi un minimum d’autonomie : « J’utilise l’I-Pace pour les trajets quotidiens, dont 75 km aller-retour pour aller au bureau, ainsi que pour les déplacements du week-end. Pour l’instant, au plus loin, nous sommes allés à Brest, à environ 200 km de chez nous. Je trouvais cela rassurant de partir sur une autonomie d’au moins 350 km pour notre première voiture électrique. Je me rends compte maintenant que ce n’est pas forcément nécessaire ».
Sa Jaguar I-Pace est équipée d’une batterie de 90 kWh de capacité énergétique, dont 84,7 exploitables. Ce que le constructeur traduisait en 470 km d’autonomie au mieux en cycle mixte WLTP, ou 344 km l’hiver : « L’été, je peux compter sur 410 km, et autour de 350 l’hiver, voire 320 km seulement en roulant à 110 km/h. J’ai déjà observé 17 kWh/100 km en plus petite consommation, et, à l’inverse, sur voie rapide l’hiver, ça peut grimper à 26-28 kWh/100 km ».
Il tarde à notre lecteur d’effectuer un premier grand déplacement avec sa voiture électrique : « Ce serait au printemps, pour aller en région parisienne. Je n’attends que ça. J’ai déjà le badge Chargemap pour les recharges. J’ai l’habitude de préparer à l’avance les trajets. Là, je prévoirai en plus les endroits où nous arrêter pour les recharges de la batterie ».
L’arrivée de l’I-Pace a bien allégé le budget voiture : « À l’usage, les économies sont phénoménales. Auparavant, j’avais des factures de carburant qui oscillaient entre 300 et 400 euros par mois. Maintenant, j’ai moins de 100 euros d’électricité. J’ai même la possibilité de recharger gratuitement sur mon lieu de travail. L’augmentation toute récente de 20 centimes par litre de gazole fait beaucoup parler au bureau. Je ne me prive pas de dire que je ne suis pas concerné ».
La guerre en Iran fait réfléchir les automobilistes : « Je souris en entendant des collègues maintenant envisager de passer à l’électrique. Pendant longtemps, personne n’avait de VE là où je travaille. Avec le leasing social, on en compte maintenant cinq ou six. Perçue comme une voiture de luxe, ma Jaguar crée tout de même un certain sentiment de décalage, une incompréhension. Mes collègues ne voient pas une voiture achetée 28 000 euros, mais un modèle qui coûtait neuf 80 000 ».
À la maison, les avis sont partagés : « L’électrique, les enfants s’en fichent, mais ils sont contents de rouler en Jaguar. En revanche, ma femme qui est dans une démarche de sobriété est rebutée par la marque. Elle est bien sûr tout à fait d’accord pour que nous ayons une voiture électrique, avec encore pour l’instant une certaine réserve pour les longs trajets. Pour elle, une voiture, quelle qu’elle soit, c’est avant tout un outil pour se déplacer ».
Le plaisir au volant est vraiment là avec la Jaguar I-Pace : « J’apprécie le côté sportif de cette voiture et le fonctionnement One-Pedal. Malgré les plus de deux tonnes, la conduite est excellente sur les petites routes sinueuses bretonnes, avec des accélérations sécurisantes. Et quel plaisir ! La voiture étant assez large, je ne sens pas du tout les passages sur les coussins berlinois. Sur les autres ralentisseurs, je trouve que le franchissement est plutôt doux. Cette voiture procure un excellent niveau de confort ».
Quentin relève bien d’autres points positifs : « J’apprécie de pouvoir personnaliser l’affichage sur le combiné d’instrumentation numérique, avec la possibilité de partitionner l’espace en deux ou trois parties. On peut même y retrouver l’affichage de la cartographie GPS. Je compte bien emmener cette voiture jusqu’à 100 000 à 120 000 km, avant de passer à un autre modèle ou reprendre la même en moins kilométrée ».
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Jaguar I-Pace : de l’échec commercial à la star des robotaxis WaymoLa sono Meridian a également conquis le nouvel électromobiliste : « Musicalement, c’est super, aucun défaut, et pas de bruits blancs gênants venant de l’air, des pneus ou de la ventilation pour gâcher le plaisir d’écouter de la musique. J’avais arrêté d’écouter Chopin en voiture car on perdait trop de notes. Là, je retrouve bien le tout. Mes enfants préfèrent écouter Skyrock, mais on passe aussi du blues et de la variété française ».
En cherchant bien, il doit bien y avoir quelques points perfectibles : « Au moins, dans l’I-Pace, je ne sens pas le plafond sur ma tête. Le niveau indiqué d’énergie disponible dans la batterie est vraiment très fiable. Comme je n’utilise que peu les chargeurs rapides, je ne mettrais qu’un bémol léger pour la puissance de recharge qui plafonne à 100 kW. C’est bien de pouvoir ranger les câbles dans le frunk, mais le bruit du capot quand on le referme n’est vraiment pas terrible ».
Quentin conseille cette voiture : « Son gros point fort, c’est le prix par rapport aux prestations. Quand on voit que pour moins de 30 000 euros on peut avoir cette qualité sur la route, cette autonomie, de l’espace pour quatre y compris dans le coffre pour les bagages, et la qualité de son à bord, je dis qu’elle est à envisager absolument ! ».
L’entourage amical de notre lecteur est également conquis : « Les copains qui aiment les voitures sont montés dedans et ont pu tester l’accélération. C’est à chaque fois l’occasion de discuter ensemble et de passer de bons moments. Les VE les font réfléchir. Ils réalisent maintenant que l’électrique ça peut aussi être une belle voiture, une voiture plaisir. Les VE, ce ne sont pas que des Renault Zoé, pas que des chinoises, et pas que des Tesla ! ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Quentin pour son très sympathique accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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