Lancée en 2019, la troisième génération du Ford Kuga arrive dans une inédite version hybride rechargeable. Nous avons pu l’essayer dans le sud de la France.

Alors que les normes CAFE imposent aux constructeurs une réduction drastique de leurs émissions de CO2, la solution hybride rechargeable devient de plus en plus prisée. Chez Ford, c’est la troisième génération du Kuga qui étrenne la technologie.



225 chevaux sous le capot

Côté design, n’espérez pas facilement reconnaître cette déclinaison hybride des classiques versions thermiques. Hormis le marquage « plug-in hybrid » et la trappe de recharge, ce Kuga PHEV reste en tous points similaire aux versions thermiques dont il hérite des dimensions. Plus grand de 9 centimètres par rapport à la génération précédente, il affiche 4,63 mètres en longueur, soit 18 centimètres de plus que le Peugeot 3008, la référence sur le marché français.

Configuré en « simple » traction, le Kuga PHEV combine un quatre cylindres essence de 2,5 litres à cycle Atkinson de 165 chevaux à un moteur électrique de 61 chevaux. Piloté par une transmission e-CVT, le tout cumule 225 chevaux. Placée sous le châssis, la batterie totalise 14,4 kWh de capacité. Elle se recharge via une trappe située sur l’aile avant gauche à une puissance allant jusqu’à 7,4 kW.

A l’intérieur, la présentation est correcte. Sur la finition ST-Line de notre modèle d’essai, on retrouve une instrumentation numérique de 12,3 pouces, un dispositif d’affichage tête haute et un ordinateur de bord de 8 pouces. Celui-ci permet d’accéder à la navigation, au système d’info-divertissement et à une partie dédiée à l’électrique avec possibilité de visualiser les flux mais aussi de programmer la recharge.

De 8 pouces, l’ordinateur de bord permet d’accéder au suivi des flux d’énergie

Point intéressant : la présence de la batterie n’entrave pas l’habitabilité. A l’arrière, l’espace pour les jambes est généreux tandis que le coffre affiche une capacité supérieure à 500 litres sous réserve de remplacer la roue de secours par un kit anti-crevaison. Une fois les sièges arrière rabattus, le volume de chargement dépasse les 1500 litres. Et si ce n’est pas suffisant, sachez que ce Kuga PHEV peut tracter jusqu’à 1200 kilos.

Au volant

A l’usage, le Kuga dispose de cinq modes de conduite sélectionnables via une commande dédiée : normal, eco sport, faible adhérence et trial. Chaque mode viendra modifier le comportement au volant mais aussi, pour le fun, la présentation de l’instrumentation numérique qui se pare par exemple en rouge lorsque le mode sport est activé. A cela s’ajoutent quatre modes spécifiques à la partie électrique : EV Auto, EV Now (100 % électrique), EV Later (conserver l’autonomie électrique pour plus tard) et EV Charge (forcer la charge de la batterie, ce que nous ne conseillons pas puisque le moteur thermique sera davantage sollicité). S’il faut forcément un petit temps d’adaptation, l’ensemble reste assez fluide à utiliser.

Sur autoroute, la conduite de ce Kuga PHEV se révèle plutôt agréable. Bénéficiant de la dernière génération d’aide à la conduite CO-Pilot360, le SUV américain fait appel à 18 caméras, capteurs et radars répartis autour du véhicule. De série, il reçoit le régulateur adaptatif de série et le dispositif de maintien dans la voie. Très facile à activer, celui-ci reconnait en quelques secondes les démarcations de la route et suis parfaitement la file sans souffrir de l’effet « ping-pong » observé sur d’autres modèles. Si l’on veut bénéficier du mode électrique, il faudra toutefois avoir le pied léger. Avec seulement 61 chevaux, le bloc électrique est rapidement complété par le moteur thermique en cas d’accélération trop vigoureuse.

Un SUV un peu pataud

S’il revendique 225 chevaux de puissance cumulée, le SUV hybride rechargeable de Ford ne brille pas par ses caractéristiques sportives. Les accélérations ne collent pas au siège et le 0 à 100 km/h est modestement réalisé en 9,2 secondes.

Sur routes sinueuses, le changement d’appui sur les virages n’est pas forcément agréable. A cela s’ajoute l’inconvénient de la boite CVT qui a tendance à brailler dès lors que l’on presse un peu fort la pédale d’accélérateur. Bref, pas vraiment de quoi s’amuser sur ce Kuga qui est au final davantage conçu pour le confort que la sportivité.



Sur routes sinueuses, le Kuga PHEV n’aime guère être chahuté

Autonomie et consommation maîtrisées

Partis avec une batterie pleine, nous avons pu parcourir 56 kilomètres en mode électrique avant que le mode thermique ne se réenclenche automatique, soit la même valeur que celle annoncée par le constructeur en cycle WLTP. Le résultat est plutôt bon sur une première partie de trajet en grande partie constituée d’autoroute et laisse présager une autonomie de l’ordre de 70 km en cycle urbain.

En matière de consommation, le bilan est également extrêmement favorable. Sur 230 kilomètres parcourus sans recharge intermédiaire, notre moyenne s’est établie à 4,5 l/100 km sur un parcours mixte mêlant autoroute, urbain et extra-urbain. Plutôt pas mal sachant que le constructeur annonce une consommation en « mode mixte » (batterie déchargée) de 6,5 l/100 km.

Un tarif bien placé

Proposé à partir de 38.600 € dans sa version d’entrée de gamme, le Kuga hybride rechargeable est assez bien positionné. Au sein de la gamme Kuga, il est 1000 € plus cher que la version diesel, facturée 37.600 € à finition équivalente dans sa configuration 190 chevaux. Un surcoût qui sera gommé et qui ira même à l’avantage de cette version branchée grâce au nouveau bonus écologique de 2.000 €.

Vis-à-vis de ses concurrents, le SUV de Ford dispose également de sérieux arguments. Chez les généralistes, il est moins cher que la triplette de PSA : Citroën C5 Aircross, Opel Grandland X et Peugeot 3008 HYbrid, respectivement proposés à partir de 39.900, 41.700 et 43.800 €. Seul bémol : là où Peugeot et Opel proposent également une déclinaison quatre roues motrices, le Kuga PHEV se limite à une simple traction. Il est également moins cher que le Mitsubishi Outlander PHEV (39.490 €), l’un des pionniers du segment, qui présente toutefois l’avantage d’un connecteur CHAdeMO et d’une technologie plus aboutie, notamment sur la régénération activable grâce aux palettes au volant.

Quant à ceux qui trouvent ce Kuga PHEV hors budget, sachez que le constructeur propose également une version « mild-hybrid » en 48 volts. Limitée à 150 chevaux et associée à une boite manuelle à six rapports, celle-ci est facturée 32.400 €. Une version « full hybrid » est également attendue dans les prochains mois à  un tarif intermédiaire.

Bilan de l’essai

On a aimé
  • L’autonomie conforme aux annonces du constructeurs
  • Les aides à la conduite sur autoroute
  • La consommation maîtrisée
  • Le positionnement prix

On a moins aimé
    • Le manque de sportivité
    • L’absence de version quatre roues motrices
    • La boite CVT, trop bruyante lorsqu’on la sollicite trop