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On compare souvent, à raison, les voitures électriques à de véritables « piles sur roues ». Une dénomination qui reflète bien leur potentiel pour alimenter et soutenir le réseau électrique. Une récente étude montre que si l’électrification des véhicules ne va pas assez vite, l’Europe pourrait perdre une quantité importante d’énergie faute de capacités de stockage suffisantes.
À mesure que les énergies renouvelables prennent une place croissante dans le mix électrique européen, la question du stockage de leur production intermittente devient centrale. Selon une récente étude de Transport & Environment, fondée sur une analyse de l’institut Fraunhofer ISI, les voitures électriques pourraient jouer un rôle important dans l’évolution du réseau. Comment ? Grâce à leur batterie !
La transformation à venir repose sur la recharge bidirectionnelle, et plus précisément sur le « vehicle-to-grid » ou V2G. Contrairement à une recharge classique, où l’électricité circule uniquement du réseau vers la batterie, ce dispositif permet également au véhicule de restituer une partie de l’énergie stockée. Lorsqu’elle reste branchée à une borne compatible, une voiture peut ainsi se recharger pendant les périodes où l’électricité est abondante, puis contribuer à alimenter le réseau lorsque la consommation augmente.
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Recharge bidirectionnelle : Scania ouvre la voie au V2G à très haute puissance pour les camions électriquesAvec le développement de l’éolien et du solaire, l’intérêt du V2G devient évident. Aux heures les plus ensoleillées, les installations photovoltaïques peuvent produire davantage d’électricité que le réseau ne peut en absorber. Les batteries des véhicules électriques permettraient de conserver une partie de cet excédent au lieu de réduire temporairement la production. Cette énergie pourrait ensuite être réinjectée en soirée, lorsque les panneaux solaires ne produisent plus et que les ménages consomment davantage.
Mais tout dépend de la stratégie européenne en faveur des voitures électriques. Selon T&E, environ 140 millions de VE pourraient circuler en Europe en 2040 si la trajectoire réglementaire actuelle était respectée. En supposant que 35 % d’entre elles soient compatibles avec le V2G, leurs batteries pourraient favoriser l’installation de 139 GW de capacités photovoltaïques supplémentaires. À l’inverse, ce potentiel pourrait être nettement réduit en cas de ralentissement de l’électrification.

Un scénario étudié à partir des demandes de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) prévoit 49 millions de voitures électriques de moins en 2040. La quantité de nouvelles capacités solaires rendue possible par le V2G tomberait alors à 88 GW, soit une baisse de 37 %. Faute de stockage suffisant, environ 6 TWh d’électricité renouvelable supplémentaire pourraient être perdus chaque année. Et cela obligerait les pays de l’Union européenne à construire 150 centrales de pointe supplémentaires…
Une électrification plus lente entraînerait également quatre milliards d’euros de dépenses annuelles supplémentaires pour renforcer les câbles, les transformateurs et les autres équipements du réseau. Ça fait beaucoup !

Avec le déploiement du V2G, la multiplication des charges et des décharges soulève logiquement la question du vieillissement des batteries. Une étude menée l’an dernier par The Mobility House Energy et l’université RWTH d’Aix-la-Chapelle estime toutefois que l’impact reste limité. Après dix ans, une batterie de 50 kWh utilisée pour le V2G conserverait 79 % de sa capacité, contre 82 % avec une recharge classique. L’écart représenterait à peine une dizaine de kilomètres d’autonomie dans le scénario étudié.
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Voitures électriques : la recharge bidirectionnelle a-t-elle un impact sur l’usure des batteries ? On a la réponse !En revanche, plusieurs points techniques et réglementaires devront être adressés pour que le V2G puisse être déployé à grande échelle. Généralisation des chargeurs bidirectionnels, installation de bornes compatibles, définition d’une rémunération pour les automobilistes, etc. Autant de sujets sur lesquels il faudra apporter des réponses. T&E demande que tous les nouveaux modèles électriques soient équipés d’un système bidirectionnel à partir de 2032. La voiture électrique ne remplacerait pas les autres moyens de stockage, mais elle pourrait devenir un outil stratégique pour équilibrer le réseau électrique européen.
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