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Souvent présenté comme une solution d’avenir pour une mobilité décarbonée, l’hydrogène peine pourtant à convaincre, malgré les efforts de plusieurs constructeurs automobiles, dont Toyota et Hyundai. Alors que ce dernier a présenté son nouveau concept hydrogène, l’Initium, nous nous sommes rendus à Séoul pour comprendre ce qui pousse les coréens à investir en masse dans cette technologie.

Avec son design travaillé, son positionnement de SUV familial, son autonomie de plus de 650 km et sa puissance de 150 kW, soit un peu plus de 200 ch, l’Initium pourrait passer pour un véhicule électrique comme les autres. Présenté il y a quelques jours en Corée du Sud, au sein de l’impressionnant Hyundai Motor Studio de Goyang, l’Initium annonce le remplaçant du Hyundai Nexo, qui sera commercialisé en série, au premier semestre 2025.

Hyundai et l’hydrogène, une longue histoire

Première surprise, avant même d’assister à cette présentation : si l’actuel Nexo se fait très rare dans nos contrées, ce n’est pas le cas dans son pays d’origine. Une simple promenade d’une demi-journée dans Séoul vous permettra d’en croiser une bonne dizaine. Un premier élément de réponse pour ceux qui s’interrogent sur la motivation de Hyundai à vendre des véhicules hydrogène. Non seulement Hyundai y croit, mais depuis 27 ans, comme nous le rappelle l’exposition de véhicules hydrogène dans l’immense hall du Hyundai Motor Studio. Lors d’une session de questions réponses, le Président exécutif du groupe Hyundai Motor, Euisun Chung, rappelle que “le premier Hyundai Sante Fe doté d’une pile à combustible a été présenté en 1998. Alors que l’économie coréenne était en train de vivre un véritable séisme, alors que personne ne semblait y croire et que de nombreux obstacles se dressaient devant nous. Nous avons décidé, il y a 27 ans, de développer cette énergie et nous n’avons jamais lâché”.

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Hyundai veut montrer l’exemple

Après la présentation devant un parterre international de journalistes, nous avons pu nous entretenir avec Changhwan Kim, Senior Vice-Président de Hyundai Motor. L’occasion de lui demander ce qui pousse Hyundai à parier sur cette technologie, abandonnée par beaucoup de constructeurs. “Initium est notre manière de démontrer que notre engagement envers un avenir hydrogène est à la fois sincère et continu. Notre objectif était clair : construire un SUV audacieux et solide. Le fait est que nous avons choisi de le doter de la technologie hydrogène. Non pas pour nous démarquer, mais pour montrer l’exemple, parce que nous pensons que c’est l’avenir de la mobilité. Initium est un mot latin qui signifie “début”. Parce que nous sommes les premiers, mais aussi parce que nous en sommes encore au début de ce voyage”, ajoute le Vice-Président de la marque.

Pourquoi Hyundai pense que l’hydrogène est une solution d’avenir

“Nous croyons en son potentiel en tant que source d’énergie propre, accessible et donc équitable pour tous. Nous nous engageons à ouvrir la voie à un avenir où l’hydrogène sera utilisé par tous, dans tout et partout. C’est pour cela que nous avons créé la marque hydrogène HTWO pour concentrer ces efforts. Nous devons construire une société hydrogène pour les générations futures. Pour Hyundai, les choses sont claires, nous pensons que l’hydrogène peut, et doit remplacer les véhicules à pétrole. Cela passe par une solution globale de bout en bout, couvrant la production d’hydrogène propre, de véhicules et d’infrastructures. Nous développons des solutions chaque jour pour parvenir à cet objectif. De la même manière que le corps humain fabrique de l’énergie à partir des aliments dont vous vous nourrissez, on peut produire de l’hydrogène, et donc de l’énergie avec beaucoup “d’aliments”. Pensez, par exemple, qu’on peut produire de l’hydrogène avec les boues des stations d’épurations. On transforme un déchet, qui pèse sur notre planète, en énergie vertueuse, pour le bien de cette planète”. poursuit Changhwan Kim.

Une philosophie de ses ingénieurs très particulière

“Nous investissons dans différentes solutions et l’hydrogène arrive en tête de liste de ces solutions. On ne peut jamais créer quelque chose de grand en le créant une seule fois” ajoute Changhwan Kim. “Notre philosophie, c’est “Ne vous souciez pas du budget, laissez les jeunes ingénieurs exprimer leurs idées et fabriquer la voiture de leurs rêves. Plutôt que d’essayer d’économiser de l’argent en développant 100 fois la même voiture, voyons si on ne peut pas imaginer 100 voitures différentes. Parce que ce sont ces différentes solutions qui nous rapprochent de notre idéal.”

