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Alors que le tarif des carburants et du gaz explose en lien avec le conflit en Iran, l’on pourrait penser à un effet boule de neige sur les prix de la recharge des voitures électriques. S’il existe bel et bien un effet d’entraînement entre les différentes énergies, la situation reste nettement plus rassurante pour les consommateurs d’électricité. À quoi s’attendre réellement ?
C’est un effet bien connu : lorsque le prix du gaz augmente en Europe, celui de l’électricité finit toujours par suivre la tendance, dans une certaine mesure. La faute à un réseau toujours dépendant de cette énergie fossile importée, notamment chez nos voisins. Si, en France, le gaz représente seulement 3 % de la production électrique nationale, le chiffre atteint 17 % à l’échelle du continent.
Malgré sa production minoritaire, le méthane continue d’avoir une influence importante sur le prix de l’électricité. Car il est utilisé par des centrales thermiques indispensables pour stabiliser le réseau lors des pics de consommation, faute d’avoir déployé d’autres moyens bas-carbone et souverains pour cette mission, comme les STEP et les batteries.
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Quel est le coût de la recharge pour parcourir 100 km avec une voiture électrique en 2025 ?Les envolées du prix du gaz ne sont toutefois pas répercutées avec la même intensité sur l’électricité. Grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, qui produisent la grande majorité des électrons, le tarif de l’électricité est mieux maîtrisé. L’impact d’une hausse du gaz est également décalé, voire lissé, selon l’offre de fourniture souscrite. Comment cela va-t-il se traduire sur le tarif pratiqué par un opérateur de borne de recharge ? Difficile à prédire, car tout dépend du contrat qu’il a passé avec son fournisseur d’énergie.
Durant la crise énergétique de 2022, dont l’ampleur était considérablement plus importante que celle d’aujourd’hui, tout le monde n’a pas été affecté de la même manière. Certains consommateurs ayant opté pour un contrat aux tarifs peu sécurisés ou eu le malheur de se retrouver en fin de contrat se sont retrouvés avec des kilowattheures à prix ahurissants. D’autres, ayant souscrit à des contrats à prix fixes garantis sur de longues durées, ont pu traverser la crise sans encombre.

Le conflit actuel en Iran provoque bien une hausse modérée des prix de l’électricité sur les marchés, à court terme. Mais il n’influence pour l’instant pas les prix finaux appliqués aux consommateurs, à moins d’avoir opté pour un des rares contrats à « tarification dynamique ». Pour les particuliers et petits professionnels, une légère hausse pourrait être appliquée lors de la prochaine mise à jour des tarifs réglementés, en août 2026 ou en février 2027. Pour les gros consommateurs, comme les opérateurs de bornes de recharge, cela dépend de leur modèle économique.
Aucune hausse du prix du kilowattheure n’est pour l’instant constatée du côté des réseaux de recharge publics. Il est même en légère baisse depuis janvier selon l’opérateur de mobilité Chargemap (propriété du groupe Brakson, qui possède également l’éditeur d’Automobile-Propre, ndlr). Certains réseaux se permettent même de lancer des promotions, comme Lidl, qui fait passer le prix du kilowattheure sur ses bornes rapides de 0,39 à 0,29 € jusqu’au 17 avril 2026.
Mais des augmentations seront possibles, en fonction du mode d’approvisionnement de chaque opérateur. Certains se sont engagés à acheter de gros volumes d’électricité à long terme en direct auprès des producteurs, ce qui leur permet de maintenir un tarif du kilowattheure stable. Quelques opérateurs possèdent même leurs propres moyens de production d’électricité, ce qui peut leur permettre d’avoir un meilleur contrôle sur les prix. D’autres, moins prudents, ont peut-être choisi un modèle à court terme afin de profiter de tarifs habituellement très bas à certains moments de la journée, mais aussi très volatils.
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Recharge électrique : quels sont les meilleurs réseaux en France en 2026 selon Chargemap ?Quels que soient les cours du marché, la recharge sur une borne publique est toujours plus coûteuse qu’à domicile, sauf rares exceptions. Avec un kilowattheure culminant parfois à 0,80 € sur certaines stations autoroutières, même dans un contexte de prix bas de l’électricité, s’y recharger coûte hélas très cher.
Une chose est certaine : au quotidien, rouler en voiture électrique reste nettement moins cher qu’en véhicule thermique avec un carburant à 2 euros le litre. Il faudrait un kilowattheure payé chez soi 0,67 € (contre environ 0,16 € actuellement en heures creuses au tarif réglementé) pour égaler le budget carburant d’une voiture essence consommant 5,5 L/100. À ce jour, 1000 kilomètres parcourus en voiture électrique rechargée à domicile en heures creuses coûtent 25,3 €. La même distance réalisée avec un véhicule roulant au SP95-E10 nécessite 106,7 €. C’est quatre fois plus.
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La vrais question pour la France est de savoir s’il y a encore un sens à brûler du gaz pour produire de l’électricité. La Suède à titre d’exemple n’utilise plus du tout le gaz pour produire son électricité. La France a parfaitement la capacité de le faire ce n’est qu’une question de volonté. Alors que fait-on maintenant après l’inexpérience du gaz russe avec l’Ukraine et le gaz du Qatar avec l’Iran. Il est peut être temps d’ouvrir enfin les yeux! Je rappelle que même les Anglais ont abandonné le charbon , le prochain sera probablement le gaz également.
Il n’y a pas de raison d’avoir un impacte sur le prix du gaz pour notre électricité. C’est une question de volonté et de bon sens.
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Ce n'est pas réglementaire, c'est la manière dont le prix est fixé sur le marché européen, selon le principe du "mérit order". Beaucoup de personnes et de politiciens ne comprennent malheureusement pas comment ça fonctionne. L'avantage de ce système est qu'il permet d'assurer un prix de l'électricité moyen le plus bas possible, même si pour le commun des mortels cela semble contre intuitif. Le prix est fixé par là la centrale la plus chère nécessaire pour répondre à la demande.
Ce n'est pas idiot, cela permet d'éviter de construire des centrales très chères mais qui ne tournent presque pas. Si on voulaient répondre à la demande avec par exemple uniquement des centrales nucléaires, il faudrait construire par exemple 50% de centrales en plus mais dont certaines ne tourneraient quasiment jamais. Ces centrales sont chères à contruire mais capable de produire de l'électricité peu chère à la seule condition qu'elles aient un facteur de charge élevé, ce qui ne serait dans ce scénario pas le cas. En conséquence on aurait une électricité 50% plus chère. Il est donc plus logique d'utiliser des centrales à gaz lors des phases de pic, peu chères à construire mais chère à faire tourner.
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Ces prédictions douteuses n'engagent que toi.
Tu oublies simplement la ruine économique vers laquelle nous entraînerait l'inaction.
On ne roule pas en VE simplement parce que c'est agréable...
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