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Ces cinq coupés sportifs électriques devraient arriver sur le marché dans les prochains mois. Enfin, normalement…
Dans un récent Zone Verte, nous regrettions la frilosité des constructeurs automobiles à lancer de nouveaux modèles sportifs à l’ère de l’électrique. Comme si l’électrification avait tué net ce genre à part, alors qu’il ne se portait déjà plus très bien, notamment à cause des taxes confiscatoires (et à l’efficacité discutable en termes écologiques) appliquées par certains pays.
Mais, dans un monde où même Ferrari semble s’être un peu pris les pieds dans le tapis avec la Luce qui ressemble à tout sauf à un coupé sport, il se pourrait que tout ne soit pas perdu, et qu’encore une fois, le salut vienne de l’Empire du Milieu, dont la productivité sans limites apparentes permet à certains géants de mettre sur le marché des modèles « exotiques » en bonus de leur production de masse aussi facilement que d’autres ajoutent des couvre-jantes à leur catalogue.
Mais, heureusement, ils ne sont pas les seuls à se bouger un peu pour tenter d’offrir autre chose que des déplaçoirs familiaux de 2,5 tonnes, prouvant qu’une certaine vision de l’automobile, certes marginale mais ô combien symbolique d’une époque et d’un art de vivre, n’appartient pas encore complètement au passé, ou à la sphère des collectionneurs passionnés de modèles anciens.
Même si l’offre est encore loin d’être pléthorique, les modèles qui arriveront sur le marché du coupé sportif dans les deux années à venir ont de quoi mettre un peu de joie dans nos cœurs, et de laisser un peu de gomme sur le bitume, en toute légalité évidemment. Bien sûr il faudra certainement préparer un chèque assez consistant, mais, à prestations et performances égales, on sera de toute façon très loin des prix stratosphériques des thermiques équivalentes, taxes incluses.
Et, puisque tout le monde s’en fout, raison de plus pour s’offrir un petit tour d’horizon des forces en présence.

On commence avec la plus discrète, en tout cas jusqu’à ces derniers jours, mais certainement l’une des plus désirables de ce panel, j’ai nommé en toute sobriété la Denza Z. On ne va pas se mentir, cette sportive signée… BYD via sa marque de luxe Denza est certainement la plus désirable du plateau avec son look magnifique et au final assez classique entre Ferrari et McLaren, ses lignes parfaitement équilibrées sans fioritures et son esprit GT 2+2. La Denza est désormais officielle et devrait arriver prochainement en Europe, fin 2026 ou courant 2027. C’est pour moi la véritable incarnation de ce qu’est une voiture de sport, même si les caractéristiques annoncées la situent davantage sur le segment Supercar, avec notamment ses plus de 1000 chevaux et son accélération de dragster qui la placent autour des 2 secondes pour aller de 0 à 100 km/h. C’est d’ailleurs le gros reproche que je ferais à ses concepteurs, comme je l’indiquais déjà dans mon précédent édito, celui de cette course insensée à la surpuissance. Personne n’a aujourd’hui besoin de 1000 chevaux pour se faire plaisir au volant tout en respectant le code de la route, alors que le couple et la motricité exceptionnels d’une électrique bien conçue sont déjà largement suffisants pour se contenter de la moitié de cette puissance, voire même un peu moins. On ne connait pas encore les tarifs de cette Z, mais ceux qui espéraient quelque chose de « raisonnable » entre 60 et 80 000 euros risquent bien d’être déçus, car avec ce modèle le constructeur montre qu’il a le très haut de gamme… thermique dans le viseur. Autrement dit, si l’on regarde les prix du côté de sa grande sœur la Denza Z9GT, je ne serais pas étonné que celui de cette Denza Z se situe plutôt aux alentours des 150 000 euros. Certes, c’est presque deux fois moins cher qu’une 911 surtaxée avec deux fois moins de chevaux, mais va-t-elle trouver son public sur ce créneau ?