Il reste deux gros problèmes : celui de l’infrastructure…

“C’est l’histoire de l’œuf et de la poule. Sans voitures à hydrogène, pas de station et sans station, pas de voitures. Nous avons décidé il y a longtemps d’investir pour développer l’hydrogène, en fabriquant des voitures hydrogène qui correspondent aux besoins des clients, mais aussi en investissant dans l’infrastructure. Notre vision est claire. Quelqu’un doit proposer des véhicules hydrogène pour que l’infrastructure se développe. Nous sommes les premiers et aujourd’hui Hyundai est le plus gros vendeur de véhicules hydrogène dans le monde. En Corée, on trouve un réseau de stations hydrogène, ce qui permet à nos clients de rouler sereinement. Ici, le plein d’hydrogène revient trois fois moins cher que le plein d’essence.” ajoute le Vice-Président de Hyundai (le litre de sans-plomb était vendu en stations aux alentours de 1,20€ lors de notre visite en Corée du Sud en octobre).

… et du prix des voitures

“Développer l’hydrogène passe également par des voitures vendues au bon prix. Là aussi, il faut créer un cercle vertueux. Trouver des solutions facilement industrialisables, produire davantage de voitures, pour faire baisser le prix de revient. L’Initium, lorsqu’il sera commercialisé courant 2025, sera vendu à un tarif acceptable pour le client final.”

Hyundai peut-il gagner le pari de l’hydrogène ?

“C’est un plan audacieux qui vise à révolutionner la mobilité. Mais, rappelez-vous que les piles à combustible hydrogène étaient déjà la source d’énergie d’Apollo 11, en 1969. À l’époque, Hyundai Motor avait deux ans et était un minuscule constructeur automobile, dont personne n’avait entendu parler. Aujourd’hui nous travaillons avec une entreprise américaine qui fournit des piles à combustibles à la NASA. En septembre dernier, nous avons atteint les 100 millions de Hyundai produites, ce qui nous aura pris 57 ans. Vous voyez ce qu’on a fait en partant de rien. Imaginez ce qu’on peut faire en étant désormais le troisième constructeur automobile mondial, avec nos partenaires, notre stratégie et des véhicules comme l’Initium.” conclut Changhwan Kim.

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Est-ce qu’on y croit vraiment ?

L’hydrogène, solution d’avenir ? Nous nous garderons de répondre à cette question. Mais cette immersion en Corée du Sud, au cœur de la stratégie de Hyundai, nous permet de comprendre pourquoi Hyundai continue d’investir. Derrière le discours aussi offensif qu’optimiste de la marque, un constat s’impose. Si vu de chez nous, l’hydrogène est perçu, au mieux, comme une solution très lointaine, en Corée, on en parle au présent. Il nous tarde d’essayer ce Hyundai Initium dans sa version de série et de découvrir “son tarif acceptable”.

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Lexifloil y a un an

L'hydrogène c'est mort pour les voitures c'est maintenant certain et il faudrait être complètement fou pour vouloir gaspiller l'énergie dans un bazar compliqué à construire, à entretenir et en plus dangereux.

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Niala91il y a un an

Aucune information sur la filière de production, transport et distribution d'hydrogène proposée par Hyndai dans son pays d'origine. S'agit-il de H2 vert, bleu, gris ? Comme l'évoque très rapidement l'article on peut effectivement produire de l'hydrogène par vaporeformage du gaz comme le méthane de méthanisation, c'est d'ailleurs la principale source actuelle de production de H2 gris (car produit à partir de gaz fossile). Ce pose la question du rejet de CO2 de cette filiere. Pour le prix, combien serait-il sans subvention massive ?Tu près de chez moi se trouve une station (6 pistes) de distribution de H2 vert inaugurée en 2023 et fréquentée par quelques rares taxis Mirai, la production de H2 à 350 et 700 bars est faite directement sur place par un électrolyseur de 2,5 MW suivi d'une batterie de compresseurs/filtres pour un stockage haute pression. C'est un usine à gaz qui demande un entretien délicat, cette station est souvent à l'arrêt et aura coûté fort cher à construire (10 à 15 MEUR) fortement subventionné, le kilo de H2 à 700 bars est vendu environ 20 EUR et permet à une Mirai de rouler environ 100 km, au niveau bilan énergétique il faut plus de 60 kWh d'électricité pour produire ce kg de H2. Au passage on constate le trés mauvais rendement du process électricité => H2 => électricité qui est de 30%. Ce modèle, qui a l'avantage de régler le problème du transport de H2, semble très (trop) couteux et délicat à entretenir (la maintenance a aussi un coût, surtout à ce niveau d'expertise).

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Bernard42il y a un an

Le pire, c'est que même au niveau de la recharge, qui est l'argument phare de l'hydrogène face à l'électrique, c'est loin d'être aussi rapide qu'un plein d'essence.

En effet, un plein d'hydrogène peut prendre jusqu'à 10 minutes pour 400 km.. On est bien loin du pistolet d'essence qui remplit le réservoir en 2 minutes pour 1000 km.

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