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Superéthanol E85 : pourquoi si peu de Français sautent le pas ?

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Avec un prix d’appel à 0,73 €, le Superéthanol-E85 est une alternative de plus en plus crédible face aux carburants fossiles traditionnels. Pourtant, les Français ont encore du mal à s’engager dans cette voie. Une récente étude réalisée par la Collective du bioéthanol permet de mieux comprendre les raisons de cette frilosité.

Qu’est-ce qui coince avec le Superéthanol-E85 ?

En 2025, la consommation de bioéthanol a progressé de 15 % en France. Les chiffres montrent que 418 000 automobilistes sont passés au Superéthanol-E85. Si cette alternative éveille la curiosité des Français, c’est en grande partie pour l’aspect financier. En effet, les conducteurs peuvent réaliser 1 085 euros d’économies pour 20 000 km parcourus par rapport au SP95. C’est factuel ! Et pourtant…

Si le Superéthanol-E85 bénéficie aujourd’hui d’un prix à la pompe très inférieur aux carburants traditionnels (0,73 € contre 1,69 € pour le SP95-E10), il semble que l’argument économique ne suffit pas à déclencher une adoption massive. Une enquête menée par l’IFOP en janvier 2026 pour le compte de la Collective du bioéthanol confirme que, dans leurs arbitrages automobiles, les Français raisonnent d’abord en termes de coût immédiat.

Le prix d’achat du véhicule arrive très largement en tête des critères de choix, cité par près de huit conducteurs sur dix (78 %), devant le prix du carburant (32 %) et le coût d’entretien (26 %). Voilà un enseignement qui vaut autant pour le Superéthanol-E85 que pour le 100 % électrique : le prix du carburant (ou de l’énergie), aussi compétitif soit-il, reste un levier secondaire tant qu’il implique une modification du véhicule ou un changement d’habitudes.

La notoriété n’est plus un obstacle

La notoriété du Superéthanol-E85 n’est pourtant plus un obstacle majeur. On constate que 76 % des Français déclarent en avoir déjà entendu parler, un chiffre en hausse constante, et que 58 % des sondés considèrent ce carburant comme « une alternative crédible ». Mais cela ne se traduit pas par un usage généralisé. Aujourd’hui, seuls 12 % des sondés indiquent l’utiliser ou l’avoir utilisé. Le Superéthanol-E85 reste une option théorique.

Un manque d’information et de stations-service ?

Cette prudence s’explique par un manque d’information : 30 % des personnes interrogées estiment qu’une meilleure compréhension du fonctionnement du bioéthanol est nécessaire pour envisager son utilisation. Le doute porte autant sur la compatibilité des moteurs que sur les conséquences mécaniques à long terme. 25 % des Français attendent d’ailleurs des garanties claires sur ce point, signe que la dimension technique reste anxiogène.

La question de l’offre pèse également sur les intentions : 36 % des Français jugent que le nombre de véhicules compatibles est insuffisant, tandis que 27 % souhaitent des aides financières pour faciliter l’installation d’un boîtier flex-E85. À cela s’ajoute la perception d’un réseau de distribution incomplet : 30 % estiment qu’il manque des stations, alors que « la majorité des Français vivent à proximité d’un point de distribution », selon la Collective.

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Enfin, l’incertitude réglementaire nourrit l’attentisme. Dans un secteur bouleversé par les annonces européennes et la montée en puissance de l’électrique, 21 % des Français conditionnent leur intérêt pour l’E85 à la garantie d’une fiscalité durablement basse. Faute de visibilité, le Superéthanol-E85 peine encore à s’imposer comme un choix évident, malgré des indicateurs économiques et environnementaux jugés de plus en plus crédibles.

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