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L’Allemagne, sous la pression de ses constructeurs automobiles, vient de faire reporter un vote par les états membres de l’Union Européenne qui devait entériner un accord obtenu en juin dernier. Selon cet accord, les rejets de CO2 des voitures européennes devaient être limités à 95g/km à partir de 2020.

Sous l’impulsion de Daimler Benz et surtout BMW, dont le CEO avait déclaré qu’il était impossible à sa marque d’atteindre cet objectif, les allemands se sont mobilisés pour faire échec a ce projet. Curieusement, selon Reuters, même les constructeurs français, qui disaient au préalable n’avoir aucun problème pour respecter 95g/km d’ici 2020, se sont finalement rangés derrière les allemands. Renault, sans doute pour s’attirer les bonnes grâces de son nouvel allié Daimler Benz, et PSA, probablement pour ne pas irriter BMW, avec qui la firme produit toujours un moteur commun.



Ce qui a abouti à une situation ubuesque : des constructeur français opposant des régulations qui allaient en leur faveur et s’alliant de fait avec le gouvernement allemand, alors que le gouvernement français s’activait à faire adopter ces mêmes régulations…

Et grâce aux pressions sur les gouvernements des pays dans lesquels les constructeurs allemands ont des usines, Angela Merckel a donc réussi à faire capoter un accord qu’elle avait approuvé en juin dernier. Mais manque de chance pour elle, les journaux allemands viennent de révéler que la famille Quandt, le principal actionnaire de BMW, a verser 690 000 euros au CDU, le parti politique de madame Merkel, et ce le lendemain même du report du vote européen. Coïncidence ?

En tous cas cela apporte un peu de contexte et de réalité dans les professions de foi « green » des constructeurs automobiles. Comble de l’hypocrisie, BMW vient de lancer une campagne de publicité vantant l’engagement « vert » du groupe BMW.

Comme le dit si bien cette pub, « change takes courage »…