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Toutes très intéressantes à développer, les histoires de nos lecteurs avec l’électromobilité sont plus ou moins anciennes, plus ou moins riches, plus ou moins pétries d’anecdotes. L’originalité de celle du foyer de Michel réside dans la succession de Renault électriques débutée avec le quadricycle lourd Twizy et qui se poursuit aujourd’hui avec un Scenic et une 5 E-Tech. Est-ce le hasard ou une véritable volonté qui explique ce parcours ?
Le témoignage de Michel est si particulier qu’il nécessite de bouleverser un peu nos habitudes rédactionnelles. Avec le tableau ci-dessous, il sera plus facile de se repérer dans la chronologie des véhicules électriques qui sont passés dans ce foyer recomposé avec cinq enfants au total.
| 2013 |
Acquisition d’un Twizy 80 + véhicule de fonction essence (Peugeot 308 break – 90 000 km/an) Une de mes filles a fait son apprentissage à la conduite avec le Twizy |
| 2016 |
Remplacement du Twizy par une Zoé 2 en location + véhicule de fonction diesel (Peugeot 3008 – 90 000 km/an) |
| 2019 |
Remplacement de la Zoé 2 par une Zoé R110 (Location, gain en autonomie) + véhicule de fonction diesel (Peugeot 3008 – 90.000 km/an) |
| 2020 | Achats de deux vélos Lapierre à assistance électrique pour Madame et Monsieur |
| 2021 |
Remplacement de la Zoé R110 par une Zoé R135 (Location, gain en autonomie, plus fun) + véhicule de fonction hybride (Peugeot 3008 – 40.000 km/an) |
| 2023 | Acquisition d’une Aixam e-Sport (5 kW) pour une des filles (apprentissage à la conduite et au flux de la circulation) |
| 2024 |
Remplacement de la Zoé R135 par une Megane E-Tech Techno 220 ch (location, autonomie, confort) + véhicule de fonction hybride (Peugeot 3008 – 30.000 km/an) |
| 2025 |
Préparation à la retraite de Michel pour mai 2026 avec fin du véhicule de fonction Remplacement précoce de la Mégane E-Tech par 2 voitures électriques : – 5 E-Tech Techno 150 ch pour Madame (achat, ancien modèle de démonstration, autonomie, confort) – Scenic E-Tech Iconic 220 ch Grande autonomie pour Monsieur (location, ancien modèle de démonstration) Remplacement de l’Aixam e-Sport par l’acquisition d’une Zoé R110 d’occasion pour la fille de Madame qui a décroché son permis B |
C’est un fait, Michel roule beaucoup, pourtant bien moins qu’avant : « Nous parcourons avec les deux voitures jusqu’à 90 000 km/an ». Il y a d’une part ses engagements associatifs variés dictés par le souci de l’autre et une vie plus saine. Ainsi en participant à une Amap et à une boutique solidaire lors de la Covid-19. Et puis il y a cet habitat si particulier dans un hameau jurassien isolé : « Nous habitons à 20 km d’un centre-bourg ».
Bientôt à la retraite, notre lecteur s’est beaucoup déplacé aussi dans le cadre d’une vie professionnelle tout autant passionnante : « Ingénieur dans le domaine des appareils médicaux, j’ai participé à la mise au point de machines de scannographie, imagerie, IRM, médecine nucléaire et écographie. En radiothérapie, nous avons réussi à mettre au point une retranscription en 3D des tumeurs, pouvant faire gagner plusieurs jours aux patients ».
Lors de notre premier contact téléphonique, nous avions surpris Michel en pleine observation de hiboux. Dans ce milieu naturel qui lui sert de décor, le sexagénaire s’est aussi montré innovant et exigeant pour son actuel logement : « Nous sommes dans une maison passive de 60 m² à ossature bois, la plus petite maison passive à l’époque, adossée à une ancienne maison Phénix. Nous avons fait intervenir des artisans à pas plus de 30 km de chez nous pour privilégier la construction locale ».
Rien que le traitement des sols a été pensé pour limiter les besoins en énergie : « Les tomettes en terre cuite captent la chaleur qui est restituée ensuite. Dessous, nous avons 9 cm de verre soufflé broyé mais pas réduit en poudre qui permet de conserver un sol tiède en permanence. Les fenêtres sont équipées d’un triple vitrage et du torchis sert à avoir un bon degré d’hygrométrie dans la maison ».
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Témoignage : Xavier a alimenté sa maison avec sa voiture électrique pendant 4 jours après la tempête NilsTout concourt à préserver tout au long de l’année une température minimale sans avoir à allumer le moindre appareil de chauffage : « En permanence, nous pourrions avoir une température de 12 °C rien qu’avec le puits canadien autour de notre cuve de 20 000 litres de récupération d’eau. Mais, en journée, le chauffage est assuré par les baies vitrées. L’été, la ventilation à double flux réfrigère l’intérieur. Ce qui fait que, toute l’année, nous disposons d’une ambiance à 20-21 °C ».
