Camions électriques : les ventes mondiales ont bondi de 75 % en seulement six mois

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Près de 158 000 poids lourds et véhicules moyens zéro émission ont été vendus dans le monde au premier semestre 2026, soit une envolée de 75 % en un an. Derrière cette accélération spectaculaire, un marché extrêmement déséquilibré avec des ventes dominées par la Chine.  

Le camion électrique passe à la vitesse supérieure. En seulement six mois, ses ventes mondiales ont bondi de 75 %. Selon la nouvelle édition du Commercial ZEV Factbook publié par BloombergNEF, près de 158 000 poids lourds et véhicules moyens zéro émission ont été vendus dans le monde au premier semestre 2026. C’est plus de huit fois le niveau observé au premier semestre 2023.

Le mouvement pourrait encore s’accélérer. BloombergNEF estime que les modèles zéro émission devraient dépasser 9 % des ventes mondiales de camions sur l’ensemble de l’année 2026.

Réalisé avec le Smart Freight Centre, le ministère néerlandais des Infrastructures et Traton, maison mère de MAN et Scania, le rapport montre aussi que cette transition repose presque entièrement sur la batterie. Entre janvier et juin, quasiment tous les camions zéro émission vendus dans le monde étaient électriques à batterie. La pile à combustible reste marginale avec environ 530 unités vendues, soit seulement 0,3 % du marché.

La Chine, premier moteur du camion électrique

La progression du camion électrique se fait de façon très hétérogène. La Chine a écoulé à elle seule près de 145 000 camions électriques au premier semestre, soit une hausse de 78 %. Le pays représente ainsi plus de neuf ventes mondiales sur dix.

Le rythme d’adoption y a quadruplé depuis 2024. Après avoir représenté environ 17 % des ventes de camions en 2025, l’électrique devrait approcher les 30 % du marché chinois en 2026.

Plusieurs facteurs expliquent cette avance. Le programme chinois de prime à la casse 2026 permet notamment d’obtenir jusqu’à 140 000 yuans, soit environ 18 000 euros, pour remplacer un ancien camion par un modèle électrique. La Chine bénéficie aussi de coûts de batteries particulièrement faibles, ce qui permet de rapprocher les coûts du camion électrique à deux d’un modèle diesel. BloombergNEF les estime à 108 dollars par kWh pour un pack destiné à un véhicule commercial, contre 182 dollars ailleurs dans le monde.

Autre particularité : l’échange de batteries continue de représenter une part importante du mix de ventes chinois. CATL avait déjà déployé plus de 300 stations QIJI dédiées aux camions en avril. Le groupe prévoit d’en installer plus de 900 cette année, notamment en partenariat avec le groupe énergétique Sinopec et plusieurs groupes logistiques. En juin, les modèles compatibles avec l’échange de batteries représentaient encore près d’un quart des ventes chinoises de camions électriques.

L’Europe progresse en ordre dispersé

L’Europe avance, elle aussi, mais beaucoup moins vite. Les ventes de camions électriques y ont augmenté d’un peu plus de 50 % au premier semestre, dépassant les 11 200 unités.

L’Allemagne constitue le premier marché en volume. Près de 3 500 camions électriques y ont été vendus au cours du premier semestre, devant le Royaume-Uni avec environ 2 000 unités et les Pays-Bas avec 1 600. Mais le classement change complètement lorsqu’on observe la part de marché. L’électrique dépasse 26 % des ventes de camions en Suisse. Elle atteint 23 % en Norvège, 18,6 % en Suède et 18 % aux Pays-Bas.

Cinq pays européens dépassent désormais la barre des 10 %. La moyenne européenne reste pourtant limitée à 5,5 %, et la France ne fait pas partie de ce groupe de tête.

