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Avec le CX-6e, Mazda accélère sérieusement sur le segment de l’électrique. Mais derrière le logo japonais se cache une collaboration étroite avec Changan, partenaire historique de la marque en Chine. Plateforme chinoise, production à Nanjing, mise au point européenne et design Mazda : lors des essais internationaux du modèle à Düsseldorf, nous avons cherché à comprendre qui avait réellement fait quoi.
Le Mazda CX-6e est un modèle assez révélateur de la manière dont l’industrie automobile évolue. Face au coût considérable du développement des voitures électriques et de leurs logiciels, les constructeurs multiplient désormais les partenariats. Mazda, qui reste un acteur relativement modeste à l’échelle mondiale, a choisi de s’appuyer sur Changan pour accélérer. Par ailleurs, cette coopération n’est pas nouvelle. Les deux groupes travaillent ensemble en Chine depuis plus de vingt ans et leur partenariat a progressivement évolué de la simple production locale vers le développement conjoint de véhicules.
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Essai – Mazda CX-6e : le nouveau SUV électrique de Mazda est séduisant, mais arrive-t-il trop tard ?Le CX-6e, comme la Mazda 6e avant lui, est l’un des résultats les plus visibles de ce rapprochement. Mazda apporte son expertise en matière de design, d’ingénierie et de comportement routier, tandis que Changan intervient notamment sur les technologies électriques, la connectivité et évidemment, sur la fabrication.
Sur l’origine technique du CX-6e, Mazda ne cherche pas à entretenir le mystère. Le SUV repose sur une plateforme Changan et sa base est le Mazda EZ-60 commercialisé en Chine. Lors de notre entretien, nous avons voulu aller plus loin en questionnant Moritz Oswald, project manager chez Mazda Europe : quelles pièces sont réellement communes avec les modèles Changan et lesquelles sont spécifiques à Mazda ?
Sur ce point, le « Mr Technologies » de la marque japonaise reconnaît ne pas pouvoir détailler précisément l’ensemble des composants partagés. Il assure en revanche que plusieurs éléments du châssis sont propres au CX-6e européen. Les ressorts et amortisseurs ont notamment été spécifiquement choisis et réglés par Mazda.
C’est sur le comportement routier que Mazda revendique le plus fortement sa contribution. Selon Moritz Oswald, l’expérience de conduite du CX-6e européen serait « à 99 % » mise au point en Allemagne, au centre de R&D d’Oberursel (Land de Hesse). Amortissement, direction, récupération d’énergie, sensation à la pédale de frein ou encore réponse de l’accélérateur ont fait l’objet d’un travail spécifique pour l’Europe. Mazda justifie cette adaptation par des habitudes de conduite locales « plus dynamiques ».
Attention toutefois à ne pas mal interpréter cette formule… Cela ne signifie évidemment pas que 99 % du véhicule a été conçu en Allemagne. Mazda parle ici du calibrage de l’expérience de conduite. La plateforme et une partie importante des technologies proposées sur ce véhicule restent issues de la coopération avec Changan.
Le sujet de l’origine du CX-6e est manifestement sensible pour Mazda. Pendant l’entretien, nos interlocuteurs insistent sur le fait qu’il ne faudrait pas considérer ce véhicule comme une voiture chinoise rebadgée. Rappelons que le CX-6e est produit à Nanjing par Changan Mazda Automobile, coentreprise entre les deux constructeurs. Mazda souligne que cette usine applique les mêmes processus de production, standards de qualité et principes d’amélioration continue que ses autres sites à travers le monde.
Pas de doute, c’est bien une Mazda. Mais il ne faut pas minimiser la participation de Changan dans la stratégie d’électrification du Japonais. Il ne s’agit pas simplement d’un accord industriel. Le Chinois apporte une partie déterminante du socle technique qui permet aujourd’hui à Mazda de proposer des voitures électriques de ce niveau.
C’est sans doute sur le style que Mazda a cherché à marquer le plus nettement sa différence. Bahram Partaw, lead designer pour Mazda Europe et responsable du dessin du CX-6e, nous explique avoir voulu prendre ses distances avec ce qui peut se faire en Chine. Tout le défi a été de conserver les codes esthétiques traditionnels de Mazda : une silhouette dynamique, des volumes travaillés et des lignes tendues.
