Fournisseur mondial de renseignements commerciaux, Jato Dynamics se penche en cette fin d’année 2019 sur l’évolution des prix des voitures électriques. La Chine et la Norvège apparaissent comme les meilleurs élèves, pour des raisons très différentes et parfois peu enviables.

Moins chères que les thermiques

C’est en Norvège qu’il faut aller chercher l’exception mondiale. Selon les calculs de Jato Dynamics, basés sur les ventes 2019 jusqu’au mois de septembre inclus, le prix moyen d’une voiture électrique était de 2.257 euros moins élevé que celui des modèles essence et diesel équivalents.

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Il n’est donc pas étonnant que les records des immatriculations, en volumes et en pourcentages, soient régulièrement battus avec des chiffres qui laissent rêveurs la plupart des automobilistes européens intéressés par la mobilité électrique.

Les Etats-Unis à l’opposé

Aux Etats-Unis, le prix moyen d’une électrique est supérieur d’environ 44% à celui d’une thermique équivalente.

Jato Dynamics justifie cette mauvaise performance, à l’opposé de celle de la Norvège, du fait de la part prise sur le territoire par les berlines et SUV haut de gamme de Tesla.

Un automobiliste américain dépensera ainsi, en moyenne, 35.970 dollars (32.531 euros) pour acquérir une voiture thermique, contre 51.691 dollars (46.733 euros) s’il choisit de rouler branché.

Europe : La situation s’améliorerait

Jato Dynamics entrevoit des possibilités d’améliorations en Europe, avec l’apparition de citadines et compactes qui permettraient à davantage d’automobilistes de passer à l’électrique, citant les Opel Corsa-e, Peugeot e-208, Mini Cooper SE et Fiat 500e.

Un scénario positif pour faire baisser le prix moyen des voitures à batterie de traction en France, mais pas suffisant pour créer tout prochainement un report massif vers les offres électromobiles.

Alors que la France veut réduire l’accès au bonus environnemental, Jato Dynamics estime au contraire que les gouvernements doivent contribuer davantage à réduire les coûts d’accès à la mobilité électrique.

Responsabilité des constructeurs

Les constructeurs ont également une responsabilité dans le développement de l’électromobilité. Selon Jato Dynamics, ils doivent accompagner les dernières tendances en matière de goûts des automobilistes pour les voitures particulières.

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En clair, si ces derniers veulent des SUV compacts, ce sont des SUV électriques compacts qu’il faut produire en priorité. En Chine et en Europe, l’offre commerciale tend à privilégier les citadines et compactes branchées ; aux Etats-Unis, ce sont les berlines à batterie qui sont principalement poussées.

Jato Dynamics compare : « L’offre en SUV électrifiés [NDLR : Hybrides, rechargeables ou non, et électriques] est très limitée avec seulement 100 modèles/versions disponibles actuellement, contre plus de 400 à motorisations essence ou diesel ».

Et en conclut que « la plupart des constructeurs automobiles n’utilisent pas le boom des SUV pour étendre leur présence dans le monde des véhicules électriques ».

De moins en moins chères en Chine

L’enquête de Jato Dynamics a permis de mettre au jour qu’il n’y a qu’en Chine que le prix moyen des voitures électriques a baissé. En 8 ans, il a été divisé par presque 2.

Une telle chute mettrait une Nissan Leaf 2019 neuve à environ 15.000 euros quand elle se vendait 30.000 euros en 2011. Les choses ne sont cependant pas si simples.

La performance chinoise s’explique d’une part par les aides financières accordées sur le territoire sur cette longue période, mais aussi et surtout par l’apparition de modèles bon marché qui n’ont pas à respecter les réglementations de plus en plus contraignantes imposées en Europe et aux Etats-Unis en matière de sécurité. Peut-on envier cette situation ?

+50%

Le prix moyen des voitures électriques a grimpé de 42% en Europe et de 55% aux Etats-Unis, en suivant les calculs de Jato Dynamics qui prend la Renault Zoé en exemple : 22.500 euros affichés en 2012 en finition Intens, contre 26.850 en 2019, soit une progression de 19,33% au niveau d’un même modèle.

Les enquêteurs savent bien que cette augmentation se traduit concrètement par une meilleure autonomie, des possibilités de recharge étendues, un niveau d’équipement plus élevé, etc.

Qu’importe : le résultat est qu’au bout de 8 ans la citadine électrique du Losange, tout comme bien d’autres véhicules présents sur le marché branché depuis des années, n’est pas plus accessible à un grand nombre d’automobilistes qui espèrent au contraire des prix plus bas pour devenir électromobiliens.

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