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À Pont-d’Ouilly, dans le Calvados, Arthur Allizard, maire de la commune, voit un grand potentiel dans les bornes de recharge. Dans cette commune touristique de la Suisse normande, elles deviennent aussi un outil d’attractivité !
La voiture électrique est-elle vraiment faite pour les zones rurales ? C’est un débat qui revient régulièrement. Il a même été relancé récemment par Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies, qui a surpris tout le monde en affirmant que le véhicule électrique était « très adapté » aux habitants des campagnes. « À condition de pouvoir se brancher chez soi », selon lui. Auditionné par la Commission des Finances de l’Assemblée nationale le 17 juin, M. Pouyanné estimait au passage qu’investir dans des bornes de recharge à tout-va dans ces territoires « ne serait pas forcément la solution ». Avant d’ajouter que cela relève plus « de la communication » que d’une réelle aide, car la plupart des habitants peuvent théoriquement recharger leur voiture électrique chez eux.
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Voitures électriques : encore trop de problèmes autour de la recharge selon Que Choisir EnsembleUne position qui invite à regarder de plus près ce que ces bornes représentent réellement pour les petites communes. Car sur le terrain, leur intérêt ne se limite pas toujours à répondre aux besoins quotidiens des habitants… Elles peuvent aussi servir les visiteurs, accompagner le tourisme local et envoyer un signal concret sur la place de l’électrique en dehors des grandes villes. À Pont-d’Ouilly, dans le Calvados, Arthur Allizard n’a pas vraiment de doute. Pour le maire de cette commune normande, également 2ᵉ vice-président du Pays de Falaise en charge de l’attractivité et du tourisme, la recharge publique ne se résume pas à un simple équipement technique supplémentaire. Elle sert aussi de levier d’attractivité territoriale pour attirer des visiteurs.
Dans un récent message publié sur LinkedIn, l’élu résumait son approche en une phrase : « la transition énergétique passe aussi par la ruralité ». Pont-d’Ouilly disposait déjà de bornes installées par le SDEC Énergie. Mais la commune a décidé d’aller plus loin en installant un nouveau point de charge plus performant. Pour Arthur Allizard, l’objectif n’est pas seulement de suivre une tendance, mais plutôt d’offrir un équipement utile à la fois aux habitants et aux visiteurs. Dans cette commune fortement tournée vers le tourisme, l’enjeu est évident ! Pont-d’Ouilly attire des promeneurs, des familles, des amateurs de loisirs de plein air ou de simples visiteurs de passage. Pour ces automobilistes, la possibilité de recharger sur place peut transformer un simple arrêt en pause prolongée.
Finalement, la borne de recharge n’est plus seulement un point sur une carte. Elle devient une porte d’entrée vers le village. Un conducteur qui s’arrête pour recharger dispose de quelques dizaines de minutes, parfois davantage. Ce temps peut être mis à profit pour aller au restaurant, faire une course, découvrir le centre-bourg ou profiter de l’offre touristique locale. « Pour une commune touristique comme Pont-d’Ouilly, c’est un atout supplémentaire », estime le maire. Selon lui, la borne participe « à la dynamique locale et à la valorisation de l’offre commerciale et touristique ».
Cet argument répond (en partie) aux réserves exprimées par Patrick Pouyanné sur l’usage des bornes publiques en zone rurale. Oui, de nombreux habitants des campagnes peuvent a priori recharger chez eux. Mais la recharge publique ne s’adresse pas seulement aux résidents. Elle sert aussi les visiteurs, les professionnels de passage, les touristes, les habitants qui ne disposent pas toujours d’une installation adaptée à domicile ou ceux qui ont ponctuellement besoin d’un complément d’autonomie.
Dans une petite commune, la rentabilité d’une borne ne peut donc pas se lire uniquement comme celle d’une station-service classique. Son utilité se mesure aussi dans le service rendu, dans le maillage du territoire et dans la capacité à rassurer les conducteurs. Pour Arthur Allizard, la présence de bornes contribue à la promotion de la mobilité électrique. Elle envoie « un signal positif » aux habitants, en montrant que les conditions commencent à être réunies pour envisager l’utilisation d’un véhicule électrique au quotidien. Ce point est essentiel, car dans les territoires ruraux, le passage à l’électrique se heurte souvent à la perception du risque. Vais-je pouvoir recharger facilement ? Que se passe-t-il si je dois faire un trajet imprévu ? Le territoire est-il suffisamment équipé ?
