Tesla Model S

D’Oslo à Dombas, en amorçant ensuite une petite boucle pour le retour, l’itinéraire à suivre par les véhicules comptait 516 kilomètres qu’aucun n’a réussi à parcourir jusqu’au bout sur une seule charge. Si la Tesla Model S a avalé la plus longue distance, quelques surprises étonnantes ont été mises au jour à la suite de ce test sous conditions hivernales.

Conditions

Pour que le test soit valable, il fallait que toutes les voitures électriques soient soumises aux mêmes conditions dès le départ : batteries pleines mais froides après une nuit passée dans le garage à la suite de la recharge, réglage du chauffage de l’habitacle sur 21°C pendant tout le trajet, siège chauffant réglé au niveau le plus bas, et validation du kilométrage effectué après arrêt du véhicule sur panne d’énergie.

C’est ainsi que les rédacteurs-essayeurs du média norvégien Motor ont pris le départ depuis Oslo, sous une température de 3°C, avec de la pluie et du grésil. Et remontant vers le Nord, le thermomètre a affiché -6°C au plus bas.

Les 3 Tesla dans le Top 4

Aux première, deuxième et quatrième places du classement par autonomie réellement constatée sur le terrain, les Tesla Model S, Model X et Model 3, avec une distance parcourue respective de 469,8 km (autonomie WLTP de 610 km), 419,6 km (WLTP = 507 km) et 404,4 km (WLTP = 560 km).

La baisse constatée sur le terrain est de 23, 17 et 28%.

Première remarque : Il est assez étonnant que ce soit le lourd SUV américain qui s’en soit le mieux sorti à ce niveau. En dessous de Top 4, les 16 autres voitures électriques ont parcouru moins de 400 km.

WLTPRéelDifférence
Tesla Model S610 km469,8 km– 23 %
Tesla Model X507 km419,6 km– 17 %
Tesla Model 3560 km404,4 km– 28 %

Surprenant Hyundai Kona

Le Hyundai Kona électrique crée la surprise à 2 niveaux. Tout d’abord en occupant la troisième marche du podium en ayant avalé 404,5 km, soit 100 mètres de plus que la Model 3, pour une autonomie WLTP estimée à 449 km. Ensuite parce que le SUV coréen a perdu un peu moins de 10% de rayon d’action par rapport aux données d’homologation. Une valeur record !

Système de chauffage particulièrement efficient, récupération des calories du moteur, circuit liquide de maintien de la batterie à une température optimale de fonctionnement affichent ici clairement leur utilité.

En revanche, les Kia e-Niro et e-Soul, qui s’appuient sur la même plateforme (batterie, moteur, etc.) s’en sortent curieusement beaucoup moins bien. Ils n’ont pu respectivement aligner que 360,2 km et 352 km, pour des estimations WLTP de 455 et 452 (donc supérieures au Kona), soit une amputation sur le terrain hivernal de 21 et 22% !

Ce qui pourrait s’expliquer en partie par des systèmes de chauffage différents : Les Kona et e-Niro peuvent recevoir des systèmes spécifiques selon les pays où ils sont vendus. Normalement, pour la Norvège, il ne devrait pas y avoir de différence.

En outre, jamais 2 automobilistes ne pourront avoir la même légèreté sur l’accélérateur. Sur ces véhicules, par exemple, on passe très vite, à 2 ou 3 km/h de différence au niveau de la vitesse instantanée, de la récupération d’énergie à la consommation.

WLTPRéelDifférence
Hyundai Kona449 km404,5 km– 10 %
Kia e-Niro455 km360,2 km– 21 %
Kia e-Soul452 km352 km– 22 %

Plus c’est gros…

L’essai de Motor met en évidence que les gros véhicules proposés sur le marché par les marques généralistes affichent des valeurs plutôt catastrophiques, rappelant à nouveau qu’ils sont loin d’être efficients. Pour exemple : Jaguar i-Pace, 470 km WLTP, mais 333,8 km réalisés, soit une chute de 29% ; Mercedes EQC, 417 contre 307 km, -26%.

Audi s’en sort globalement mieux avec ses e-tron Quattro 55 (415 contre 341,1 km, -18%.) et e-tron Quattro 50 (332 contre 259 km, -22%.).

Mauvaise note à l’Opel Ampera qui réalise 30% de kilomètres en moins (297 km) que son autonomie WLTP (423 km). Pour une berline électrique… Dans sa catégorie, la Hyundai Ioniq s’en sort bien mieux : 269,3 km validés pour 311 km WLTP (-13%). Le savoir-faire coréen se confirme.

La e-Golf s’apprête à quitter le marché branché, au profit de l’ID.3. Mais force est de constater que, même si son autonomie WLTP est dépassée (222 km), son efficience sous des conditions hivernales est rassurante pour ses propriétaires. Elle a suivi 198 km du parcours (-11% seulement).

WLTPRéelDifférence
Jaguar i-Pace470 km333,8 km– 29 %
Mercedes EQC417 km307 km– 26 %
Audi e-tron415 km341,1 km– 18 %
Opel Amera423 km297 km– 30 %
Hyundai Ioniq311 km269,3 km– 13 %
VW e-Golf222 km198 km– 11 %

Régularité des nouvelles citadines du groupe VW

Accréditées d’une autonomie WLTP respective de 251, 260 et 260 km, les Volkswagen e-Up! (nouveau modèle), Seat Mii Electric et Skoda Citigo-e ont abandonné au bout de 226 (-10%), 226,6 (-13%) et 220 km (-15%).

Ces résultats démontrent ici que les ingénieurs du groupe ont su donner à ces 3 citadines une architecture convaincante et efficiente qui rivalise avec celles des voitures électriques coréennes.

Ce qui fait regretter que la Volkswagen ID.3 n’ait pu faire partir de l’essai de Motor.

WLTPRéelDifférence
Volkswagen e-Up!251 km226 km– 10 %
Seat Mii Electric260 km226,6 km– 13 %
Skoda Citigo-e260 km220 km– 15 %

Et notre Top 2 français ?

A part en 2019 où la Tesla Model 3 s’est intercalée entre elles, les Renault Zoé et Nissan Leaf ont pris l’habitude de figurer sur les 2 premières marches du podium des ventes annuelles.

Concernant la compacte japonaise, Motor a fait le choix de suivre le parcours avec les 2 modèles (40 et 62 kWh). Avec 313,8 km, pour une estimation WLTP de 395 km (-20%), c’est la française qui sera allée le plus loin. Et c’est aussi la plus efficiente des 3, à pas grand chose près !

La Nissan Leaf 62 kWh a parcouru 298,6 km (WLTP = 385 km), et la version avec batterie 40 kWh a lâché plus tôt, au bout de 208,9 km (WLTP = 270 km). Sur le terrain, les compactes nippones abandonnent toutes les deux 22% de rayon d’action.

WLTPRéelDifférence
Renault ZOE ZE 50395 km313,8 km– 20 %
Nissan Leaf 62 kWh385 km298,6 km– 22 %
Nissan Leaf 40 kWh270 km208,9 km– 22 %