Auriez-vous l’idée de boire usuellement l’eau de pluie ? Sans doute pas. Même avec un bon système de filtration, ce n’est pas conseillé : « En la traitant, elle alimente toute la maison. Nous avons aussi un système d’assainissement naturel chez nous ». Il serait très étonnant que ce tableau ne soit pas complété par une production solaire : « Pour une puissance crête de 7,4 kW, nous avons fait installer 25 panneaux photovoltaïques, dont 16 au sud et 9 à l’ouest, avec injection dans le réseau ».
Il est même possible de profiter la nuit de l’ensoleillement du jour : « Nous avons pour cela une batterie de stockage d’une capacité de 10 kWh qui permet de recharger la nuit, même en hiver. Ce 23 février 2026, par exemple, le ciel est lumineux mais gris, et nous devrions avoir une production de 10 kWh. Le maximum que nous ayons produit à la journée, c’était 42 kWh un jour de juin 2025. Ce mois-là, nous avons compté 1,13 MWh. Pour comparaison, notre consommation achetée sur cette période a été de 220 kWh ».
Des chiffres à apprécier en fonction de l’utilisation des voitures électriques dans le foyer : « Nous disposons de deux bornes 7 kW AC, et notre rythme actuel est de 30 000 km parcourus par an par madame avec sa Renault 5 E-Tech, et de 50 000 km pour moi avec le Renault Scenic E-Tech. L’électrique nous a amené une liberté que nous n’avions pas auparavant alors que nous devions faire le plein de carburant en stations. Symboliquement, le début de cette liberté est à marquer par l’arrivée du Renault Twizy que nous pouvions recharger quand nous le voulions ».
L’intérêt de Michel pour les voitures électriques remonte plus loin que la génération lithium-ion : « Je me sentais déjà passionné de VE quand c’était l’époque des Peugeot 106 électriques ». C’est plus tard, à l’occasion d’une scène furtive, qu’il a ressenti le désir brûlant d’y passer : « J’étais à pied sur un trottoir à Monaco, revenant de chez un client, quand un Twizy est passé rapidement et en silence. Je me suis dit : ‘C’est ça qu’il me faut !’. Nous étions en 2013 ».
De retour chez lui, il se rend rapidement chez Renault à Dole : « Le concessionnaire ne comprenait pas de quoi je parlais. J’ai dû aller jusqu’à Lons-le-Saunier pour passer commande. Trois semaines après en avoir surpris un, j’avais mon Twizy 80, un modèle d’exposition. À l’époque, je travaillais à Dijon, à 85 km de chez moi. Je suis allé tous les jours avec lui, été comme hiver, alors qu’il n’avait que 80 km d’autonomie NEDC. Je ne prenais pas plus de temps qu’avec ma voiture thermique avec laquelle j’allais chercher l’autoroute ».
L’ingénieur avait sa petite astuce supplémentaire : « Prenant bien sûr l’itinéraire le plus court, je me calais le matin sur le passage d’un camion de collecte du lait que je suivais en profitant de son aspiration. En général, j’arrivais avec 3-4 % d’énergie selon l’estimation, mais je ne suis jamais tombé en panne. Je pense qu’il y avait un peu de réserve dans la batterie. Arrivé au bureau, je passais par une fenêtre le câble de recharge avec une rallonge ».
Le Twizy a aussi été pour Michel un vecteur de complicité à vivre avec sa grande fille : « J’allais la chercher avec ce véhicule, profitant de la grande ligne droite pour récupérer de l’énergie entre Champagnole et Poligny. J’avais avec moi une grande rallonge et un adaptateur pour prise camping P17 au cas où. Quand il faisait froid ou qu’il y avait du vent, je branchais le Twizy pendant 45 à 60 minutes dans un camping. Mon truc, c’était de passer par la campagne en conservant le plus possible une vitesse régulière, sans freiner ».
Le quadricycle électrique était l’engin idéal pour qu’elle apprenne à conduire : « Elle avait entre 13 et 15 ans quand elle l’a piloté sur de petits chemins, de petites routes. On partait ensemble pour se faire de petits circuits. Si bien que, quand ma fille a officiellement débuté la conduite accompagnée, elle avait déjà 4 000 à 5 000 km de pratique du volant. Elle était autant passionnée que moi par ce véhicule ». J’allais aussi faire les courses avec cet engin, rangeant dans trois caisses à l’arrière les produits du caddy ».
En 2016, ce n’est pas une Renault qui devait remplacer le Twizy : « Avec ma fille, nous étions allés voir la Citroën E-Mehari [NDLR : Sur base Bolloré Bluesummer] à l’occasion d’une opération portes ouvertes. Nous sommes alors tombés amoureux de cette voiture. Pas de commercial disponible sur place, alors nous sommes passés découvrir la Renault Zoé qui nous a moins emballés. Retour chez Citroën où nous avons attendu une heure un vendeur. Finalement nous sommes revenus chez Renault ».
Grâce à sa rapidité, la concession Renault a conservé son client qui a enchaîné trois Renault Zoé avec toujours davantage d’autonomie et de confort : « Ça a été le départ pour des voitures électriques moins passion mais plus utiles. En trois modèles successifs, nous avons vu l’autonomie dans nos conditions d’utilisation passer de 120 km environ à 150-160 avec la R110, puis 250-280 sur la R135. Avec cette dernière, nous arrivions même à dépasser l’été l’autonomie officielle. J’ai regretté de n’avoir pas pris pour elle la recharge 50 kW ».