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Recharge des voitures électriques : la jungle des prix à nouveau pointée du doigt dans cette étudeArthur Allizard insiste aussi sur la simplicité du dispositif pour les communes. Le projet s’inscrit dans le cadre du déploiement du réseau porté par le SDEC Énergie (Syndicat Départemental d’Énergies du Calvados). La nouvelle installation de Pont-d’Ouilly avait été validée lors du précédent mandat municipal et sa mise en service vient d’être finalisée. Pour les collectivités, la marche à franchir est moins haute qu’on pourrait l’imaginer. Le SDEC Énergie pilote le projet, s’appuie sur des entreprises spécialisées pour les travaux et prend en charge l’exploitation ainsi que la maintenance des infrastructures.
Les interventions nécessaires sont peu nombreuses. À l’échelle du Calvados, le réseau est désormais largement déployé, avec plusieurs centaines de bornes réparties sur le territoire. Les communes et intercommunalités ont transféré la compétence relative aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques au SDEC Énergie, ce qui permet une approche coordonnée et évite à chaque petite collectivité de devoir tout porter seule. Pour Arthur Allizard, c’est précisément ce type d’accompagnement qui doit encourager d’autres maires ruraux à franchir le pas. Il a d’ailleurs souhaité faire passer un message à ses homologues : « il ne faut pas voir cela comme une contrainte mais comme un service rendu à la population et aux visiteurs, bref il ne faut pas avoir peur de se lancer ».
Mais alors, faut-il attendre que la demande soit forte avant d’installer des bornes, ou faut-il anticiper ? Le maire de Pont-d’Ouilly penche nettement pour la seconde option. « Si on attend que la demande soit très forte, on risque d’être en retard », prévient-il. À ses yeux, la transition vers l’électrique est déjà largement engagée. Les infrastructures doivent être présentes avant que les besoins ne deviennent massifs. Cette logique d’anticipation est au cœur du rôle des collectivités. Dans les grandes agglomérations, le marché attire naturellement davantage les opérateurs privés. Les perspectives de rentabilité sont plus évidentes. En zone rurale, l’équation est différente. C’est là que l’action publique peut éviter la création d’une fracture territoriale dans le domaine de la recharge.
Sans intervention des collectivités, certaines communes risqueraient de rester à l’écart du maillage, ce qui renforcerait l’idée que la voiture électrique serait réservée aux habitants des zones urbaines. Arthur Allizard rejette cette vision. Pour lui, la voiture électrique « a toute sa place en zone rurale ». Il reconnaît qu’il reste des défis à relever, notamment sur le maillage du territoire et sur la recharge pour certains usagers, mais il rappelle que de nombreux trajets quotidiens sont compatibles avec les autonomies actuelles. Et que la plupart des ruraux peuvent brancher leur voiture à la maison… Ce qui change tout !
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Voitures électriques : voici le tout premier forfait illimité pour la recharge à domicile et sur les bornes publiquesMais cela ne signifie pas que les bornes publiques soient inutiles. Au contraire, elles complètent l’écosystème. Elles rassurent, elles dépannent, elles accueillent les visiteurs et elles montrent que la transition énergétique n’est pas réservée aux métropoles. « Je suis convaincu que les communes rurales ont un rôle à jouer », affirme Arthur Allizard. Selon lui, la transition énergétique concerne l’ensemble du pays. Les grandes villes et les opérateurs privés ont leur part de responsabilité, mais les collectivités locales restent des acteurs essentiels pour garantir une couverture équilibrée du territoire.
Dans le débat sur l’électrique à la campagne, ce récit normand rappelle que la ruralité n’est pas condamnée à suivre la transition avec retard. Elle peut aussi en être l’un des relais !
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