Ils parcourent des millions de kilomètres et brûlent des dizaines de milliers de litres de carburant chaque jour : les réseaux d’autobus urbains sont d’excellents clients pour les compagnies pétrolières. Mais l’électrification pourrait bien changer la donne. Les bus électriques empêcheraient déjà la consommation de 233.000 barils de pétrole brut par jour.

Lorsqu’on évoque la Chine, les chiffres donnent toujours le tournis. Si le pays est le premier marché mondial de l’automobile électrique, il est aussi en pointe sur l’autobus zéro émission. Selon Bloomberg, l’équivalent électrique de la flotte de bus urbains de Londres y est mis en service toutes les cinq semaines, ce qui représente 9.500 véhicules. L’empire du milieu concentre à lui seul 99% des 385.000 autobus électriques qui composent la flotte mondiale.

L’équivalent de la consommation de la Grèce économisés

A l’échelle du pays, 17% des bus urbains sont déjà électrifiés. Une inversion dont les conséquences se font déjà sentir au niveau mondial: réduction de la pollution et diminution du volume de pétrole brut consommé.

D’après les calculs de Bloomberg New Energy Finance (BNEF), cette année 233.000 barils seraient quotidiennement retirés du marché, soit presque autant que la consommation de la Grèce. Un chiffre qui s’élève à 279.000 barils en incluant tous les véhicules routiers électrifiés. Chaque tranche de 1.000 autobus électriques permettrait ainsi d’éviter la vente de 500 barils quotidiens, précise le média.

Le constructeur chinois BYD sur les starting-blocks

Acteur important en Chine, BYD a construit 13% des bus électriques en circulation dans le pays. Le constructeur a fourni 14.000 des 16.359 bus électriques du réseau de Shenzhen et vise une production de 15.000 véhicules par an. L’entreprise estime que ses 35.000 autobus zéro émissions fabriqués jusque là ont permis d’économiser 6,8 milliards de litres de gasoil. BYD compte profiter des vagues d’annonces de nombreuses métropoles en faveur des autobus électriques.

En France, le groupe s’est installé à Beauvais pour inonder le marché européen. Il pourrait bientôt rafler le gros contrat de la RATP publié en début d’année et qui promet 400 millions d’euros pour 250 à 1.000 bus électriques.

Les bus électriques, un danger pour l’industrie pétrolière ?
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