EDF subventionne les voitures électriques chinoises de BYD et ça énerve l’État français

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Photomontage AP, à partir d’images EDF et BYD.

Grâce à la prime CEE, les particuliers et professionnels bénéficient d’une ristourne à l’achat d’un véhicule électrique neuf. Pour en faciliter l’accès à leurs clients, certains constructeurs automobiles s’associent à des fournisseurs d’énergie. Ces derniers versent quelques centaines d’euros à chaque vente, allégeant ainsi la facture. En France, EDF vient de nouer un nouveau partenariat avec le géant automobile chinois BYD. Et cela fait grincer des dents, jusqu’au sommet de l’Etat.

Depuis la fin du bonus écologique, l’aide principale accordée à l’achat ou à la location longue durée d’un véhicule électrique fait appel au mécanisme des certificats d’économies d’énergie (CEE). Pour faire court, ce mécanisme oblige les fournisseurs d’énergie à subventionner les gestes permettant d’économiser de l’énergie à hauteur de leur activité.

Ainsi, les CEE peuvent réduire de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros la facture d’achat ou le premier loyer d’une voiture électrique neuve, selon le profil de l’acheteur et l’éco-score du véhicule. La prime est octroyée sans condition liée à la marque du véhicule. L’acheteur doit soumettre sa demande avant de signer le bon de commande, auprès d’un fournisseur d’énergie ou d’une société spécialisée dans les CEE.

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La plupart des marques automobiles associées aux fournisseurs d’énergie

Pour faciliter la démarche et appliquer directement la prime CEE à leurs clients, la plupart des constructeurs automobiles sont toutefois associés à ces fournisseurs et organismes. En France, EDF a par exemple conclu un partenariat avec le groupe Volkswagen. Détenu à 100 % par l’État français, l’électricien national n’a aucun accord avec les fabricants automobiles hexagonaux, et cela n’avait jamais provoqué de réactions jusqu’ici.

La polémique naît début septembre, lorsqu’EDF décide de s’associer avec le géant chinois BYD à l’occasion du lancement de ses offres de rentrée. Une prime de 365 € est ainsi accordée aux particuliers à l’achat ou à la location longue durée de certains modèles 100 % électriques : la Dolphin Surf, l’Atto 2, l’Atto 3 Evo et la Sealion 7. Pour les professionnels, la prime s’élève même à 555 €.

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Le partenariat EDF / BYD vivement critiqué à gauche comme à droite

Remarqué par Les Échos, ce partenariat fait réagir plusieurs politiciens. Sur le réseau social X, le député Place Publique Sacha Houlié s’indigne : « À quel moment une société 100% détenue par l’État français favorise-t-il un industriel étranger (et pas n’importe lequel !) contre ses propres constructeurs ! À quoi servent les ministres en charge ?! Quel scandale ! ». A droite, il suscite également l’ire de la sénatrice LR Marie-Claire Carrère-Gée, qui le considère « Scandaleux et irresponsable », sur X.

Selon le quotidien économique, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin aurait même demandé à EDF de cesser son partenariat avec BYD d’ici la fin de l’année, en lui rappelant que « l’argent public des Européens doit d’abord soutenir notre base industrielle et nos emplois ».

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D’autres énergéticiens français sont déjà associés à des constructeurs étrangers

Dans les faits, la prime CEE ne fait pas appel à des fonds publics, il s’agit d’une aide privée encadrée par des règles publiques. Son coût est estimé à 8 milliards d’euros par an dès 2026, principalement financé par les factures des consommateurs d’énergie. Nous tous, finalement. Elle ne finance pas uniquement l’achat de voitures électriques, mais aussi des travaux de rénovation énergétique (isolation, changement de chaudière, etc.)

Par ailleurs, d’autres fournisseurs d’énergie et organismes français sont déjà associés à des constructeurs automobiles étrangers, sans provoquer d’indignation. Hors Union européenne, on remarque notamment le coréen Kia, qui s’appuie sur le gazier français Engie (dont l’État est actionnaire à hauteur de 23 %). Hyundai mobilise les fonds d’une filiale de La Poste, détenu à 34 % par l’État. Voici un tableau non exhaustif récapitulant les principaux partenariats :

Constructeur automobile

Partenaire CEE

Renault, Dacia, Alpine, Mobilize

CertiNergy (Engie)

Peugeot, Citroën, DS, Fiat, Opel, Jeep, Alfa Romeo, Lancia

CertiNergy (Engie)

Nissan

CertiNergy (Engie)

Kia

Engie

Volkswagen, Audi, Skoda, Cupra

EDF

BYD

EDF

Toyota, Lexus

Siplec (E.Leclerc)

Ford

Siplec (E.Leclerc)

Hyundai

Économie d’Énergie (La Poste)

Volvo

Économie d’Énergie (La Poste)

Un débat qui dépasse le sujet des primes CEE

Au-delà des quelques centaines d’euros de prime CEE accordée par EDF à l’achat d’une voiture électrique BYD neuve, la polémique fait écho à la concurrence exercée par les industriels chinois sur leurs homologues français et européens. Avec ses modèles suréquipés à bas prix, BYD menace frontalement les ventes des constructeurs nationaux.

Seule la « prime coup de pouce », une bonification de la prime CEE accordée uniquement à des véhicules principalement fabriqués en Europe, permet de contenir l’écart de prix pour le moment. Un garde-fou qui risque de sauter lorsque BYD commercialisera ses premiers modèles fabriqués sur le Vieux Continent.

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