AccueilArticlesFaire de longues distances avec une électrique, bien sûr que c'est possible : il suffit de respecter ces 3 règles

Faire de longues distances avec une électrique, bien sûr que c'est possible : il suffit de respecter ces 3 règles

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Voyager loin en voiture électrique
Voyager loin en voiture électrique

Rouler longtemps et loin en voiture électrique n’est plus un problème, à condition de respecter quelques règles.

Avec la guerre au Moyen-Orient et la flambée du prix de l’essence (enfin surtout en France), les débats sur l’opportunité de passer à l’électrique ont repris de plus belle, avec bien sûr leur lot d’approximations, de mauvaise foi — des deux côtés, d’ailleurs — de désinformation, voire de bêtise pure. Un débat qui a été également ravivé par la récente et longue vidéo d’un YouTubeur auto célèbre, qui pourtant prend le temps d’exposer les faits calmement avec une certaine impartialité.

Mais, dans tout ce bruit, on sent une véritable évolution dans l’état d’esprit général. Il n’y a pas si longtemps que cela, quand un anti-VE avançait ses « arguments » sur les réseaux sociaux, son post était largement approuvé et validé par des hordes de petrolheads un peu ignorants qui poussaient leurs préjugés comme on rigole grassement à une bonne blague de Café du Commerce.

Les choses ont changé. Désormais, quand un post hostile à la voiture électrique émerge, il se fait très rapidement rattraper par la patrouille et corriger dans la minute par des dizaines, voire des centaines de réactions contradictoires. La différence ? Entretemps, des milliers d’automobilistes sont devenus des électromobilistes, et ils répondent en sachant de quoi ils parlent, contrairement aux autres, qui dénigrent l’électrique sans jamais en avoir conduit. Ces électromobilistes sont également très actifs sur les réseaux, avec de vrais et solides arguments : ceux de la vraie vie et de l’expérience au quotidien.

Conséquence : à part quelques incurables, les opinions évoluent et se déradicalisent. On commence ainsi à voir apparaître une autre façon d’aborder la question de l’électrique par ceux qui sont encore — et c’est légitime — un peu sceptiques. Une tendance qui consiste à considérer que, d’accord, finalement l’électrique c’est pas si mal… mais seulement pour les petits trajets du quotidien, alors que pour les longs trajets on garde une thermique. Si l’on peut saluer une certaine forme d’évolution des mentalités, on n’oubliera pas néanmoins que cette approche pose question, tant du point de vue pratique qu’économique, et, osons le gros mot, écologique.

Car, à partir du moment où une voiture peut aligner 300 à 400 kilomètres sur route et 200 à 300 kilomètres sur autoroute entre deux recharges et qu’elle peut se recharger à 80% en vingt minutes, sauf cas d’urgence absolue et exceptionnelle, on doit pouvoir se satisfaire d’une électrique comme voiture principale, avec des pauses en temps masqué pour les rares longs trajets estivaux. Or, le modèle que je décris là est désormais le plus courant du parc électrique. Je ne parle pas d’une Mercedes ou d’une BMW avec 800 kilomètres d’autonomie moyennant un chèque de plus de 70 000 euros, mais de l’électrique moyenne telle qu’on a trouve aujourd’hui à moins de 40 000 euros, voire moins de 30 000 pour certains modèles. Et si vous lorgnez du côté de l’occasion, où l’offre s’est considérablement étoffée au cours des derniers mois, vous devriez trouver votre bonheur pour encore moins que ça. Un exemple ? Une amie proche a récemment acheté une Hyundai Ioniq 5 première génération avec 57 000 km au compteur pour 26 500 euros, avec un SOH de batterie de 95%, voiture comme neuve, garantie un an.

Bien sûr on parle du cas d’usage moyen constaté de l’automobiliste français, qui parcourt moins de 50 kilomètres par jour et fait deux ou trois grands déplacements dans l’année. Pour un professionnel qui enquille chaque jour plusieurs centaines de kilomètres au quotidien, la donne est quelque peu différente. Il pourra également le faire en électrique, mais il faudra viser une gamme plus coûteuse, avec très grande autonomie et une recharge ultra-rapide. En fait la dernière et seule différence avec le thermique se situe plutôt dans un cas de figure assez particulier : on ne traversera pas l’Europe avec une citadine électrique comme on pouvait le faire avec une thermique, même si on ne nie pas qu’un roadtrip en Twingo ou Fiat 500 thermique peut aussi avoir son charme et nous rappeler nos jeunes années.

Sans revenir une énième fois sur les bonnes pratiques et routines du voyage en électrique, déjà maintes fois expliquées et détaillées sur Automobile Propre, comme le préconditionnement de la batterie avant le départ, l’utilisation d’un bon planificateur d’itinéraire, la possession d’une carte de recharge multi-opérateurs et l’éco-conduite à base de lift and coast, il y a trois fondamentaux inhérents aux longs trajets que chaque électromobiliste devrait avoir en tête avant chaque départ, prévu ou non.

