Les vagues de chaleur estivales pourraient devenir un véritable en enfer en France d’ici la fin du siècle, selon les prévisions d’un groupe de chercheurs français. La modélisation, basée sur une augmentation très pessimiste des émissions de gaz à effet de serre, prévoit des températures atteignant 55° degrés par endroits.

Difficile d’imaginer la vie sous des températures Sahariennes en France. C’est pourtant ce qui risque d’arriver selon une étude parue le 19 juillet dans la revue scientifique Environmental Research Letters. Le mercure pourrait grimper de 6 à 13 degrés au dessus des records historiques actuels d’ici la fin du XXIe siècle.



Pour arriver à ce résultat, les sept chercheurs Français à l’origine de l’étude ont collecté les records de températures enregistrés sur le territoire national entre 1950 et 2005. Puis ils se sont basés sur l’estimation très pessimiste du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) qui prévoit une croissance au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre et une augmentation de 3,7° de la température moyenne de la planète.

A partir de ces données, ils ont utilisé un modèle de simulation de climat régional développé par Météo France et doté d’une très haute résolution spatiale. Baptisé « Aladin », l’outil prédit un avenir brûlant à la France : les maximales atteindraient jusqu’à 55° l’été dans certaines régions, des températures aujourd’hui seulement atteintes dans les zones les plus désertiques de la planète.

« Les valeurs maximales en France pourraient facilement dépasser 50° à la fin du XXI siècle » assurent les auteurs des l’étude avant d’alerter sur « les vagues de chaleur [qui] pourraient aussi avoir un fort impact sur les températures nocturnes, avec de sérieuses conséquences sur la santé humaine ».

Des résultats obtenus selon un scenario catastrophe mais qui ont tout de même surpris les chercheurs, tous membres de grands organismes comme le Centre National de Recherches Météorologiques ou L’Unité Climat, Environnement, Couplages et Incertitudes.

Interrogé par Le Monde, Samuel Somot, l’un des scientifiques et responsable de l’équipe de modélisation régionale du climat au CNRM, explique que le modèle employé pour cette étude est fiable. Il aurait déjà fait ses preuves dans le passé et validé des simulations sur de vastes zones géographiques.

Selon lui, il est toujours possible d’éviter la fournaise à l’échelle de la planète. « Tout dépendra des décisions politiques et économiques qui seront prises dans les années qui viennent […] Si l’accord de Paris est mis en oeuvre, nous nous écarterons du scénario du pire » explique t-il. Prévu à 3,7° dans l’étude, la hausse de la température moyenne du globe doit être limitée de 1,5 à 2° par l’accord de Paris.

D’après Samiel Somot, le climat de la fin de ce siècle se jouera dans les deux prochains décennies. Une fenêtre de vingt ans pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale et épargner l’humanité de conditions climatiques insupportables.