Découverte - Alpine Alpenglow HY4 : le futur sur piste et sur route ?

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Alpine a présenté la nouvelle version de l’Alpenglow HY4, son concept hybride à hydrogène. Après une version statique en 2022, c’est cette fois un laboratoire roulant que l’on découvre.

C’est dans le cadre des 6 Heures de Spa-Francorchamps, épreuve du Championnat du monde d’endurance (WEC), qu’Alpine a dévoilé l’Alpenglow HY4, son nouveau concept à hydrogène. Le nom du concept change donc et reçoit ce suffixe HY4, pour Hydrogène et 4 cylindres, la base du moteur. En effet, le WEC vise l’adoption de l’hydrogène dans la seconde moitié de la décennie.

Cependant, le championnat veut le faire avec des moteurs thermiques comme base. En effet, la pile à combustible n’est pas une technologie qui serait facile à utiliser en compétition. Toyota avait déjà présenté un concept de voiture pour l’avenir à hydrogène du WEC. Le championnat visait initialement une arrivée en 2026, mais cette date a déjà changé.

Officiellement, c’est désormais 2027 que le WEC et ses constructeurs visent. Mais sur place, nous avons pu entendre quelques indiscrétions un peu plus pessimistes. Il semblerait qu’introduire l’hydrogène en compétition sera plus complexe que prévu. Aussi, on a pu entendre un cadre du projet admettre que ce serait peut-être plus tard.

Bruno Famin, le vice-président d’Alpine et responsable du sport auto, se félicite toutefois de l’Alpenglow. Il explique : « C’est l’objet de cette exploration », a déclaré Bruno Famin à plusieurs médias dont Automobile Propre. « Nous voulons étudier la faisabilité d’une Alpine de route alimentée à l’hydrogène dans le futur. »

L’Alpenglow aura un V6 spécifique à l’avenir

Cependant, l’Alpenglow HY4 ne sera pas la dernière itération du concept avant la compétition. Alpine travaille déjà sur un successeur, qui fera évoluer cette technologie. Pour le moment, l’Alpenglow HY4 repose sur un 4 cylindres provenant du programme de rallycross. Le moteur turbo de 2 litres développe 250 kW, soit 340 chevaux, offrant jusqu’à 270 km/h en pointe.

Le véhicule embarque trois réservoirs d’hydrogène de 55 litres chacun, à une pression de 700 bars. Alpine a, en effet, choisi de l’hydrogène gazeux, qui est injecté à 40 bars dans le moteur.

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L’autonomie actuelle de l’Alpenglow est de 100 kilomètres. Mais Alpine l’a surtout pensé comme un laboratoire roulant, et non comme l’ébauche précise du futur prototype de compétition. Par ailleurs, c’est l’entreprise X-Trac qui fournit la boîte de vitesses à Alpine. X-Trac est une référence en compétition pour les boîtes de vitesses.

Mais Alpine développe à l’usine un V6 spécifique à la technologie hydrogène. Pour le moment, le développement se fait surtout sur un moteur monocylindre. Le V6, qui sera prochainement sur le banc d’essai, sera pensé uniquement pour cette application.

Alpine utilisera les enseignements des roulages avec l’Alpenglow HY4 pour le peaufiner. Le travail actuel qui se fait sur le bloc monocylindre sera aussi une base de développement. Le constructeur passera aussi, à ce moment-là, à une technologie à hydrogène liquide.

« Une seule technologie » ne suffira pas

Avec l’Alpenglow, Alpine veut réussir à rendre plus propres les moteurs à combustion. Selon Famin, il est impossible de se focaliser sur une seule technologie pour l’avenir de l’automobile.

Renault a déjà une gamme de véhicules électriques, mais le groupe cherche d’autres solutions. Dans sa gamme d’utilitaires, la marque au Losange met déjà l’accent sur l’hydrogène. Dans ce cas-là, il s’agit évidemment d’une technologie à pile à combustible.

Les futures Alpine seront aussi à batterie, mais l’Alpenglow pourrait changer la donne. Du côté de la marque sportive, ce n’est pas la pile à combustible qui intéresse les ingénieurs. Famin confirme qu’associer l’hydrogène à un moteur thermique est la possibilité de se diversifier.

« Si nous pensons uniquement à l’efficience énergétique, certaines énergies sont plus intéressantes. Mais on ne peut pas considérer uniquement l’efficience comme paramètre. Et c’est pour cela que toutes les énergies sont importantes. On ne peut pas remplacer les énergies fossiles par une seule technologie. »

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Stands-upil y a 2 ans

Bonjour et merci de cet excellent commentaire qui omet toutefois un petit détail : les échelles en jeu.
Pour fait au plus simple, en 100 Km le véhicule se gave de 165 litres de dihydrogène comprimé à 700 bars.
Ce qui, s'il était à pression atmosphérique représenterait 115 500 litres, quelle soiffarde !
Mais aussi 8,200 kg de carburant car voyez vus l'H2 est léger, très léger...
Si vous avez fréquenté un peu la compétition automobile, vous serez sans doute d'accord pour constater qu'une LMP3 qui n’écluserait que 8,2 kilos au cent, en régime de course, serait considérée comme extraordinairement sobre.

Ce qu'elle est.

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H2Fril y a un an

Personnellement, j'ai plus confiance dans le dihydrogène vert, produit via des panneaux photo-thermiques, potentiellement domestiques (je ne suis pas sûr du nom). Le principe est d'avoirs une parabole réfléchissant la lumière du soleil vers son foyer, où se trouve un réservoir d'eau, qui peut ainsi atteindre des températures élevées (potentiellement bien plus de 250°C), avant d'être électrolysée, ce qui permet d'augmenter considérablement le rendement de l'électrolyse (ou, plus exactement, de diminuer la consommation d'énergie électrique en la remplaçant par de l'énergie thermique, qui fragilise les molécules d'eau). Il s'agirait d'un moyen d'optimiser considérablement la production de dihydrogène (voire, peut-être, de créer du dihydrogène avec moins d'énergie électrique que ce que la combustion du-dit dihydrogène fournit).
Bonsoir.

CM Automobile Propreil y a un an

Au cours du webinaire, le rendement provisoire indiqué pour la solution à moteur thermique H2 était encore inférieur aux 8 % de celle à pile H2. La PAC était créditée d'un rendement de 48 % et le moteur thermique de seulement 30 %. Toutefois le moteur thermique EHM à cinq temps aurait selon leur créateur un rendement de 50 %. Ce qui pourrait mettre les 2 solutions à égalité.

Pour la production en H2 vert, les calculs ont été faits en retenant l'électrolyse à partir du mix électrique français (rendement 61 %).

Potentiellement, l'hydrogène blanc pourrait très nettement améliorer les rendements finaux. Nous ne connaissons en revanche pas à notre niveau aujourd'hui le rendement pour un gaz obtenu en reproduisant industriellement le processus qui mène à la création spontanée de l'hydrogène blanc.

Nous verrons l'année prochaine dans le rapport de l'Ademe ce qui aura été finalement retenu. En tout cas la tâche est super complexe pour les rédacteurs. L'idéal pour eux sera sans doute de donner les rendements constatés dans les solutions commerciales et de les faire suivre de projections en fonction des progrès escomptés avec les recherches en cours.

Bonne journée à vous aussi.

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