Après un lancement raté en Europe et aux États-Unis, ce constructeur de voitures électriques change de stratégie

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VinFast, constructeur automobile vietnamien piloté par l’homme le plus riche du Vietnam, change de stratégie. La marque va délaisser l’Europe et les États-Unis pour se concentrer sur des marchés asiatiques en pleine expansion. Mais attention à la concurrence chinoise déjà très présente dans cette zone du monde.

VinFast recentre ses activités sur l’Asie du Sud Est

Après avoir misé de manière (trop ?) ambitieuse sur l’Europe et les États-Unis, VinFast, constructeur vietnamien de véhicules électriques, réoriente son cap vers des marchés jugés « plus prometteurs ». L’entreprise, fondée et financée par Pham Nhat Vuong, l’homme le plus riche du Vietnam, vise désormais l’Inde, l’Indonésie et les Philippines pour soutenir sa croissance. Ce recentrage intervient après des débuts difficiles en Occident. La marque avait notamment fait face à un rappel coûteux à cause de son logiciel.

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Un changement de cap qui coûte cher. Les opérations de VinFast en Europe et aux États-Unis avaient bénéficié de plus de 14 milliards de dollars d’investissements. Dont au moins 2 milliards provenant directement de la fortune personnelle de M. Vuong. Mais cela n’est pas un problème. Ce dernier affirme être prêt à financer l’entreprise « jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’argent ». En revanche, les pertes sont considérables : en 2024, la société a enregistré un déficit de 3,2 milliards de dollars.

Cela sera-t-il suffisant ?

Pour tenter de vite dégager des profits, VinFast cherche à augmenter ses capacités de production. Le constructeur vient d’inaugurer sa première usine d’assemblage hors du Vietnam, dans l’État indien du Tamil Nadu, avec une capacité de 150 000 véhicules par an. Un investissement évalué à 500 millions de dollars. En parallèle, la marque a ouvert une deuxième usine au Vietnam capable de produire 200 000 unités par an. Elle prépare aussi le lancement d’un site plus modeste en Indonésie.

Cette accélération en Asie ressemble à une véritable course contre la montre. En effet, les constructeurs chinois pourraient rapidement saturer ces marchés émergents et déclencher une guerre des prix, comme c’est le cas sur leur marché national. « Si VinFast ne parvient pas à s’imposer avant cela, je ne sais pas quel avenir il aura en dehors du Vietnam », prévient Tu Le, fondateur de Sino Auto Insights, un cabinet d’analyse basé à Detroit. VinFast doit très vite se faire un nom s’il veut survivre.

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CerveauAChargeLenteil y a 8 mois

Avec la guerre Chine/Taiwan, l'Asie du Sud-Est devra choisir son camp : se retrouver soit sans voiture chinoise, soit sans territoire marin.
Et vu l'historique entre la Chine et ses voisins, Vinfast pourrait bien tirer son épingle du jeu, au moins sur les flottes de véhicules étatiques.

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RomoRil y a 8 mois

Sans territoire marin ? De quoi parlez-vous ? Avez-vous la flotte chinoise ? Ce ne sera donc plutôt sans voiture Chinoise ET sans territoire marin s’ils entrent en conflit avec la Chine.

Pioupil y a 8 mois

Stratégie moins ambitieuse, mais bien plus cohérente pour l'instant. Vinfast se fait connaître et s'assure des ventes via son entreprise de VTC, mais aussi ses scooters électriques. Ça marche très bien au Viet Nam, ça pourrait marcher dans les pays cités, tous plus ou moins en rivalité avec la Chine, qui mettent de fortes barrières à l'importation et chez qui les constructeurs traditionnels auront du mal à s'installer avec leur produits hors de portée des bourses locales.

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