Tout le monde connait désormais la très sympathique et jolie MG Cyberster, un cabriolet au sujet duquel tous ceux qui en ont pris le volant ne tarissent pas d’éloges. Tentant de renouer avec l’esprit du « petit » cabriolet de promenade à l’anglaise, la Cyberster affiche tous les codes de la voiture plaisir en version moderne, avec ce petit truc en plus de l’ouverture des portes en élytre qui lui confère ce côté aussi exclusif que spectaculaire. Une fonctionnalité bien sûr inutile donc totalement indispensable quand il s’agit de frimer un peu. Pour ceux qui ne sont pas fans de découvrables et qui préfèrent le côté cocon protecteur d’une carrosserie fermée, MG a laissé entendre qu’une version coupé de la Cyberster, le Cyber GT, verrait le jour prochainement. Un « prochainement » qui s’éternise quelque peu puisqu’il date déjà de presque deux ans, et dont nous n’avons plus de nouvelles. Il faut dire qu’avec de nombreux lancements ces derniers mois, et l’arrivée dans les semaines à venir de la nouvelle gamme IM, le constructeur chinois a sûrement d’autres chats à fouetter. Mais on garde espoir de voir ce superbe Cyberster GT débarquer un jour, à un tarif qui pourrait vraiment séduire, pour le coup.

Polestar fait des voitures racées au look qui tranche avec l’ensemble de la production actuelle. Et surtout, la marque ose sortir des sentiers battus, témoin cette impressionnante Polestar 5 qui vient marcher sur les platebandes d’une Porsche Taycan, d’une Audi GT RS e-tron ou même d’une Tesla Model S (paix à son âme). La marque sino-suédoise a dévoilé il y a quatre ans le Concept 02, un magnifique cabriolet étroitement dérivé de la Polestar 5, dont il reprend le poste de conduite, les moteurs ou les suspensions. Les porte-paroles de la marque ont récemment confirmé que la voiture serait prochainement commercialisée, étant en phase finale de développement. Côté tarif, on ne sait rien, mais on imagine bien que ça va douiller, probablement pas en dessous des 150 000 euros, voire davantage.

Porsche a pris le train de l’électrique très tôt, en pionnier, puisque la première ébauche du Taycan (alors nommé Mission E) avait été présentée lors du salon de Francfort 2015. Depuis, on connait le chemin parcouru sur la voie de l’électrification par le prestigieux et sportif constructeur de Stuttgart. Un chemin tout d’abord couronné de succès avec de solides ventes de son unique modèle électrique décliné en d’innombrables versions, puis un déclin dû au contexte économique, mais aussi à la réputation de fiabilité douteuse du Taycan et peut-être à certaines erreurs stratégiques de la marque. Conséquence : le projet 718, qui regroupait des versions électriques des Cayman et Boxster a été brutalement gelé, et la sortie de ces deux modèles, dont la mise au point était arrivée en phase finale de pré-commercialisation, repoussée aux calendes grecques. Tout n’est pas perdu, puisque le dossier ne semble pas totalement abandonné, mais c’est un sacré coup de clim pour tous les enthousiastes au portefeuille bien garni qui attendaient ces deux nouveautés de pied ferme. Il faut dire que les photos ayant fuité lors des essais des deux engins ont de quoi faire saliver, avec notamment ce Cayman au look trapu entre 992 et Taycan raccourci, qui laisse envisager une expérience hors du commun à son volant quand on connait le savoir-faire de Porsche dans le domaine du châssis et des sensations de conduite. On croise les doigts pour que l’arrivée de ces deux pépites ne soit repoussée que de quelques mois, ce qui était déjà le cas de toute façon puisque le calendrier originel prévoyait 2025, puis 2026.

On a gardé le projet tricolore pour la fin. La très populaire berlinette française avait déjà refait son apparition en version thermique moderne, une véritable réussite esthétique et routière qui fait l’unanimité chez les observateurs et passionnés de la marque. Mais chez Alpine on n’est pas du genre à s’endormir sur ses lauriers, et l’électrification s’invitant à la table, le mythique constructeur a pensé que c’était une opportunité parfaite de repenser complètement sa gamme en abandonnant progressivement le thermique. Sont alors arrivées l’Alpine A290 sur base R5 E-Tech, puis le SUV coupé A390, dont le toucher de route est époustouflant pour une auto de ce poids et de ce gabarit, selon tous ceux qui l’ont essayé. La preuve que l’électrique n’est pas l’ennemi du sport ni du plaisir, et qu’Alpine n’a rien perdu de son savoir-faire en ce domaine. On attend donc avec impatience la version électrique de l’A110, qui va certainement faire chavirer le cœur de ceux qui auront la chance de s’installer à son volant.
Cinq projets menés par des constructeurs et marques solides et réputés, dont le plus abouti arrivera dans les prochains mois. Des modèles qui prouvent qu’électricité, plaisir de conduire et sportivité ne sont pas incompatibles. De quoi raviver la flamme chez ceux qui ont une autre vision de l’automobile… et le portefeuille bien garni.
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