Se renseigner sur les possibilités de recharge à destination

On ne part pas toujours en vacances dans un lieu très touristique avec des bornes de recharge à tous les coins de rue. Même si le réseau s’est considérablement densifié avec aujourd’hui près de 200 000 points de recharge publics en France, dont une bonne partie en bornes haut débit de 50 kW à 300 kW, il reste des destinations un peu perdues où le seul point de charge disponible sera une paire de bornes 7 ou 11 kW sur la place de la mairie. Si cela ne posait pas trop de problèmes de disponibilité il y a seulement quelques années, aujourd’hui c’est une autre histoire, et la bataille de la recharge peut vite se transformer en guerre de tranchées.

Dans ce contexte, il est plus prudent de s’informer sur les possibilités de recharge indépendantes sur place. S’il s’agit par exemple d’une maison de location, demander au bailleur s’il y a une prise accessible et si l’on a son accord pour y brancher sa voiture. Dans ce cas, penser à prévoir un câble de recharge assez long, voire une rallonge aux normes, car la présence d’une prise ne signifie pas forcément que l’on puisse se garer juste à proximité. Idem si vous allez en camping ou dans une résidence de vacances, même si dans ces deux cas de figure, la présence de bornes dédiées est de plus en plus courante.

Faire une recharge à bloc avant l’arrivée

Si vous n’êtes pas sûr de pouvoir recharger sur place, arrangez-vous pour faire une grosse recharge le plus près possible de votre lieu de villégiature juste avant d’y arriver. Cela peut-être sur l’autoroute juste avant la sortie. Dans ce cas, il ne faudra pas hésiter à faire une charge maximale, voire exceptionnellement à 100 % afin d’avoir plusieurs jours de réserve sur votre lieu de séjour. Vous aurez alors également repéré les possibilités de recharge alentour, dans la bourgade la plus proche ou sur le parking de la grande surface ou du McDo local.

Garder toujours sa voiture chargée à la maison

On en parle moins, mais c’est une question de confort et de sérénité. Même si vous n’avez pas de grand déplacement en vue, vous devriez vous imposer une règle simple, celle d’avoir toujours votre batterie chargée au moins à 80%. Un imprévu peut survenir, nécessitant un départ et un trajet subits, et il vaut mieux l’anticiper. Cela étant, pour des raisons de protection de la batterie, il n’est pas recommandé de la garder chargée trop longtemps à 100%, ni déchargée en deça de 10%. Mais 80% est sans conséquence, et vous permettra de répondre à une situation d’urgence avec au moins 200 kilomètres d’autonomie en réserve pour les plus petites batteries.

La voiture électrique est en voie de banalisation, et avec la densification des infrastructures de recharge et l’augmentation des vitesses de recharge, la question des grands trajets se pose de moins en moins. Il ne reste plus qu’à le faire savoir au plus grand nombre.

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luckylukeil y a 3 heures

Si l’invention de l’automobile a indéniablement élargi les possibilités de déplacement, assimiler cette évolution à une liberté absolue relève d’une vision partielle, voire idéalisée. La liberté de mouvement n’a jamais été totale : elle a toujours été conditionnée par des contraintes matérielles, économiques, réglementaires et techniques. Le véhicule individuel n’a pas aboli ces limites, il en a simplement déplacé la nature.

Planifier un itinéraire, anticiper un départ ou intégrer des pauses imposées par la machine ne constituent pas une restriction nouvelle de la liberté, mais au contraire une traduction concrète de la réalité physique et collective du déplacement. Toute liberté exercée dans un espace partagé suppose des règles, des arbitrages et une organisation minimale. Exiger une mobilité totalement spontanée et sans contrainte reviendrait à nier les fondements mêmes de la sécurité, de la fiabilité et de la coexistence entre usagers.

Par ailleurs, assimiler toute contrainte à une atteinte à la liberté est une lecture simpliste. Certaines contraintes sont précisément ce qui rend la liberté praticable, durable et équitable. Sans planification, sans limites techniques ou temporelles, la mobilité deviendrait imprévisible, inégalitaire, voire dangereuse. La liberté de quelques-uns se ferait alors au détriment de celle des autres.

Enfin, réduire la réaction humaine à un rejet systématique de la restriction occulte un point essentiel : l’acceptation des contraintes dépend largement de leur compréhension, de leur utilité perçue et de leur juste répartition. L’histoire montre que les individus acceptent des limites dès lors qu’elles servent un objectif collectif clair et qu’elles améliorent, à terme, la qualité de vie ou l’autonomie globale. Ce ne sont donc pas “tous les chiffres du monde” qui sont impuissants, mais l’absence de sens et de pédagogie qui alimente le rejet.

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as1chroneil y a 4 heures

Mais que c'est moche ces images générées par IA !
Sinon, évidemment entièrement d'accord avec le contenu de cet article, sauf pour le principe de garder sa voiture tout le temps chargée à 80%: pas bon pour la batterie. Il faut plutôt viser 30 à 50 %, et tant pis pour les rares imprévus, dans ce cas on improvise.

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Boozil y a une heure

Je trouve le dernier conseil largement excessif: garder toujours 80% est souvent largement au-delà de ce qui peut être une "urgence". Typiquement, toujours avoir de quoi arriver jusqu’à l’hopital le plus proche à 5%: une fois sur place, le temps pris par la recharge ne sera pas un problème et en zone urbaine on trouve maintenant facilement. Or, si c’est 100km d’autoroute en R5, ça veut dire 50%, ou 30% en Model Y de base, donc pas la peine d’être dans l’anxiété quand on est à 79% ou moins.

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