L’inspiration de départ est plutôt inattendue : « un catamaran », nous dit-on. L’idée était d’imaginer un corps central très étiré, associé à des volumes plus puissants sur les côtés, afin de donner au SUV une impression de stabilité et d’assise sur la route. Le passage à l’électrique a aussi permis de faire évoluer certains codes habituels. La traditionnelle calandre laisse place à une face avant fermée et lumineuse. Les surfaces sont plus tendues et plus tranchantes que sur les Mazda thermiques récentes.
Quelques détails viennent encore renforcer ce parti pris, comme les aspérités visibles sur le bouclier avant, un traitement que l’on retrouve régulièrement sur des modèles à vocation sportive. Cette volonté de différenciation semble d’ailleurs déjà trouver un écho auprès des premiers clients. Selon Mazda France, 120 premières commandes auraient déjà été enregistrées. Ce n’est pas grand chose, mais la marque paraît s’en satisfaire.
Le défi était justement d’éviter de tomber dans une silhouette trop générique. De nombreux SUV électriques adoptent aujourd’hui des proportions et des codes aérodynamiques assez proches. Interrogé sur cette uniformisation, le designer du CX-6e explique avoir voulu donner à la voiture une véritable personnalité, en insistant davantage sur l’émotion que sur la seule efficacité technique. Quand je lui demande directement si l’objectif était d’éviter de créer « un Tesla Model Y de plus », sa réponse est sans ambiguïté : « certainement pas » !
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Test Mazda 6e : la nouvelle grande berline électrique japonaise est-elle à la hauteur ?À bord, le contraste avec les habitudes de Mazda est frappant. Le CX-6e adopte un gigantesque écran panoramique de 26,45 pouces, des commandes gestuelles, de nombreuses fonctions connectées et même des rétroviseurs extérieurs numériques selon la finition. Une approche très éloignée de celle que Mazda défendait encore récemment, avec des interfaces relativement sobres et plus de commandes physiques.
Un virage à 360°, alors que d’autres marques font marche arrière sur le tout-numérique… En effet, plusieurs constructeurs commencent justement à réintroduire des boutons physiques après avoir poussé très loin la centralisation des fonctions sur écran. Mazda prend ici le chemin inverse, en assumant un habitacle beaucoup plus numérique et plus proche des standards désormais imposés par les constructeurs chinois et Tesla.
Le constructeur tente toutefois de conserver une certaine lisibilité à bord. L’écran est conçu pour être partagé entre conducteur et passager, la commande vocale permet de piloter plusieurs fonctions courantes et certaines informations peuvent être envoyées directement vers l’affichage tête haute. Reste à voir, à l’usage, si cette nouvelle philosophie parvient à conserver la simplicité d’utilisation qui faisait jusqu’ici partie des points forts de Mazda.
Le CX-6e illustre finalement assez bien le nouvel équilibre recherché par Mazda. La marque japonaise conserve la main sur des éléments très perceptibles par le conducteur : design, châssis, direction, freinage et adaptation aux goûts européens. Changan lui permet de son côté d’accéder rapidement à une plateforme électrique, à des technologies numériques avancées et à une capacité de production compétitive.
Pour Mazda France, l’enjeu commercial est déjà important. Sur les 1 400 voitures électriques prévues en 2026, 600 doivent être des CX-6e, auxquels s’ajouteront 800 Mazda 6e. Une ambition modeste à l’échelle du marché français, mais considérable pour une marque dont les modèles électriques ne représentaient jusqu’ici qu’une petite partie des ventes. Et c’est palpable : Mazda attend beaucoup de ce nouveau SUV électrique.
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Témoignage – À 70 ans, Gilles passe du diesel à l’électrique et recharge sa Mazda 6e grâce au soleilAlors, que reste-t-il vraiment de Mazda dans le CX-6e ? Beaucoup de choses dans ce que l’on voit. Mais sous la carrosserie, l’apport de Changan est indiscutable. Plus qu’une Mazda chinoise ou qu’une Changan rebadgée, le CX-6e est surtout le produit d’une nouvelle manière de concevoir une automobile : Mazda conserve son identité là où elle estime qu’elle compte, et s’appuie sur la Chine là où elle doit rattraper son retard.
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