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Témoignage : pour Philippe, son XPeng G9 est loin devant le premium allemandL’adoption des vélos Lapierre à assistance électrique a marqué une nouvelle étape de vie : « Nous avons déménagé de la plaine jurassienne pour aller dans la montagne, avec une côte à 14 % sur deux kilomètres. Même pas en rêve avec un modèle mécanique. Ces VTT électriques m’ont permis de pratiquer le vélo. Comme je pèse plus lourd et que ce sont les mêmes modèles, il m’arrive de permuter les batteries lors d’une longue sortie avec ma femme ».
Résider dans la montagne joue sur la consommation : « Nous avions déjà une moyenne à 20-21 kWh/100 km avec notre dernière Zoé. Ce sont les mêmes chiffres avec le Renault Scenic que j’utilise le plus souvent en mode Eco, sans autoroute, avec le régulateur adaptatif de vitesse et le maintien dans la voie. J’aime bien suranticiper sur les anticipations du système. Ses ralentissements précoces et prononcés avant les ronds-points, pour moi, c’est non. Avec la Renault Megane E-Tech, nous étions plutôt entre 18 et 20 kWh/100 km ».
En 2023, un autre membre de la famille est passé à l’électrique : « Nous avons fait l’acquisition d’une Aixam e-Sport [NDLR : Quadricycle léger classé dans la catégorie L6e] pour la fille de ma femme. C’était une sorte de challenge, un passage pour ensuite pouvoir prendre un Twizy [NDLR : Twizy 80, quadricycle lourd, L7e]. Maintenant elle est en Zoé, mais à l’époque elle était en apprentissage et a pu prendre son autonomie grâce à son quadricycle électrique ».
Petite anecdote : « Elle est tombée une fois en panne d’électricité à 3 km de l’arrivée. J’ai demandé à une connaissance d’embarquer l’engin dans un van pour chevaux. J’ai monté le véhicule dedans mais ne pouvais plus sortir ensuite. Je n’ai été libéré qu’en le redescendant une fois amené en haut ».

La jeune conductrice est pleinement convaincue par l’électrique : « Elle ne voudrait pas d’une voiture à essence, car remplir le réservoir lui ferait peur. En plus de l’odeur, c’est le risque d’explosion au remplissage qu’elle craindrait. Elle n’a jamais eu cette appréhension avec l’électrique ».
La Renault Megane E-Tech n’est pas restée longtemps dans le foyer : « Nous l’avons rendue au bout d’un an, le temps qu’elle parcourt tout de même 30 000 km. J’avais tout de suite été séduit par cette voiture, l’espace à bord, et elle était très agréable à conduire. Enfin un siège chauffeur réglable en hauteur, contrairement à nos Zoé. Malgré tout, je n’ai jamais réussi à trouver ma place dans cette voiture. Trop basse, j’éprouvais des difficultés pour rentrer dedans et en sortir ».
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Témoignage : Wilfried roule en Jeep Avenger grâce au leasing socialD’où un nouveau changement : « Comme j’arrive à la retraite, finie la voiture de fonction. Mais toujours des besoins pour aller à Strasbourg et à Troyes [NDLR : respectivement à environ 365 et 310 km]. Ma femme a pris une Renault 5 E-Tech. C’est sa voiture idéale, super logeable, avec du répondant pour les côtes et de bons sièges. On oublie en revanche l’aide mains libres pour se garer, c’est plus un gadget qu’autre chose. Et pas convaincu par la conduite avec le GPS. Ma femme enlève tous les bips d’avertissement, elle veut être la patronne à bord ».
C’est à cette étape que Michel est passé en parallèle au Renault Scenic : « Comme nous sommes clients depuis longtemps, la concession m’a permis de choisir le modèle que je voulais, d’abord utilisé là-bas comme véhicule de démonstration. J’ai ainsi pu l’avoir au bout de 6 mois avec 9 % de remise. Les sièges électriques sont toutefois moins bons que dans le Peugeot 3008 de fonction où j’apprécie beaucoup le coussin d’extension ».
Ce n’est pas parce qu’il se sentait bien dans les sièges de sa Peugeot 3008 de fonction que Michel voudrait aujourd’hui d’une voiture hybride : « C’est trop cher, trop d’ennuis, trop de conso, jamais je prendrais une hybride pour moi-même. Celle que j’avais pour l’entreprise émettait un sifflement sur la route qui n’a jamais pu être corrigé. Pour moi, l’électrique, c’est la liberté parce que je peux recharger quand je veux ».
C’est aussi un art de vivre : « L’électrique m’a fait redécouvrir les routes de campagne et les nationales. Nous sommes allés dans les Pyrénées et en Camargue sans prendre l’autoroute. Avant de partir, nous avons étudié le trajet sur une carte comme on le faisait autrefois, en programmant des arrêts où il y a des curiosités à découvrir ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Michel pour son très sympathique accueil et son témoignage passionnant qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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