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Le point noir : la recharge sur les corridors

Si le camion électrique peine à s’imposer en Europe, c’est aussi car l’infrastructure ne suit pas. En juin 2026, moins de 2,5 % des aires de repos pour poids lourds en Europe se trouvaient à moins d’un kilomètre d’une station de recharge dédiée aux camions délivrant au moins 350 kW. À cela s’ajoutent 9 % d’aires situées à proximité d’une station haute puissance partagée avec les voitures. Mais l’écart reste considérable entre les ambitions européennes et la réalité du terrain.

Les infrastructures conformes au règlement européen AFIR se concentrent principalement en Europe centrale et du Nord, notamment en Allemagne et en Scandinavie. À l’inverse, certains axes du réseau TEN-T en Espagne, en Italie ou en Grèce peuvent encore se trouver à plus de 300 kilomètres d’une station répondant aux critères. La réglementation européenne prévoit pourtant une transformation rapide du réseau.

D’ici 2030, AFIR impose une couverture complète avec des stations installées tous les 60 à 100 kilomètres dans chaque sens et une puissance totale comprise entre 1,5 et 3,6 MW selon leur position sur le réseau. La Suède et la Norvège ont déjà dépassé leurs objectifs. L’Allemagne, la France, la Pologne et l’Espagne restent en revanche encore loin du compte.

Les États-Unis décrochent

La situation américaine contraste fortement avec celle de la Chine et de l’Europe. Les ventes de camions électriques y ont chuté de 63 % au premier semestre, pour tomber à seulement quelques centaines d’unités. Leur part de marché reste largement inférieure à 1 %.

Le rapport met en avant trois évolutions politiques pour expliquer ce recul : l’expiration du crédit d’impôt fédéral destiné aux véhicules commerciaux propres, l’annulation de la dérogation californienne Advanced Clean Trucks et l’affaiblissement des normes fédérales d’émissions.

Les opérateurs américains n’ont toutefois pas complètement abandonné leurs projets. Le déploiement de stations de recharge pour poids lourds se poursuit, notamment en anticipation des futures livraisons du Tesla Semi et de sa montée en cadence. Le marché conserve également plusieurs atouts économiques. Une électricité relativement peu chère et des kilométrages annuels importants peuvent favoriser la rentabilité d’un camion électrique lorsque les conditions d’exploitation sont adaptées.

Une compétitivité déjà réelle sur certains usages

Malgré un prix d’achat souvent supérieur à celui d’un modèle diesel, le camion électrique est déjà économiquement compétitif pour une partie des transporteurs selon BloombergNEF.

Les poids lourds parcourent beaucoup de kilomètres et leur utilisation intensive permet d’amortir plus rapidement le surcoût initial. Selon le coût de l’énergie et du capital, la part des usages pour lesquels l’électrique peut atteindre la rentabilité pourrait approcher 50 % de la flotte.

Deux grandes incertitudes subsistent néanmoins :

  • Le prix de la recharge. Le coût peut varier fortement entre une recharge effectuée au dépôt de l’entreprise et l’utilisation d’une station publique. Dans certains cas, cette différence peut suffire à effacer une partie de l’avantage économique du véhicule électrique
  • La valeur résiduelle des camions après trois à cinq ans d’utilisation. Celle-ci reste encore difficile à prévoir. Dans certains cas, les estimations se limitent à une fourchette comprise entre 0 et 20 %, alors que les véhicules bénéficiant d’un marché de seconde main mieux établi peuvent conserver entre 25 et 50 % de leur valeur. Un point loin d’être anodin pour les professionnels du transport : la valeur de revente attendue influence directement les loyers proposés aux entreprises de transport. Elle pourrait donc jouer un rôle déterminant dans la vitesse à laquelle les flottes européennes basculeront vers l’électrique.

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GreenDriveil y a 2 heures

C’est une excellente nouvelle !
Mais force est de constater que notre deuxième place au niveau Européen est plus que médiocre !
Les entreprises de transport se plaignent, qu’elles arrêtent d’acheter des thermiques, après on en reparle.
Probablement que des commandes de camions thermiques ont été passées depuis la flambée des prix, pour ces transporteurs, zéro comparions.

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